Transferts | Angel Gomes, CJ Egan-Riley... pourquoi l'Olympique de Marseille parle de plus en plus anglais sur le mercato
Par Julien Pereira
Mis à jour 19/06/2025 à 10:03 GMT+2
À Marseille, on dirige à l'italienne et on recrute... en Angleterre. En s'offrant Angel Gomes puis Conrad Jaden Egan-Riley, tous deux arrivés libres, l'OM a étendu une tendance déjà observée l'année dernière. Sur le plan sportif, elle a déjà démontré qu'elle avait du sens. Sur le plan économique, elle est plus que jamais essentielle. Voici pourquoi.
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Il fut un temps, pas si lointain, où l'OM rêvait que l'Angleterre devienne un client. Le mystérieux Paul Aldridge était arrivé sous la présidence de Jacques-Henri Eyraud et reparti dans l'anonymat général, sans avoir réussi à faciliter la vente de joueurs vers le Royaume. Quelques années plus tard, c'est tout l'inverse. Le club phocéen fait son marché de l'autre côté de la Manche.
L'été dernier, Marseille avait enclenché un nouveau projet, incarné par Roberto De Zerbi, avec cinq recrues venues de Premier League (Greenwood, Maupay, Höjbjerg) ou de Championship (I. Koné, Rowe). Cette fois, l'OM a lancé son marché en s'offrant deux joueurs anglais : Angel Gomes, arrivé libre après quatre saisons à Lille, et CJ Egan-Riley, lui aussi recruté à moindres frais après l'expiration du contrat qui le liait à Burnley.
Cette tendance découle de plusieurs facteurs à la fois sportifs et économiques. Lorsqu'il avait été interrogé à ce sujet l'année dernière, Roberto de Zerbi avait d'abord parlé de "coïncidence" avant de souligner que la "Premier League ou le Championship avaient des caractéristiques similaires à la Ligue 1 sur les plans de l'exigence physique, du rythme et d'intensité". L'arrivée du défenseur Egan-Riley répond aussi à des considérations techniques, puisque la qualité de relance du joueur doit coller à la philosophie du coach italien.
L'effet boule de neige
La présence de "RDZ" est elle aussi devenue une arme pour attirer l'œil de joueurs qui, sans lui, se seraient naturellement tournés vers le championnat le plus puissant du monde. Le passage du technicien transalpin à Brighton a été remarqué et apprécié. La direction de l'OM continue de se servir de ce rayonnement, entretenu par une première saison réussie en Ligue 1, pour renforcer son attractivité.
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Désormais, l'effectif s'autoalimente : Angel Gomes connaît bien Mason Greenwood, qu'il a longtemps côtoyé à Manchester United et dans les sélections de jeunes en Angleterre. CJ Egan-Riley évolue lui avec les Young Lions, tout comme Jonathan Rowe. De quoi faciliter les échanges.
Mais si ces deux joueurs ont débarqué quasiment simultanément, c'est aussi et surtout parce qu'ils représentaient des opportunités en or. Financièrement, l'Olympique de Marseille est toujours dans une situation délicate malgré sa qualification directe pour la Ligue des champions, qui a d'ailleurs contraint le club à lever plusieurs options d'achat et à accorder de nombreuses primes liées aux résultats de la saison écoulée.
L'OM doit "créer de la valeur"
Lors de son bilan de fin de saison, le président Pablo Longoria avait calmé le jeu sur d'éventuels investissements massifs cet été : "On va travailler avec la tête pour trouver les meilleurs joueurs au prix que je fixe en tant que président pour respecter la trésorerie, a-t-il dit. La gestion économique va être forte car la saison 1 était un exercice risqué économiquement. En tant que président, le bilan ne va pas être bon. Donc il va falloir réguler sur la saison 2, tout en améliorant l'effectif."
Si la direction olympienne a passé avec succès son audition à la DNCG, elle doit désormais convaincre son propriétaire Frank McCourt, qui n'a cessé de remettre au pot ces dernières années. Satisfait de son socle sportif cette saison, Longoria veut maintenant "créer de la valeur". L'arrivée d'Alessandro Antonello, nouveau directeur général, doit aider à diversifier les revenus.
Le recrutement de deux joueurs libres, encore relativement jeunes (bientôt 25 ans pour Angel Gomes, 22 ans pour Egan-Riley) permet aussi de voir plus loin. S'ils réussissent leur aventure marseillaise, ces deux éléments attireront forcément des écuries de Premier League, où les joueurs formés au Royaume s'arrachent à prix d'or. Une manière de bâtir un autre tunnel sous la Manche. Sans Paul Aldridge.
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