Le Racing démarre sa saison face à l'Olympique de Marseille, vendredi soir, avec des incertitudes à tous les étages

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Après une saison prometteuse, Strasbourg aborde le nouvel exercice dans un flou presque total. Avec un effectif largement renouvelé, huit arrivées et plusieurs cadres partis, le Racing poursuit sa mue sous la galaxie BlueCo. Mais entre les contraintes financières et les passerelles toujours plus nombreuses avec Chelsea, le projet alsacien soulève de nouvelles interrogations.

Hugo Oliveira devra redonner des certitudes à Strasbourg

Crédit: Getty Images

Un joli bazar. C’est peut-être encore la meilleure façon de décrire le Racing Club de Strasbourg à un peu plus d’une semaine de la fin du mercato. Huitième de Ligue 1 la saison dernière et demi-finaliste de la Ligue Europa Conférence, le club alsacien aurait pu s’appuyer sur cette belle campagne pour lancer sa nouvelle saison avec quelques certitudes. Il va finalement falloir patienter après sept matches de préparation ponctués par six défaites et une victoire aux tirs au but contre Newcastle lors de son dernier match. Le Racing avance avec beaucoup de questions, et pas seulement sur le terrain. Derrière, au milieu, devant : quasiment chaque ligne a été chamboulée.
Depuis l’arrivée de BlueCo en 2023, Strasbourg a pris l’habitude de voir son effectif se transformer à vitesse grand V. L’été dernier, le grand chambardement avait plutôt séduit. Cette fois, il laisse davantage perplexe. Huit nouveaux joueurs ont déjà posé leurs valises en Alsace cet été.
Une nouvelle vague de recrues, encore une fois très jeunes et présentées comme des paris sur l’avenir. Giovanni Reyna, arrivé du Borussia Mönchengladbach pour environ 3 millions d’euros, Jacobo Ortega, débarqué du Real Madrid pour près de 10 millions, mais aussi Diogo Sousa ou Jeyland Mitchell : Strasbourg continue de miser sur des joueurs à fort potentiel, capables de prendre de la valeur avant, peut-être, de repartir vers d’autres horizons.
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Giovanni Reyna lors de de la Coupe du Monde.

Crédit: Getty Images

Le RCSA a pourtant nettement ralenti la cadence sur le plan financier. Environ 47 millions d’euros ont été dépensés cet été, contre 118 l’année dernière. Une différence qui s’explique notamment par les contraintes imposées au club. Strasbourg doit composer avec les exigences de l’UEFA et l’amende de 13 millions d’euros infligée en raison du poids financier de son effectif.

Le grand ménage chez les cadres

Mais pour alléger cette masse financière, Strasbourg a aussi dû faire rentrer de l’argent. Et le mercato des départs a rapidement pris une tout autre ampleur que celui des arrivées. Diego Moreira a quitté le club mercredi pour rejoindre l’AC Milan. Le Belge était l’une des figures de la belle saison du Racing, notamment sur la scène européenne. Valentin Barco, Julio Enciso et Emmanuel Emegha ont eux aussi fait leurs valises. L’attaquant néerlandais, laisse notamment un vide conséquent devant.
Abdoul Ouattara et Rabby Nzigoula ont également été vendus en Angleterre. Au total, les départs ont rapporté environ 169 millions d’euros au club alsacien. Une somme considérable, et même nécessaire pour remettre les comptes à l’endroit après les dépenses des dernières saisons. Mais sur le terrain, Strasbourg a perdu une bonne partie de ceux qui avaient construit sa huitième place et son parcours européen. Et au milieu de cette grande lessive, Chelsea manœuvre.
Les Blues ont récupéré deux des joueurs les plus en vue de Strasbourg la saison dernière, Valentin Barco et Emmanuel Emegha. Depuis l’arrivée de BlueCo, les mouvements entre les deux clubs ne sont plus vraiment une surprise. Ils sont même devenus l’un des marqueurs du projet. Mais avec le départ des cadres strasbourgeois, la mécanique interroge forcément : comment construire une équipe compétitive lorsque ses meilleurs éléments peuvent partir au bout d’une saison ?
Chelsea avait jusqu’à 58 joueurs dans son effectif lors de la saison 2024-2025, avant de ramener ce chiffre à 43 cette saison. Strasbourg est évidemment loin de ces proportions, mais la logique de recrutement à grande échelle commence elle aussi à s’installer. En comptant les arrivées, les prêts et les retours de prêt, 22 mouvements ont concerné l’effectif strasbourgeois cet été. Beaucoup de jeunesse et de potentiels certes. Mais qui va réellement prendre la place laissée par les partants ?
« Ici, c’est le projet du Racing »
L’autre grand changement de l’été se trouve sur le banc. Après Liam Rosenior et le court passage de Gary O’Neil, Hugo Oliveira est devenu le troisième entraîneur de Strasbourg en moins de six mois. Arrivé de Famalicão mi-juillet, le technicien de 46 ans découvre donc un effectif profondément renouvelé. Son premier défi sera de donner une cohérence à cette nouvelle équipe, tout en s’inscrivant dans un projet dont la politique sportive est largement dictée par BlueCo. Mardi, en conférence de presse avant le déplacement à Marseille, Oliveira a d’ailleurs tenu à remettre Strasbourg au centre du récit.
"Il n’existe pas un projet Hugo, ni un projet BlueCo, ni un projet joueur A ou joueur B. Ici, c’est le projet du Racing." Le technicien portugais assure que les joueurs, le staff, le club et BlueCo avancent dans la même direction. Il a également raconté ce qui l’avait séduit lorsqu’il a échangé avec Marc Keller : le président strasbourgeois lui a parlé de l’histoire du Racing, de ses périodes difficiles, de ses remontées et de cette relation particulière avec son public. Une passion qu’Oliveira a jugée "contagieuse".
Un discours forcément bienvenu dans un club où la question de l'identité revient régulièrement sur la table depuis l’arrivée de BlueCo. Année après année, Strasbourg donne de plus en plus l’impression de fonctionner comme une pièce du puzzle londonien. Les joueurs arrivent jeunes, les plus performants repartent vite et le groupe est continuellement renouvelé.
Le projet peut fonctionner. Il a d’ailleurs déjà permis au Racing de retrouver l’Europe et de générer des ventes considérables. Mais cette saison, la marche semble différente. Il ne s’agit plus seulement de faire émerger des talents, il faut remplacer ceux qui sont partis, intégrer une nouvelle génération et permettre à Hugo Oliveira de construire quelque chose avec un groupe qu’il découvre encore.
Pour l’instant donc, le club alsacien avance encore avec beaucoup de questions. Et une semaine avant la fin du mercato, Strasbourg ressemble toujours un peu plus à Chelsea. Avec, forcément, beaucoup moins de garanties.
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