Trophée des champions I À Lens, le Paris Saint-Germain de Luis Enrique a retrouvé le goût de la dé-fête
Eurosport sur GoogleLe Paris Saint-Germain a connu sa deuxième défaite aux portes d'un titre depuis que Luis Enrique est aux commandes. À Lens, lors du Trophée des Champions, Paris n'a jamais su concrétiser sa domination, même à onze contre dix, et a vu son rival du championnat passé l'emporter (1-0) au bout de l'envie, et des nerfs de Nuno Mendes (exclu, 86e). Un vrai revers devenu très inhabituel.
Désiré Doué.
Crédit: Getty Images
Ils se sont peut-être octroyé le droit de ne pas trop y prêter attention. Après tout, il faut être Paris pour que son deuxième match de la saison soit un Trophée des champions, dans la foulée d’une Supercoupe d'Europe victorieuse (2-1) face à Aston Villa. Revenu au pays, à Bollaert-Delelis, le PSG projetait de glaner un deuxième titre en 2026-2027. Et il le voulait vraiment, à voir Désiré Doué, Khvicha Kvaratskhelia puis Ousmane Dembélé débouler vers Robin Risser, ballon aux pieds. Puis les mêmes Parisiens, visages fermés, le trophée loin des mains, elles bien fixées sur les hanches. Amère saveur du passé.
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Qu'ils ne s'inquiètent pas trop, les fantassins de Luis Enrique. Leur entraîneur les a vus bien jouer. "Je pense qu'on a joué à un niveau supérieur à ce que j'attendais, décrivait-il à Ligue 1+ après la défaite. On a fait un très bon match. On a créé des situations pour marquer des buts, mais à la fin, le football, c'est comme ça." Comme un soir lensois, où l'adversaire a les faveurs d'un public en feu, pour tacler encore un peu, tenir, et sourire à chaque frappe parisienne (22 tirs à huit) que Risser n'avait pas à encaisser.
On devait jouer dans les mêmes conditions, mais ça ne s'est pas passé
Paris a tranché sans marquer sur un terrain défavorable, certes. Après avoir envisagé la Côte d'Ivoire, le Congo-Brazzaville, le Stade de France, et même le Matmut Atlantique de Bordeaux, la Ligue de football professionnel avait retenu Lens au tirage au sort pour héberger le Trophée des champions. Et offrir, par la même occasion, une finale à domicile aux Lensois, déjà venus en nombre célébrer à Saint-Denis leur titre en Coupe de France au mois de mai.
Le contexte n'a pas franchement plu à Achraf Hakimi. "On a tout fait pour gagner, racontait le Marocain en après-match, on a eu des occasions, on a contrôlé tout le match. Après, il y a des situations que l'on ne peut pas contrôler. Venir là, jouer une finale sur un terrain qui n'est pas neutre, sans nos supporters en finale… Je pense qu'on devait jouer dans les mêmes conditions, mais ça ne s'est pas passé. Ce ne sont pas des excuses, on a tout fait pour gagner, et on n'a pas marqué de but, ce qui est le plus important. À la fin, tout ça compte, et je suis content du travail de l'équipe."
"Aujourd'hui, a précisé Hakimi, ça ressemblait plus à un match de Ligue 1 à l'extérieur. Si l'on veut que le championnat continue de grandir, on devrait essayer de regarder ces choses." Son discours, qui n'est "pas une excuse", appuie le sentiment qui transparaissait des visages de ses partenaires. Dimanche, à Lens, Paris a perdu une finale. Pour de vrai. Pas un trophée d'intersaison.
But "chanceux" et déconvenue inhabituelle
Alors que les Sang et Or pavanaient sur leur pré, les nouveaux maillots façon rétro du PSG se retrouvaient barrés de bras très croisés. Que ce soient ceux de Marquinhos, capitaine toujours émotionnellement impliqué, ou de Dro Fernandez, parmi les derniers arrivés de l'hiver passé.
Le destin de ce Trophée des champions s'est joué aux occasions manquées, mais aussi au but de Florian Thauvin, trouvé sans avoir été cherché par Matthieu Udol (32e). "Presque la première fois qu'ils vont là (dans le camp parisien), ils ont marqué un but chanceux", retenait Vitinha à Ligue 1+. Luis Enrique le qualifiait même "d'incroyable, il rate la frappe", sans omettre de "féliciter l'adversaire", tenace derrière pour détourner ce qu'il pouvait, que ce soit via Robin Risser, qui a multiplié les arrêts (6), sa défense, ou la barre devant Désiré Doué (45+3e).
Luis Enrique, l'homme qui gagne 81% de ses finales (17/21 désormais) repart du Pas-de-Calais avec une médaille d'argent saveur chocolat. Ce n'est que la deuxième fois, alors que débute sa quatrième saison parisienne, qu'il voit son équipe s'incliner lors d'un match qui vaut un titre, après le revers face à Chelsea au bout de la Coupe du monde des clubs 2025.
Barcola et Mbaye en tribunes... avec Zidane et Bettoni
À long terme, pas de problème : l'Asturien n'a pas trouvé ses joueurs usés. "Fatigués ? Non. Sinon, on ne se serait pas entraînés. À ce moment de la saison, j'ai vu des situations de jeu très positives. On est contents de ce qu'on a fait en première mi-temps, en deuxième mi-temps. Après, le match a changé un petit peu comme ils étaient avec un joueur de moins, mais je me répète : on a fait un bon match."
Son Paris Saint-Germain n'a pas atteint sa forme finale, alors que Bradley Barcola et Ibrahim Mbaye, courtisés, ont assisté à la rencontre depuis les tribunes – pas très loin de Zinédine Zidane et David Bettoni –, que Ferran Torres et Mika Godts ne faisaient pas partie du groupe en déplacement à Lens… Comme l'an passé, Paris a un rythme à gérer. Et le Mondial, le vrai, n'a pas allégé le calendrier de ses cadres, tous partis chercher un titre que seul Fabian Ruiz a su décrocher. Dimanche soir, les étoiles du PSG n’avaient pas de trophée pour s’y projeter, mais elles se laissent le temps de scintiller.
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