Trophée des Champions I Lens 1-0 PSG I "Maintenant, tout le monde a compris ce qu'est Lens" : même remanié, le Racing n'a pas changé

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Après un été agité par le départ de Pierre Sage, le RC Lens de Dino Toppmöller a lancé sa saison 2026-2027 par un titre, le seul qui manquait au palmarès des Artésiens. Dimanche, le Racing a vaincu à Bollaert le grand PSG de Luis Enrique, au courage et à l'envie. Remanié ou pas, Lens n'a pas perdu la recette d'avant : la gagne de l'an passé, et les "valeurs" d'une institution.

Lens-PSG, le 16 août 2026.

Crédit: Getty Images

Il fallait les voir, en tribunes, les Dalton. Lever les yeux au ciel pour l'un, Joseph Oughourlian, tenter de rassurer l'autre, Benjamin Parrot, se dresser sur ses pattes, Jean-Louis Leca, et scruter son club de toujours glaner un titre, le dernier, Gervais Martel. Tous ont souffert avec leur RC Lens, qui briguait dimanche soir un Trophée des champions maison, à Bollaert-Delelis. Tous ont vu leurs joueurs, les nouveaux (un peu) et les anciens (surtout), battre chez eux "l'ogre parisien", comme raconté par Robin Risser après l'exploit des siens (1-0).
N'est pas Lens qui peut, mais Lens est ce qu'il veut. Au soir de son premier match de la saison, le Racing est un club titré. Aux dépens du Paris Saint-Germain de Luis Enrique, vainqueur quatre jours plus tôt d'Aston Villa en Supercoupe d'Europe, et d'Arsenal, fin mai, en finale de Ligue des champions. Au jeu des matches décalés par la Ligue de football professionnel (LFP), Lens avait disputé trop tard sa finale du championnat, face à Paris, qui caracolait en tête au moment d'affronter son dauphin en Ligue 1, le 13 mai. Ce n’est plus un acte manqué.
Trois gros mois après le titre en Coupe de France, certaines choses ont changé en Artois. "Cette saison sera difficile", prévenait le gardien Robin Risser, impeccable sur sa ligne face à Paris. L'international français n'a pas bougé, lui. Au contraire de Pierre Sage, parti pour Crystal Palace. Mamadou Sangaré l'a suivi en Premier League (Brentford). Allan Saint-Maximin, Adrien Thomasson et Wesley Saïd ont bouclé leurs valises. D'autres prennent la suite. Ont choisi de rester pour jouer la Ligue des champions, et de défendre pour gagner le Trophée des champions.
À dix, on peut aller à la guerre, à neuf, à huit, on ira à la guerre
Dimanche soir, avant même de parler championnat, ces nouveaux Sang et Or ont tenu une promesse. Parce que Bollaert a eu sa finale, après le bonheur du Stade de France. Que l'animation de Dino Toppmöller, à onze, a su répondre à celle de Luis Enrique. Même si, comme à son habitude, celle-ci a dominé (22 tirs à huit, 69% de possession). Et que Lens a tenu, même à dix contre onze 47 minutes durant, au courage, aux "valeurs" entonnées en après-match par Risser et Ruben Aguilar.
"On se l'est dit à la mi-temps, décrivait encore Risser à Ligue 1+, si l'on respecte ce que le coach a mis en place, si l'on respecte ce public, les valeurs de ce club, il n'y a pas de raison. À dix, on peut aller à la guerre, à neuf, à huit, on ira à la guerre. Ce sont les valeurs de ce club, c'est ce qui fait notre force, et il faut continuer comme ça." 
Même interrogé sur la physionomie d'un match acquis au forceps, Ruben Aguilar ne parlait que de ça. D'une sorte d'ADN, qu'une finale en terrain tout sauf neutre a permis de revigorer. "C'est simple, quand on est nouveaux, on apprend. Moi, j'ai signé ici il y a déjà quatre ans. On nous transmet des valeurs énormes, on l'entend ce soir avec le public. Je savais qu'on allait faire un résultat ce soir. Quand on est comme ça, c'est très dur de nous battre. Parce que, ce n'est pas qu'un onze, c'est un club tout entier, et c'est magnifique."
Lens, c'est : on n'a peur de personne. Ici, on peut battre tout le monde.
Aidé par les montants (Doué, 45+3e), par Risser (8e, 16e, 62e, 73e… six arrêts au total), Lens a surgi au moment où il le fallait. Le capitaine tout frais Florian Thauvin pouvait sourire : le tir devenu centre-tir de Matthieu Udol a fini dans les pieds de l'Orléanais, trop heureux pour se priver de marquer (1-0, 32e). Étoiles ou pas, et même après l'expulsion de Kyllian Antonio, le PSG n'a su revenir. Nuno Mendes s'en est même allé (carton rouge, 86e).
Sans hasard, ni Thorgan Hazard, recrue suspendue dimanche soir, Lens a souffert. Et Lens a tenu. Kyllian Antonio (18 ans), qui profitait de l'hécatombe mercantile, a commis une erreur. Ses cadres l'ont rattrapée (Matthieu Udol, Robin Risser, Florian Thauvin, Ismaëlo Ganiou), et quelques recrues les ont bien aidés (Michaël Cuisance, Maik Nawrocki). Aux questions de l'été, Lens se trouve déjà des réponses. 
Et puis, pour l'entraîneur ? Le français accentué de Dino Toppmöller sonne déjà très artésien : "Maintenant, tout le monde a compris ce qu'est Lens, entonnait l'Allemand dans le vestiaire. Lens, c'est : on n'a peur de personne. Ici, on peut battre tout le monde. Et je n'avais demandé qu'une seule chose : je voulais vous voir avoir plus faim que l'adversaire. Ça, je l'ai vu à fond." Un match, un titre. Il y a du bon.
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