Van Bommel, van Persie, Sneijder, van der Vaart : Les Pays-Bas, terre de fils de

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A l'image de Ruben van Bommel - qui vient d'être appelé par Xavi pour jouer avec les Oranje -, les Pays-Bas voient de nombreux fils d'anciens internationaux suivre les mêmes traces, et notamment ceux des finalistes de la Coupe du monde 2010. Tous n'ont pas encore réussi à percer au plus haut niveau mais ils font parler d'eux. Zoom sur un phénomène étonnant.

Shaqueel van Persie et Ruben van Bommel avec leurs pères Robin et Mark

Crédit: Quentin Guichard

Des "fils de", il y en a toujours eu. Et il y en aura toujours. Que ce soit dans le cinéma, la musique, les médias ou la politique, il n'est pas rare de voir des "enfants" de personnalités marcher dans les traces de leurs parents. C'est aussi vrai pour le sport. Forcément, il est "tentant" de suivre le même chemin que ses parents. Le football ne fait ainsi pas exception à la règle. On est bien placé pour le savoir en France avec les enfants de Lilian Thuram, ceux de Zinedine Zidane ou encore avant cela Jean et Youri Djorkaeff. Mais les Pays-Bas sont confrontés à un phénomène d'exception en la matière en ce moment.
Les Oranje ont régulièrement vu des descendants d'illustres footballeurs se faire un prénom avec certaines trajectoires plus prestigieuses que d'autres. On pourrait ainsi citer Daley et Danny Blind, Johan et Jordi Cruyff, Martin avec Erwin et Ronald Koeman, ou encore les enfants de Patrick Kluivert avec Shane, Ruben et Justin évidemment. Cependant, les Néerlandais voient actuellement d'innombrables fils d'anciennes stars du ballon rond percer. Tous ne jouent pas au même poste que leur père ou n'ont pas le même talent brut. Tous ne sont pas encore totalement établis au plus haut niveau. Mais ils font régulièrement parler d'eux.

Les enfants des finalistes 2010 en masse

Il y a par exemple Liam van Nistelrooy, le fils de Ruud, qui a fait un petit buzz en août en marquant un joli but sous les yeux de son père avec les U19 du PSV. Celui de Ronald Koeman - Ronald Koeman Jr - a lui aussi fait parler de lui ces dernières semaines en inscrivant un doublé sur penalty pour arracher le nul face à Cambuur (2-2) en première division néerlandaise. Un exploit alors qu'il joue… gardien de but avec Telstar. Et ces derniers temps, la tendance est aux enfants des membres de l'équipe finaliste de la Coupe du monde 2010.
Seize ans après la finale de leurs pères en Afrique du Sud face à l'Espagne, ils sont légion à pointer le bout de leur nez dans le monde pro. Jugez plutôt : Ruben van Bommel (22 ans), Shaqueel van Persie (19 ans), Damián van der Vaart (20 ans), Jessey Sneijder (20 ans), Jens Mathijsen (20 ans) et Seb Huntelaar (17 ans) ont tous fait couler un peu d'encre ces derniers mois. Tous ne sont cependant pas au même stade de leur carrière, en toute logique étant donné leur jeune âge. Mais ils marchent dans les pas de leurs pères.

Van Bommel vient d'être appelé par Xavi, van Persie gagne aussi ses galons

Certains comme Seb Huntelaar au PSV, Damian van der Vaart à l'Ajax et Jessey Sneijder à Utrecht se sont ainsi fait remarquer pour avoir signé leur premier contrat pro alors qu'ils sortent de l'adolescence et évoluent pour les deux derniers en deuxième division néerlandaise. D'autres, à l'instar de Jens Mathijsen - qui accumule les présences sur le banc avec Willem II -, attendent leur heure en pro. Et puis, il y a Ruben van Bommel et Shaqueel van Persie qui sont eux déjà passés à l'étape du dessus.
S'il s’est retrouvé au centre des débats après une violente charge sur un joueur de l'Ajax début septembre, Ruben van Bommel ne peut être résumé à ce geste. Le fils de Marc, qui est le sélectionneur de la Belgique, s'est déjà imposé comme un titulaire au sein de l'attaque du PSV Eindhoven. Mieux, il vient d'être appelé par le nouveau sélectionneur des Pays-Bas, Xavi, pour ce rassemblement de septembre. Au Feyenoord, Shaqueel van Persie, qui évolue aussi en attaque, joue lui de plus en plus cette saison et vient de découvrir la Ligue des champions.

Mais pourquoi ?

Alors comment expliquer cette mode à la filiation père-fils dans l'autre pays du fromage ? Les raisons sont évidemment multiples. Et il est difficile d'avoir une seule explication. Le patrimoine génétique peut peser. Mais cela n'explique pas tout, heureusement. L'environnement peut cependant aussi jouer un rôle. Ils ont grandi dans le monde de football, savent à quoi s'attendre, connaissent l'exigence du métier alors qu'ils baignent dans ce milieu et que beaucoup d'anciens membres de l'équipe de 2010 ont en plus poursuivi une carrière comme entraîneurs ou responsables techniques.
"Ils ont vu des choses qui les aident à atteindre ce niveau", estimait d'ailleurs Willem Weijs, l'ancien coach des U21 de l'Ajax Amsterdam, dans Volkskrant. "J'ai beaucoup appris de lui sur la vie d'un athlète de haut niveau, sur et en dehors du terrain. Mais au final, je fais les choses à ma façon. Je suis Damián, pas 'le fils de'", avait confirmé Damián van der Vaart en 2024 sur le site de l'Ajax.
Qu'on le veuille ou non, leurs noms ne sont pas non plus anodins. Ils sont évidemment plus scrutés dès leur plus jeune âge. On les attend. Et si certains peuvent mal gérer cette pression, cela peut les aider à mûrir plus vite. À s'étoffer aussi. "Ces jeunes doivent souvent redoubler d'efforts pour faire leurs preuves. Cela les forge peut-être aussi", a estimé Joris Mathijsen en 2023 dans Volkskrant. Reste à savoir pourquoi cela arrive plus aux Pays-Bas actuellement qu'ailleurs. Et là, le mystère demeure.
 
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