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Un roi dans l'arène
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Publié 11/05/2009 à 07:30 GMT+2
Jenson Button (Brawn) a signé dimanche en Espagne sa quatrième victoire en cinq courses, se détachant un peu plus au championnat. Rubens Barrichello a assuré le doublé devant les Red Bull de Mark Webber et Sebastian Vettel. Final angoissant pour Massa (Ferrari, 6e), menacé par une panne d'essence.
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Jenson Button est officiellement un champion du monde en puissance depuis dimanche. Cette année encore, pilotes et écuries s'accordaient sur l'obligation d'attendre le verdict de la première course européenne, sur le circuit étalon de Montmelo, pour jauger la compétitivité de l'équipe surprise du championnat 2009 et -plus encore- la capacité de réaction des rivales. Après la 5e manche de la saison, le bilan est éloquent : le Britannique a enregistré quatre succès et Brawn GP Formula One Team a assuré deux doublé.
Plus que le résultat brut, c'est la manière qui a donné une idée de la marge dont dispose encore l'entité basée à Brackey malgré les mises à jour techniques massives de la concurrence, ce week-end. Au volant des voitures les deuxièmes et quatrième voitures les plus légères du plateau, Jenson Button (646 kg) et Barrichello (649,5 kg) devaient appliquer un plan agressif à trois arrêts contre deux au reste du peloton. Les circonstances ont mené Ross Brawn, cerveau de l'affaire, a remettre Jenson Button dans la norme. Pour une raison évidente : avec moins d'essence que son coéquipier, il devait s'échapper en tête. Mais il fut débordé par l'autre BGP001 au premier virage, marqué par l'élimination de Trulli (Toyota) Sutil (Force India), Bourdais et Buemi (Toro Rosso) sur carambolage. Dès lors, Brawn a décidé de remettre son playboy dans la norme, en remplissant plus son réservoir au premier arrêt (tour 19). Une façon de répartir les risques, les deux stratégies étant équivalentes.
"Même lorsque les temps sont durs, nous sommes capables de gagner" , s'est étonné Button. "Quand ça doit bien se passer, ça se passe effectivement bien. L'an dernier, ça devait aller de travers, on n'y coupait pas. Je me sens sur le toi du monde en ce moment. L'équipe a bien bossé et nous avons regagné du terrain".
Cependant, la moue de Barrichello après la course en disait long sur la vraie raison de ce revirement. En fait, Button aurait déjà la faveur de l'équipe et ne serait même pas loin d'être un N.1 occulte. Pour Barrichello, c'est le spectre du rôle de subordonné qui resurgit. Comme chez Ferrari, où Ross Brawn tirait les ficelles ; à la différence près que Brawn ne le paiera pas grassement pour s'incliner systématiquement… Et malheureusement pour lui, le vétéran sud-américain n'a pas vraiment donné la garantie d'être un leader. Lors de son troisième relais, son ingénieur n'a cessé de l'appeler pour l'enjoindre d'attaquer. Comment progresser une demi-seconde par tour moins vite en ayant moins d'essence à bord... La question est restée sans réponse, et au 32e des 66 boucles, la cause était entendue. Au moins Barrichello a-t-il assuré la deuxième place sous la menace de mark Webber (Red Bull).
Et puis, enfin, il faut aussi un peu de chance pour inscrire un doublé. Comme à Bahreïn, il y a deux semaines, Sebastian Vettel aurait du contester la suprématie des Brawn. Mais voilà, le prodige a encore un peu tremblé au départ, de sa 1ère ligne. A Sakhir, sa course du vainqueur du GP de Chine avait été ruinée par Hamilton et Trulli. Là, c'est Felipe Massa qui l'a copieusement bloqué. Jusqu'à ce que Ferrari n'appelle le Brésilien pour le supplier de laisser passer sa Red Bull dans les dernières encablures, sous peine de tomber en panne d'essence ! Fernando Alonso (Renault) en a aussi profité pour trouver une peu reluisante 5e place à l'arrivée. A 46 secondes du vainqueur, pas de quoi réveiller ses 115.000 supporters.
Bref, Renault n'est pas encore dans le coup, Ferrari montre des éclairs de performance mais pèche dans le management et la fiabilité (abandon de Kimi Räikkönen), la McLaren détruit ses pneus à une vitesse sidérante et BMW n'existe pas vraiment (Heidfeld 7e, Kubica 11e).
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