F1 2024 | Red Bull challengé et déjà six vainqueurs : une saison plus inattendue que prévu

Une évidence après les deux victoires consécutives de Mercedes : Red Bull et Max Verstappen ne tiennent plus le peloton en respect. Cette saison 2024 qui avait démarré dans la droite ligne des deux précédentes ne leur ressemblera pas. Les Gris et McLaren ont remis l'incertitude dans la course et ne font qu'accentuer la pression sur l'écurie autrichienne.

Situation "intenable"chez Red Bull : "Perez est nulle part, sauf dans les graviers"

Video credit: Eurosport

Il avait presque fini par ne plus y croire, et on ne l'attendait plus. Mais après deux ans et demi d'insuccès, Lewis Hamilton s'est réinventé un présent au sommet des podiums en remportant le Grand Prix de Grande-Bretagne, dans son jardin anglais. En faisant de nouveau voyager la Formule 1 dans ses records les plus fascinants à travers une 104e victoire en championnat du monde. Une marque de la démesure qui perpétue sa légende comme celle du sport. Tout ça au bout d'une course-poursuite finalement gagnée contre son ennemi juré Max Verstappen ; la thérapie ultime dont il avait besoin pour refermer ce chapitre de cinquante-sept dimanches maudits depuis la terrible finale d'Abou Dabi 2021.
Ça valait bien ce flot de larmes et de sentiments immortalisés à coups d'accolades, de sourires contagieux. En mai dernier, Lando Norris (McLaren) s'était ouvert les portes du club des vainqueurs à Miami, Charles Leclerc (Ferrari) avait forcé son destin de maudit sur son Rocher. Deux précédents, marquant pour l'Anglais, émouvant et libérateur pour le Monégasque, qui avaient déjà fait de ce championnat 2024 un cru à part.
La bascule a eu lieu un peu plus tard, lorsque les podiums n'ont plus été la chasse gardée du trio Red Bull-Ferrari-McLaren. Mercedes est entré dans la danse à Montréal, où George Russell, troisième, a mis fin à cette exclusivité. Lewis Hamilton l'a imité à Montmelo, puis Russell a triomphé à Spielberg, et "King Lewis" à Silverstone.
picture

George Russell (Mercedes) au Grand Prix d'Autriche 2024

Crédit: Getty Images

Red Bull, une dynamique technique perdue

Quatre marques différentes ont donc déjà gagné et l'hégémonie de Red Bull est bien terminée, même si la saison couronnera les mêmes. Ça tourne sur la plus haute marche : le 21/22 de l'écurie Milton Keynes en 2023 n'est plus qu'un mauvais souvenir pour les amateurs de suspense, le 15 à la suite des Autrichiens et le 10 de rang de son pilote star, non plus. Pourquoi ? Parce que Pierre Waché a réinventé la RB20 avec un concept qui n'avait finalement que six mois d'espérance de vie, avant de toucher son plafond de verre. Parce que le partant Adrian Newey se tient à l'écart des dossiers techniques sensibles. Dans un autre registre, Christian Horner habitue mystérieusement son équipe à vivre avec un Sergio Pérez incapable de suppléer Max Verstappen.
Enfin, le Néerlandais a perdu son totem d'immunité : après 20 combinaisons pole-victoires implacables, il a échoué à Miami. La pièce ne retombe plus non plus du bon côté : à Montréal, il a égalé le chrono de George Russell et a dû s'incliner pour le bénéfice de la pole position. Et les ennuis ne sont pas terminés : il ne va pas échapper à une pénalité technique (au moins 10 places sur la grille, probablement à Spa, avant la trêve) suite à l'installation de son dernier moteur autorisé par le règlement, en raison de la défaillance d'un récupérateur d'énergie qui a endommagé un bloc entier à Montréal.
picture

Hamilton victorieux : "The GOAT" pour Sebastian Vettel

Video credit: Eurosport

Pérez, l'autre point faible

Tout cela ferait croire à un relâchement de Red Bull, il n'en est rien. McLaren, Ferrari et Mercedes ont juste travaillé d'arrache-pied pour rattraper la RB20 et en touchent aujourd'hui les dividendes. Ces équipes y sont parvenus d'abord sporadiquement, puis plus régulièrement. Max Verstappen en convient : la RB20 n'est plus la meilleure voiture du plateau depuis Monaco. Et c'est la deuxième fois que Red Bull perd deux courses de suite depuis 2022.
La pression monte indéniablement, les marques de l'excellence ne lui appartiennent plus : McLaren est ainsi la seule abonnée à la Q3 avec ses deux monoplaces. De quoi élaborer facilement des stratégies, couvrir les risques ; tout ce que Red Bull ne peut plus se permettre avec un Sergio Pérez en errance à deux tours du leader.
picture

McLaren et Hulkenberg au top, Alpine et Perez en détresse

Video credit: Eurosport

Piastri septième vainqueur ?

Bien sûr, Ferrari a perdu son mojo depuis son euphorie princière. La Scuderia traverse même une mauvaise passe avec des évolutions inaugurées à Montemlo et remises dans les caisses le week-end dernier, des départs d'importance (son chef designer David Sanchez et maintenant son directeur technique Châssis, Enrico Cardile), l'arrivée désormais hypothétique d'Adrian Newey. Et si Aston Martin, trublion de 2023, est en pleine crise de croissance, McLaren et Mercedes apportent des évolutions à un rythme plus soutenu que Milton Keynes.
Six vainqueurs différents en douze manches était un ratio inimaginable en début de saison. Ce n'est peut-être pas fini car Oscar Piastri (McLaren) est sûrement le prochain nouveau vainqueur. Et c'est juste une question de temps.
Rejoignez Plus de 3M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité