Formule 1 - Comment Yuki Tsunoda pourrait finalement sauver sa place chez Red Bull, et faire attendre Isack Hadjar
Par Tanguy Mantovani
Mis à jour 03/11/2025 à 21:10 GMT+1
C'était presque du tout cuit, au point qu'Isack Hadjar lui-même se permette de commencer à s'y projeter, mais la course pour la deuxième Red Bull en 2026 semble finalement loin d'être terminée. Yuki Tsunoda pourrait sauver sa place dans l'écurie mère à la faveur de son récent léger regain de forme. À la faveur, aussi, d'une fin de saison avec plus d'enjeu que prévu pour Max Verstappen.
"Parmi les jeunes pilotes, seul Hadjar a pris le pouvoir immédiatement"
Video credit: Eurosport
Le week-end a été beaucoup plus calme que prévu au service marketing et communication de Red Bull Racing. La date était pourtant cochée depuis un moment sur le calendrier, depuis que le directeur du programme jeune pilote de l'écurie Helmut Marko avait fait comprendre fin août que le GP du Mexique serait l'échéance pour choisir le deuxième pilote de l'équipe en 2026. Communiqué, visuels, shooting photo : il aurait donc fallu, en théorie, tout préparer pour l'annonce officielle du nom de celui qui accompagnera Max Verstappen la saison prochaine lors de ces quelques jours de battement avant le Grand Prix du Brésil le week-end prochain.
Finalement, rien de tout cela. La grande annonce, espérée en France comme la consécration d'Isack Hadjar dans l'écurie mère, a été remplacée par… une remise à plus tard. Dans la foulée de la victoire de Lando Norris à Mexico, le directeur de l'écurie Red Bull Laurent Mekies soufflait que, tout compte fait, Red Bull allait s'autoriser un petit délai supplémentaire pour réfléchir. La raison : les progrès de Yuki Tsunoda durant l'automne. Le Japonais venait de boucler la course à la 11e place seulement, certes. Mais il a réalisé au Mexique sa deuxième meilleure qualification de la saison en comparaison avec Max Verstappen, avec seulement 0"211 de retard sur le Néerlandais.
Son "meilleur week-end depuis un bout de temps", a salué Laurent Mekies à The Race, avant d'ajouter : "Le fait qu'il ait fait un pas en avant est l'une des raisons pour lesquelles on souhaite prendre un peu plus de temps avant de prendre une décision concernant nos pilotes. Il était très, très proche de Max (Verstappen) en qualification. Et son premier relais était très solide aussi, à deux ou trois dixièmes de Max sur le même très long relais sur les pneus médiums. Après ça, la balle est dans notre camp." Elle ne le sera pas beaucoup plus longtemps pour autant. En coulisse, Red Bull compterait toujours prendre sa décision avant le dernier GP de la saison à Abu Dhabi.
Hadjar, plus le maître de son destin
Soit trois courses, et un mois de plus pour décider si Yuki Tsunoda est digne de confiance quant à sa capacité à continuer de réaliser des chronos si proches de son coéquipier. Et surtout une raison de garder le Japonais pleinement investi et motivé pour la fin de saison. Le retour en grâce de Max Verstappen depuis l'arrivée de Laurent Mekies a forcément bouleversé les plans à court-terme de Red Bull. D'une saison dont elle n'espérait plus rien, et qui avait des airs d'années de transition, l'écurie autrichienne pourrait ressortir avec un nouveau titre pilote. Alors, dans cette configuration bien différente de celle d'il y a quelques mois, tout coup de pouce est bon à prendre. Et un coéquipier désabusé se sachant déjà dehors peu importe s'il aidera l'équipe ou non est au mieux un poids mort et au pire un boulet.
Mais il y a aussi là un symbole de la relation de confiance qui lie Laurent Mekies et Yuki Tsunoda. Les deux hommes ont longtemps travaillé ensemble chez Racing Bulls, où Tsunoda était la tête de proue de l'équipe en 2024. Dès sa prise de poste, en Belgique, le nouveau directeur de l'écurie Red Bull avait ainsi fait le choix d'équiper la monoplace du Japonais du même fond plat que celle de Max Verstappen, ce qui n'avait jamais été le cas jusqu'ici. Résultat : meilleure qualification dans une Red Bull pour le pilote à l'époque, et les félicitations du patron. C'est aussi un facteur très important dans le regain de forme de Tsunoda. Il a la confiance de l'homme qui, jusqu'ici, a remis Red Bull sur pied. Et qui aimerait sûrement, au fond de lui, en faire de même avec celui qui était son pilote numéro 1 lors des saisons précédentes.
Isack Hadjar n'est donc plus vraiment maitre de son destin. Enfin plus autant qu'avant. Le Français peut toujours continuer de se montrer comme il l'a fait en qualification au Mexique, avec une belle huitième place. Mais il existe bien un scenario dans lequel même en impressionnant autant que faire se peut, ce soit Yuki Tsunoda qui est conservé à la faveur d'une fin de saison encourageante. Pour s'offrir une certaine continuité, et un peu de sérénité qui a tant manqué à cette deuxième Red Bull constamment sous pression cette année. Parce qu'il est forcément plus difficile de performer en se sachant sur un siège éjectable, entouré de rumeurs quant à son avenir. Cela dit, Red Bull restant Red Bull, il se pourrait bein que cela ne s'arrête jamais. Pas plus tard que ce week-end, le podcasteur américain Tony Donohue croyait savoir que la saison 2026 de Yuki Tsunoda s'écrirait… en IndyCar, soutenu par Honda chez Dale Coyne Racing. Voilà un autre service communication qui pourrait avoir du boulot.
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