Formule 1 - Le duo Valtteri Bottas - Sergio Pérez arrive chez Cadillac avec une mission : scier la branche sur laquelle ils sont assis
Par Tanguy Mantovani
Mis à jour 05/09/2025 à 05:35 GMT+2
L'écurie Cadillac, qui va devenir la 11e équipe de Formule 1 en 2026, a dévoilé ce mardi un duo de pilotes expérimentés pour sa première saison. Le Finlandais Valtteri Bottas sera accompagné du Mexicain Sergio Pérez. Deux pilotes déjà vainqueurs de Grand Prix, mais qui ont été choisis pour leur capacité à développer la voiture plutôt que celle à remporter des courses.
Cadillac, l'écurie éparpillée façon puzzle
Video credit: Eurosport
Sauf transfert très étonnant ou retour improbable, seules trois écuries de Formule 1 pourront se vanter de compter sur deux pilotes déjà vainqueur de Grand Prix en 2026 : McLaren, Ferrari, et… Cadillac. Pas étonnant que Graeme Lowdon, le directeur de ce qui va devenir la 11e équipe du plateau, fanfaronne : "C'est une véritable déclaration d'intention" s'est-il réjoui ce mardi dans un communiqué. Il venait d'annoncer l'arrivée des expérimentés Valtteri Bottas et Sergio Pérez, 16 victoires et plus de 500 GP en cumulé, au volant de ses monoplaces la saison prochaine.
Le dessein de Lowdon, "grandement calqué sur le projet Apollo" comme il l'a expliqué à The Athletic début juillet, a donc trouvé ses deux astronautes. Et comme souvent pour les missions spatiales, avoir roulé sa bosse était un prérequis pour être placé dans le cockpit. "Quand on voit l'expérience que ces deux pilotes apportent à l'équipe, a expliqué le PDG de TWG Motorsports, qui accompagne Cadillac pour l'opérationnel via son équipe Andretti. Ils étaient notre premier choix." Avant d'ajouter dans un communiqué : "Ils ne sont pas seulement des pilotes accomplis, ils sont des bâtisseurs, des collaborateurs, et des professionnels qui vont aider Cadillac F1 à définir ses besoins." Des pilotes capables de gagner, c'est bien. Des pilotes capables de développer une voiture pour y parvenir, c'est de cela dont a envie Cadillac.
Les Américains savent qu'ils partent de très loin. Que comme tous les nouveaux arrivants en Formule 1, la première saison se fera en queue de peloton et qu'il faudra être patient. Graeme Lowdon et ses équipes attendent surtout l'arrivée des moteurs maison signés General Motors et promis pour 2029. Jusqu'à cette date, le principal objectif devrait donc être d'abord de découvrir, puis de solutionner les domaines à améliorer sur la monoplace. Mais même avec deux des visages les plus reconnaissables du paddock de Formule 1 – on assure d'ailleurs chez Cadillac que la question du marketing n'est absolument pas entrée en compte dans le choix des pilotes –, le Finlandais et le Mexicain ont été choisis pour ce qu'ils apportent en dehors de la piste, plutôt que sur celle-ci.
Des développeurs, plus QUE des champions
Les pilotes s'en doutent certainement, mais font le pari d'obtenir des résultats avant. Car l'horloge tourne pour eux. Et même si Fernando Alonso et Lewis Hamilton continuent de repousser les limites de l'âge, Bottas et Pérez entrent dans ce qui devrait être leur dernière expérience en Formule 1. La durée de leur contrat est d'ailleurs soigneusement évitée dans le communiqué annonçant leur arrivée. Même l'habituelle mention d'un "contrat pluriannuel" communément utilisée pour ne pas révélerla moindre information, ou enjoliver un contrat de deux ans, n'est pas inscrite. Parce que Cadillac fait sûrement le pari inverse de ses pilotes et s'en cache à peine : les deux hommes, sur une pente très descendante en termes de rythme (et de confiance) mais disposant de tout ce qu'il faut pour un bon retour technique, vont scier la branche sur laquelle ils sont assis.
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Perez est-il le pire coéquipier d'un champion du monde ? Verdict chiffré
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Leur date de péremption ? Le jour, s'il vient rapidement, où Cadillac se battra pour les podiums. Ou d'ici deux à trois années si cela ne vient pas. C'est là que l'écurie ira chercher un candidat qui conjugue plus les victoires au futur qu'au passé. Parce que le projet affirmé de la firme est de remettre une écurie américaine sur le toit du monde du sport automobile d'ici quelques saisons. Et que ses deux pilotes ont leurs belles années dans le rétroviseur. Bottas, chez Mercedes à la fin des années 2010, comme Pérez, chez Red Bull au début des années 2020, ont eu leur chance de se battre pour un titre mondial avec la meilleure voiture du monde et l'ont manqué.
Malheureusement pour eux, ce n'est pas Cadillac qui devrait leur permettre de prendre une revanche sur le destin. D'autant plus que General Motors aimerait amener, si possible, un pilote américain vers l'Olympe. Après tout, il n'y avait que des étatsuniens dans le cockpit d'Apollo 11.
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