Grand Prix de Grande-Bretagne - "J'ai toujours su que je l'avais en moi" : podium pluvieux, podium heureux pour Nico Hülkenberg et Sauber !

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Dix-neuvième sur la grille du Grand Prix de Grande-Bretagne ce dimanche, Nico Hülkenberg (Kick Sauber) a émergé du chaos pour s'offrir le premier podium de sa carrière après 239 courses en F1. Malchanceux depuis ses débuts en 2010, le vétéran allemand de 38 ans a brillé par son intelligence de course, justifiant ainsi son recrutement par Audi pour lancer le projet de la marque aux anneaux en 2026.

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Video credit: Eurosport

C'est l'histoire d'une rédemption, d'un malchanceux à qui les Dieux de la Formule 1 ont enfin décidé de sourire. C'est l'histoire d'un chat noir boudé par les écuries de pointe malgré un talent évident, trop doué pour qu'on ne pense pas à lui au moment de lancer un nouveau projet en F1 malgré son âge avancé (37 ans), mais pas assez clinquant pour rester dans la lumière. Quinze ans après ses débuts, Nico Hülkenberg (Kick Sauber) a enfin conquis son premier podium en Formule 1 en terminant troisième du Grand Prix de Grande-Bretagne, disputé ce dimanche dans des conditions changeantes, derrière le doublé McLaren. La fin d'une malédiction.
On ne peut s'empêcher d'y voir un parallèle avec le scénario de F1 : le film, où (attention, spoiler !) Brad Pitt alias Sonny Hayes remporte en vieux briscard une première et inattendue victoire après de longues pérégrinations hors de la catégorie reine du sport automobile. Nico Hülkenberg n'est pas sexagénaire ni acteur, et il n'a pu contenir son émotion en bouclant le 52e et dernier tour de sa 239e course. "Je... Je ne pense pas pouvoir réaliser ce qu'on vient de faire." Silence. "Oh mon dieu." 5 593 jours qu'il courait après un tel résultat.

L'optimisation en maître-mot

"Ce fut un combat pour la survie pendant une bonne partie de la course, dira-t-il plus tard dans le Parc Fermé à propos de cette course "surréaliste" qui l'a vu partir depuis la dernière position de la grille (Franco Colapinto a démarré depuis les stands). Mais on a tout géré parfaitement : les bons appels, les bons pneus au bon moment, zéro erreur..." Bondissant de huit places à l'envol, il a optimisé ses deux arrêts au stand et résisté au chouchou de Silverstone, Lewis Hamilton (Ferrari), pour conserver sa troisième position avec cinq secondes d'avance. "Je suis probablement resté dans le déni jusqu'au dernier arrêt. Quand j'ai entendu qu'on avait creusé l'écart sur Lewis en décidant de rentrer un tour après lui, je me suis dit ''OK, ça va, on a un peu de marge'', mais il revenait très vite, la pression était bien présente."
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Nico Hülkenberg

Crédit: Getty Images

Ce podium historique porte effectivement le sceau de l'intelligence de course du pilote allemand, qui avait marqué les esprits le week-end dernier en remontant de la 20e à la 9e place en Autriche. Mattia Binotto, patron de Kick Sauber, sur Canal+ : "Il a su gérer parfaitement cette longue et incroyable course, et ne prendre aucun risque. Son pilotage a été impeccable, ses échanges avec le muret optimaux. C'était une performance parfaite en tous points." Après 12 courses en 2025, Kick Sauber a déjà marqué plus de points que lors des deux dernières années en cumulé (41 contre 6 en 2024 et 16 en 2023 sous la dénomination Alfa Romeo). Sur ces 41 unités, 37 ont été inscrites par Hülkenberg. L'écurie suisse ne s'est pas donc trompée en allant le chercher chez Haas l'été dernier afin de préparer l'arrivée prochaine d'Audi en F1.

Mariage de raison ET D'AMBITION

Andreas Seidl, PDG de l'écurie, souhaitait ardemment la venue de l'Allemand. Il le connaissait bien pour l'avoir dirigé chez Porsche aux 24 Heures du Mans. Ensemble, ils avaient remporté la course d'endurance dès la première tentative d'Hülkenberg en 2015. Mais ce n'était pas l'unique raison de sa signature. Outre le fait que le pilote et l'écurie partagent la même nationalité, Seidl, en patron averti, savait l'immense travail qui attendait Audi pour s'installer directement dans le haut du tableau. Il lui fallait donc un pilote expérimenté et performant. De l'expérience, Hülkenberg en a à revendre. De la régularité, aussi. À 37 ans, Hülk' a encore faim. Il revient de loin.
Ses débuts en F1 en 2010 chez Williams sont précédés d'une réputation très flatteuse, nourrie par le titre de GP2 fraîchement décroché. Dix ans et trois transferts plus tard (Sauber, Force India), son palmarès est toujours vide de victoire et de podium. Meilleur classement au Championnat ? Septième en 2018. Meilleur résultat en course ? Quatrième, trois fois. Hülkenberg est connu pour une raison, mais elle est peu flatteuse : il est le champion incontesté du plus grand nombre de départs sans podium.
Alors quand son employeur de l'époque, Renault, et le paddock entier lui tournent le dos en 2020, sa carrière en F1 semble terminée. Suivent trois saisons blanches ou presque. Pigiste de luxe pour Racing Point et Aston Martin, Hülkenberg profite de ces rares occasions pour rappeler son talent sur la piste, et garder contact avec le monde de la F1. Sa persévérance finit par payer lorsque Haas le tire de sa retraite forcée en 2023. Cette collaboration de la dernière chance avec une écurie de fond de tableau débouche sur des fulgurances, l'Allemand dominant aisément son équipier Kevin Magnussen.
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De prime abord, ce transfert chez Kick Sauber lui promettait une saison difficile aux côtés du rookie Gabriel Bortoleto. Entre l'ancien et le débutant, le courant passe plutôt bien. Mais l'écurie d'Hinwil achève la dernière phase de sa transition, et elle vient de boucler l'exercice 2024 avec le bonnet d'âne du dernier, inscrivant ses quatre uniques points lors de l'avant-dernière manche de l'année. Cette saison, la septième place d'Hülkenberg lors de la première étape en Australie est un trompe-l'oeil : Kick Sauber attendra huit courses et le Grand Prix d'Espagne pour finir à nouveau dans les points. Depuis, elle n'a plus quitté le top 10. Hülkenberg non plus. Et ce long chemin les a menés jusqu'au podium. Le premier depuis 2012 pour Sauber, remonté au 6e rang des Constructeurs. Le premier, tout court, pour l'increvable Hülk : "Ca faisait longtemps qu'on l'attendait, n'est-ce pas ? J'ai toujours su que nous en étions capables, que je l'avais en moi." C'est l'histoire d'un pilote qui n'a jamais abandonné.
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