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Pilote "zéro faute", contrat blindé : pourquoi Lando Norris n'a plus de limite chez McLaren
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Publié 06/05/2024 à 11:58 GMT+2
Pour McLaren et son patron Zak Brown, ce n'était qu'une question de temps. Que Lando Norris a trouvé long. Après 15 podiums, l'Anglais de 24 ans a franchi pour la première fois une ligne d'arrivée en vainqueur, dimanche. L'aboutissement d'un long processus depuis son intégration au vivier de jeunes pilotes de Woking, en 2017. Une réussite qui doit un peu à la chance mais rien au hasard.
La consécration Norris : Une pépite 100% McLaren
Video credit: Eurosport
Il a lancé en l'air son trophée floridien à la manière d'un Lewis Hamilton qui a perdu la main depuis un bon moment. On ignore s'il a devant lui sept titres de champion du monde et 103 victoires, mais il tient sa première, "enfin !", comme il l'a dit dans un soupire de libération dimanche, à l'arrivée de Grand Prix de Miami. Sans, étrangement, verser complètement dans cette euphorie qui accompagne souvent les nouveaux vainqueurs en Formule 1.
Il a été applaudi par son pote Max Verstappen et son compatriote Lewis Hamilton dans le tour d'honneur, une sacrée reconnaissance. "Aux anges", il a sauté dans la foule de ses mécaniciens dans le parc fermé. Il a été porté en triomphe par tous ses équipiers. Il a reçu les chaudes félicitations de son directeur chez McLaren, Zak Brown. Mais la suite a été presque sobre en regard de ce que l'on pouvait attendre de la part de cet exubérant, jamais à court d'un mot grossier. Qui fut d'ailleurs son premier - "P…" - lorsque Jenson Button, champion du monde 2009 et ex-pilote de Woking, a recueilli sa première réaction.
Le natif de Bristol, pilote de l'élite depuis 2019, commençait à trouver le temps long. "C'est ma saison la plus difficile, avait-il confié l'été dernier. J'ai progressé et j'ai goûté à cette gloire et aux podiums, puis j'ai rechuté. Je veux vraiment gagner mais ça me semble encore si loin. Quand je ne suis pas près des points, je dois encaisser. Quand j'y pense, je me dis : 'Bon sang, ça fait cinq ans !' Ça passe vite, et j'arriverai à dix (saisons) sans m'en rendre compte. Et je ne voudrais alors pas en être au même point."
Lando Norris, 24 ans, a donc patienté jusqu'à sa sixième saison, sa 110e course pour devenir le 114e pilote consacré en Grand Prix, le 21e sujet de sa Majesté. Pas de quoi en faire un cas exceptionnel pour son pays, qui a porté 178 pilotes sur les pistes de F1, pour 20 titres Pilotes et 309 victoires. Une sorte de banalité dont on ne s'extrait pas facilement.
Gosse de riche
Malgré un talent reconnu, il a eu à affronter le préjugé. En karting, dans les formules de promotion, il est étiqueté "fils à papa". C'est confortable d'avoir un père (Adam, gestionnaire de pensions de retraite) dont la fortune se situe autour des 500 plus importantes du Royaume-Uni, mais cela comporte aussi des inconvénients. Du moment que McLaren n'y prend garde, il continue d'avancer droit dans ses bottines. Et lorsqu'il arrive à Woking, Zak Brown le lance dans le grand bain en 2019 sans se poser de question. Ni prêter attention à son curieux palmarès en Formule 2 : un statut de vice-champion avec une victoire, une pole position et un meilleur tour lors de la première course et… plus rien.
Lando Norris débarque à ce statut de gosse de riche et de pilote épicier qu'il va s'évertuer à gommer petit à petit. A coup de rushs saisissants en fins de courses. Très populaire sur les réseaux, il confie après la pandémie de Covid ses problèmes de santé mentale : "Je vais beaucoup mieux maintenant qu'il y a deux ans. Je profite beaucoup plus de la vie. Je ne suis plus toujours en train de m'inquiéter, de penser, de paniquer." Pression de la compétition, rythme de vie, peur d'être sorti du système : beaucoup de jeunes sont passés par là et n'en sont pas revenus.
Contrat verrouillé
Il a effectivement été éclipsé par son pote Alexander Albon pour le titre de "Rookie Of The Year 2019" mais McLaren se fie à ses stats : l'égal de Carlos Sainz en qualification (10-10 en 2019, 9-8 en 2020), nettement meilleur que Daniel Ricciardo (15-7 en 2021, 19-3 en 2022), il devient le véritable pilier des Oranges. Avec ses faiblesses encore, parfois. En pole position en Russie en 2021, la peur de perdre le saisit le dimanche : en tête, il reste en piste sous l'orage dans les derniers tours. Un fiasco qui ne change rien : Zak Brown l'a resigné depuis des mois, jusqu'en 2025. Avec "zéro clause de sortie dans son contrat", tient à faire savoir Zak Brown. Un message envoyé à Toto Wolff, le patron de Mercedes.
"Il est incroyablement rapide, justifie le manager de Woking. Il s'en sort tout le temps en qualification : il peut enchaîner les tours, il commet rarement des erreurs. C'est le pilote 'zéro faute'. Avec l'expérience acquise et la maturité qu'il affiche maintenant, il va vraiment briller dans un futur proche." Visionnaire, Brown a encore eu raison de le resigner début 2024, pour trois ans. Un plan définitivement validé dimanche, qui met la pépite à l'abri des convoitises de Red Bull, qui pense à lui depuis un moment pour l'après-Max Verstappen.
"Ça faisait longtemps qu'on l'attendait", a déclaré Zak Brown, à Sky Sports, dimanche. C'est une victoire très populaire parmi les fans, les pilotes…, (à voir) combien de pilotes se sont approchés de lui et l'ont félicité ! Comme vous le savez, construire ces équipes de Formule 1 teams pour gagner, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Voir d'où nous avions commencé l'an dernier et voir où nous sommes passés est juste sensationnel, cela a été un travail d'équipe."
Porté par la foi du vainqueur du jour, fidèle à McLaren jusqu'en 2027. "Beaucoup de gens ont parlé sur moi et ont pu douter de moi tout au long de mon parcours. J'ai fait des erreurs au cours de mes cinq dernières années, de ma courte carrière. Aujourd'hui, tout a fonctionné, et tout le mérite revient à l'équipe. Je suis resté chez McLaren car j'avais toutes les raisons de croire en eux. Cette journée a montré que c'était le bon choix." Et de rappeler, un peu plus tard : "J'ai dit au début de l'année que nous pouvions gagner des courses."
Comme souvent, le paddock a accueilli à bras ouverts le nouveau membre des vainqueurs en Grand Prix. Et Charles Leclerc est peut-être celui qui lui a rendu le plus bel hommage, au terme d'un week-end bien rempli, juste ponctué par un coup de pouce de la voiture de sécurité. "Je suis très heureux pour Lando, il mérite sa victoire, a déclaré le Monégasque de Ferrari. Il est souvent passé près, et pour une raison ou une autre il n'avait pas réussi. Il a fait un très très bon travail. Déjà en Q2, il a fait un truc vraiment génial lors d'un tour. Je me suis dit : 'Whaou ! Il est vraiment très bon là !' Il mérite vraiment sa victoire."
Lando Norris restera celui qui a fait tomber Max Verstappen debout. Et l'effort réalisé par McLaren d'installer une dizaine de nouveautés au cœur d'un format sprint, témoigne de l'appétit de l'équipe à contester de plus en plus la suprématie de Red Bull. Il faut encore des circonstances dans un proche avenir, mais on sait que le n°4 mondial anglais sera là, prêt à saisir la moindre opportunité.
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Lando Norris (McLaren), vainqueur à Miami.
Crédit: Getty Images
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