Formule 1 l Lewis Hamilton, la lune de miel chez Ferrari est terminée
Eurosport sur GoogleL'euphorie est retombée pour de bon. Arrivé dans la liesse générale à Maranello, Lewis Hamilton connaît déjà ses premières turbulences chez Ferrari, au point que la presse italienne se demande si ce mariage avait finalement lieu d'être. Si le pilote britannique a tenté de calmer la tempête après Miami, son comportement parfois virulent interroge.
"En Italie, on se pose la question du bien-fondé du transfert d'Hamilton"
Video credit: Eurosport
On ne parlera pas de crise de couple. Pas encore. Mais après l'idylle des premiers mois, passée à se découvrir, se cajoler et se chérir, la relation entre Lewis Hamilton et la Scuderia Ferrari a soudainement perdu de sa superbe. Qu'il semble loin ce temps où le mariage du siècle était célébré à Milan, près du célèbre "Castello Sforzesco", par des milliers de personnes en liesse, qui n'avaient alors d'yeux que pour le roi britannique, délaissant presque le petit prince Charles Leclerc.
L'excitation de la nouveauté. "Fais-nous gagner le titre", s'exclamait la foule à l'époque, rêvant ainsi de voir "LH44" ramener enfin le titre à Maranello. Pour ses premiers tours de piste à Fiorano, les tifosi n'avaient pas hésité à arriver à l'aube, rejoignant ceux qui s'étaient décidés à dormir sur place. Tout était beau. Un peu trop ? Peut-être.
Car depuis, la SF-25 est passée malheureusement par là. Il y a bien eu cette éclaircie en Chine, c'est vrai, avec la première victoire d'Hamilton en rouge lors de la course sprint. Et même une honorable troisième place dans cette même épreuve le week-end dernier à Miami. Mais globalement, la Scuderia déçoit à tous les niveaux. Charles Leclerc, qui a toujours des ambitions de couronne mondiale, ne pointe qu'à la cinquième place du classement des pilotes (53 pts), loin derrière Lando Norris et ses 131 points. Son coéquipier, lui, est encore plus loin, septième avec seulement 41 points au compteur. Il y a toutefois une différence entre les deux, et elle marque grandement la presse italienne : le comportement. Si le Monégasque connaît parfaitement une maison où il habite depuis maintenant sept ans, le Britannique peine à trouver ses marques.
Un feeling à trouver avec Adami
"Les difficultés d'adaptation et surtout les carences techniques de la monoplace peuvent se régler, notamment avec les nouveautés attendues à Imola (...) Mais comment Hamilton trouvera les paroles pour le dire ?, s'interrogeait le quotidien généraliste La Repubblica mardi. Leclerc connaît le vocabulaire de la Scuderia, Lewis peine à l'apprendre." Et cela se ressent notamment sur sa relation directe avec son nouvel ingénieur Riccardo Adami. Les deux travaillent certes depuis peu ensemble, mais "LH" ne s'est pas montré très tendre dans ses communications en ce début de saison. Lors de la première course, à Melbourne, il avait notamment réclamé d'être laissé en paix par son ingénieur qui lui conseillait l'utilisation de certains outils.
Puis tout a fini par exploser dimanche dernier, où le Britannique s'en est pris plus globalement à son box. "Je vais rester assis là toute la course ?", lâchait-il à la mi-course, alors qu'il estimait être plus rapide que son coéquipier Charles Leclerc placé juste devant lui. "C'est un mauvais travail d'équipe !", balancera-t-il un peu plus tard après le refus de son muret de l'écouter. Enfin, ultime attaque en fin de Grand Prix au moment où Carlos Sainz se rapprochait dangereusement : "Je dois le laisser passer, lui aussi ?"
Alors oui, Hamilton a tenté de dégonfler la polémique après la course. Il est vrai que l'adrénaline d'un pilote peut parfois pousser à dégoupiller assez rapidement, sans oublier que sa relation avec Adami est à ses débuts, ce qui nécessite forcément un temps d'adaptation. Mais l'attitude de septuple champion du monde crispe de l'autre côté des Alpes.
"Il n'y a pas encore de feeling, déplorait encore le quotidien généraliste italien. La monoplace est problématique, mais le septuple champion du monde l'est encore plus. Leclerc est parvenu non sans mal à ressortir quelque chose de la SF-25 (...) Hamilton continue de se battre avec (...) On ne parlera pas de crise de couple, mais simplement qu'il ne s'agit pas encore d'un couple."
"Je ne me souviens pas d'un désastre pareil, expliquait cette semaine l'ancien directeur sportif de la Rossa Cesera Fiorio dans le quotidien Libero, défendant dans la foulée l'ancien pilote Mercedes. Hamilton ? Un pilote de 40 ans qui a gagné 7 titres et qui s'assoit dans une monoplace qui n'avance pas a le droit de dire ce qu'il pense. Il sait ce qu'il faut faire dans les moments délicats de la course. Il avait les bons pneus pour remonter jusqu'à la 4-5e place, mais la réponse du box est arrivée trop tard, ils lui ont fait perdre le bon moment. Le chaos règne. Hamilton a ironisé quand il devait le faire (...) Il avait raison. Le responsable de tout ça est Frédéric Vasseur."
Il ne valait mieux pas recruter Verstappen ou Antonelli ?
Du côté de La Gazzetta dello Sport, le principal quotidien sportif en Italie, on s'est même interrogé sur le bien fondé du transfert d'Hamilton chez Ferrari : "Il ne valait mieux pas recruter Verstappen ou Antonelli ?", s'est questionné le quotidien aux pages roses, bluffé par la progression du jeune pilote transalpin chez Mercedes. C'est presque la seule satisfaction de ce début d'exercice 2025 en Italie.
"Cela ne va pas très bien pour l'instant, écrivaient nos confrères lundi à propos du Britannique, lui attribuant un triste 5,5/10 après les polémiques de Miami. Leclerc donne tout ce qu'il a, Hamilton reste un point d'interrogation (...) Le doute est que ce mariage ne soit pas vraiment équilibré. L'Anglais avait plus besoin de ce transfert et sa vision, vu l'âge, ne peut être que sur du court terme. Ferrari, en revanche, devait se baser sur le moyen-long terme, et elle aurait donc dû attendre pour recruter Verstappen (...) Autrement, cela aurait été si beau de voir Kimi (Antonelli) en rouge..."
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Lewis Hamilton au GP de Miami 2025
Crédit: Getty Images
De son côté, Hamilton reste persuadé d'avoir fait le bon choix. Du haut de sa grande expérience, le quadragénaire en a trop vu pour tomber dans des conclusions trop hâtives. Après le dernier GP, il fut le premier à ramener tout le monde au calme, même son patron Frédéric Vasseur.
"Fred est venu dans ma pièce. J’ai juste posé ma main sur son épaule et je lui ai dit : ’Mec, calme-toi. Ne sois pas si susceptible’. J’aurais pu dire des choses bien pires à la radio. On entend des choses que d’autres ont dites par le passé, parfois avec sarcasme. Écoutez, il faut comprendre qu’on est sous une pression énorme dans la voiture. On n’entend jamais les messages les plus calmes dans le feu de l’action. Et oui, c’était bien de discuter. On s’est dit qu’on allait devoir digérer…", a-t-il révélé. Ils ont même une quinzaine de jours pour le faire, avant le retour à la "casa", à Imola.
Ce sera l'occasion de prendre le pouls des tifosi, dont les rêves de titre(s) se sont envolés aussi vite que les McLaren dimanche dernier. "La monoplace est embarrassante, les pilotes sont mécontents et polémiques, il manque des consignes claires (...) Maranello est en plein chaos, de quoi ruiner l'imaginer de la marque italienne la plus populaire du monde", concluait, amer et sans concession aucune, le quotidien Libero.
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