Formule 1 - Grand Prix de Monaco : Max Verstappen s’est ennuyé au volant d'une Red Bull capricieuse
Par Maxime Claudel
Publié 26/05/2024 à 19:11 GMT+2
Max Verstappen a terminé le Grand Prix de Monaco à une pénible sixième place, ce dimanche, pendant que les deux McLaren et les deux Ferrari ont confirmé leur montée en puissance. Au volant d’une Red Bull incapable de bien gérer les bosses et les passages sur les vibreurs, il a vécu une course ennuyeuse et entrouvert une brèche dans laquelle s’engouffrer pour ses adversaires.
Max Verstappen (Red Bull) lors du Grand Prix de Monaco, dimanche 26 mai 2024.
Crédit: Getty Images
L’an dernier, Max Verstappen était à la place de Charles Leclerc, sur la plus haute marche du podium. Une autre époque. Aujourd’hui, le pilote néerlandais doit se contenter d’une sixième place anonyme, lui qui a ruiné tout espoir de bien figurer après avoir touché le mur lors de sa deuxième tentative en Q3. En délicatesse avec sa Red Bull le vendredi, il avait connu un petit sursaut le samedi, qui ne s’est donc pas confirmé le dimanche alors qu’il ne s’attendait à rien. Vainqueur de cinq courses cette année, Max Verstappen conserve la tête du championnat avec un matelas de 31 points sur Leclerc, mais ses dernières sorties sont bien moins souveraines qu’en 2023, quand il dominait implacablement. À tel point qu’on est de plus en plus prêt à affirmer que le triple champion du monde en titre a bien fait de faire le plein tant qu’il le pouvait.
Le fait est que sa Red Bull est bien moins impériale et, surtout, moins facile à dompter, face à une concurrence qui monte en puissance, que ce soit Ferrari ou McLaren. La monoplace, capricieuse, a du mal à gérer les pistes remplies de bosses et de passages sur les vibreurs, ce qui est le cas à Monaco. Max Verstappen n’a pas arrêté de s’en plaindre depuis le début du week-end, comparant son expérience de pilotage à un kangourou, tellement la voiture sautille, ou, dans un langage plus technique, à "un kart sans suspension".
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Max Verstappen (Red Bull)
Crédit: Getty Images
Ce souci de conception ne se résoudra pas du jour au lendemain, et pénalisera Verstappen sur les circuits où le revêtement est imparfait. Où il aura du mal à trouver l’équilibre et les réglages pour tirer la quintessence de sa monoplace. Son talent peut compenser, mais ne fera pas toujours de miracle. D’ailleurs, à Monaco, son hégémonie en qualification s’est terminée. Il avait signé les sept premières pole positions de la saison.
Verstappen a comparé sa Red Bull à un kangourou
La course de Verstappen ne s’est pas arrangée non plus après le drapeau rouge, brandi dès le premier tour en raison de l’accrochage impressionnant entre Sergio Pérez, son coéquipier, et Kevin Magnussen. Il a permis aux hommes de devant de repartir en pneus durs pour ne pas avoir à signer d’arrêt au stand, alors que lui, d’abord parti en durs, a dû prendre les médiums pour calquer sa stratégie, articulée autour d’une course à l’économie pour tout le monde. Il a même failli se faire "undercut" par Lewis Hamilton après un arrêt gratuit. "Le drapeau rouge a détruit toute sorte de stratégie… On s’ennuie vraiment ici", a-t-il réagi à la radio. Il a même demandé à son stand si personne ne s’était endormi, avec l’arrogance qu’on lui connaît. Quand il ne peut pas attaquer, Verstappen s’endort.
La chance pour le Néerlandais ? Le prochain rendez-vous, programmé au Canada dans quinze jours, s’articule autour d’un circuit qui a eu droit à un resurfaçage. Sur le papier, il devrait donc être débarrassé des imperfections susceptibles de faire rebondir la Red Bull. Paradoxalement, un rebond est attendu pour le Néerlandais, qui n’est pas aidé par un Pérez invisible et une écurie dont les coulisses sont très agitées. Le chemin vers un quatrième sacre paraissait tout tracé. Il est semble-t-il de plus en plus sinueux.
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