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Grand prix de Monaco | Erreurs en pagaille, jamais vainqueur : qu'est-ce qui coince pour Charles Leclerc ?
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Publié 22/05/2024 à 23:38 GMT+2
"National" de l'épreuve mais toujours pas maître des lieux : Charles Leclerc (Ferrari) collectionne les contrariétés, victime de ses erreurs ou de celles aux allures de fiasco de son équipe, depuis qu'il court en Formule 1 chez lui, à Monaco, et même avant. Chaque année, on se dit que c'est la bonne…
Drapeau bleu : Enjeu crucial à Monaco
Video credit: Eurosport
La malédiction ne dure qu'un temps et l'échec finit forcément par livrer une autre lecture des événements. Charles Leclerc court après une victoire dans son Grand Prix national qui le fuit depuis toujours. Perçu comme un éternel malchanceux en Principauté, il a parfois eu sa part de responsabilité dans ce manque de réussite.
Déjà, en Formule 2
Qu'est-ce qui coince pour "Charlot" à Monaco ? C'est bien la question. Le petit prince n'y a jamais triomphé, même en catégorie mineure. Même lorsqu'il planait sur le peloton des aspirants à la Formule 1. L'année de son titre en Formule 2, en 2017, il reconnaît un manque d'opportunisme lors de la course longue. Auteur de la pole position, il se précipite au stand lors de la deuxième neutralisation, alors que ses trois poursuivants restent en piste. Mauvaise pioche : "Mais après mon arrêt, j'étais coincé derrière elle. Puis j'ai perdu du temps parce que j'ai hésité à réagir au feu vert et à doubler le safety car, relate-t-il dans sa chronique de l'époque pour motorsport.com. C'est ma faute et je vais travailler pour être un peu mieux préparé vis-à-vis de la réglementation."
Le règlement sportif est un moyen de tirer son épingle du jeu, effectivement, et s'il n'a plus aucune chance de monter sur le podium, un coup du sort l'oblige à rentrer pour de bon. "Après l'arrêt au stand, la roue avant gauche bougeait comme si elle n'était pas attachée correctement. Nous avons donc dû retourner au stand pour abandonner", conclut-il, fataliste. Double coup du sort et double peine : la grille de la course sprint reprend le résultat de la course principale et lui interdit de fait autre chose qu'un top 10. Qu'il n'atteint pas à cause d'un accrochage avec Norman Nato. Ses précédentes attaques sur trois adversaires à La rascasse ont fait "mouche" mais le Français ne l'a pas vu.
Pas de quoi prendre en grippe "son" circuit. "J'adore les circuits urbains en général", souffle-t-il à nos confrères. Cependant, sa première à domicile en Formule 1 ne se passe bien non plus : rupture de disque de frein avant-gauche en pleine bataille pour la 11e place, au 71e des 78 tours. Mais ça ne change rien non plus de Sauber à Ferrari. Au contraire : la Scuderia fait preuve de suffisance en ne prévoyant qu'un run pour lui en Q1. La piste gagnant en grip, les Rouges font ressortir son coéquipier Sebastian Vettel juste à temps pour passer le cut, et l'amélioration des chronos le laissent à quai… Personne n'a jamais gagné sur le Rocher en partant 15e et cette stat suffit sûrement à expliquer sa prise de risque démesurée le dimanche. Il piège bien Lando Norris (McLaren) à l'épingle, Romain Grosjean (Haas) à la Rascasse mais il n'a pas la place de s'infiltrer entre Nico Hülkenberg (Renault) et le rail au même endroit.
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L'imbroglio Leclerc lors de la qualification à Monaco aurait pu être évité avec une "super pole"
Video credit: Eurosport
"Tout était super brouillon"
Difficile de forcer le destin dans l'exiguïté métallique, de jouer les funambules très longtemps… Plus douloureux encore de renoncer à prendre le départ de la pole position… C'est ce qui lui arrive en 2019. Détenteur du meilleur temps en Q3, il tape dans son dernier run, casse sa suspension avant et, surtout, sa boîte de vitesses. Un dommage qu'il ne découvre que lors de son tour de mise en pré-grille… Un cri de dépit et une déception sans commune mesure avec le summum de l'écœurement de 2021. Poleman et leader confortable… jusqu'à la pluie et le naufrage stratégique. Atermoiement, ordre et contrordre de rentrer, passage suicidaire aux "intermédiaires"…
"Tout était super brouillon", lâche-t-il, "dégoûté", sur Canal+. "On avait tout pour gagner et on l'a foutue (la victoire) à la poubelle. Ça fait mal encore une fois à la maison", dénonce-t-il dans une colère froide. On peut cependant se demander si, dans ces circonstances-là, il n'a pas manqué l'occasion de prendre le leadership, d'être directif sur ses choix. Car il avait vu juste sur l'évolution de la piste et le retour au "slick".
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Charles Leclerc (Ferrari) au Grand Prix de Monaco 2021
Crédit: Getty Images
2023, l'erreur impossible
Le problème reste que chez Ferrari, Mattia Binotto ne sait rarement choisir entre ses pilotes, et surtout pas dans cet environnement spécifique de Monaco où un sacrifice s'impose parfois. Et en ce 29 mai 2022, le local n'a toujours pas voix au chapitre. Il mène, on pense que son jour est enfin venu, jusqu'à un nouveau cafouillage du muret. Appelé par erreur devant son garage, il doit patienter de longues secondes derrière son coéquipier, Carlos Sainz, et se contenter de la quatrième place…
Mais Ferrari n'est pas toujours à incriminer, et s'il loue sa connaissance des lieux, Charles Leclerc tombe dans un piège un peu bête lors de l'édition 2023. En Q3, il musarde dans le tunnel quand Lando Norris (McLaren) lui tombe dessus. Celle-là, il ne l'a jamais faite… Mais s'il avait de faibles chances de victoire de la troisième place sur la grille, ses possibilités sont quasiment réduites à néant avec une pénalité de trois positions. Et comme une histoire écrite à l'avance, une malédiction qui le poursuit, la pluie - encore elle ! - s'en mêle le dimanche, et l'indécision stratégique dont Maranello fait preuve finit de remettre ses espoirs à l'année suivante. Jusqu'à quand ?
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