Interview Eurosport I Giancarlo Fisichella : "Kimi Antonelli (Mercedes) peut vraiment faire de belles choses"
Eurosport sur GoogleL'Italie attendait ça depuis maintenant deux décennies. Dimanche dernier, en s'imposant lors du Grand Prix de Chine, Kimi Antonelli est devenu le 16e pilote italien à inscrire son nom au palmarès des vainqueurs d'une course en F1. Le dernier avant lui ? Giancarlo Fisichella... en 2006. L'ancien pilote de Benetton, Renault ou encore Ferrari a accepté d'évoquer ses souvenirs pour Eurosport.
Russell-Antonelli, rivalité pour le titre: "Au fond d'eux, ils savent que cette échéance va arriver"
Video credit: Eurosport
On vous doit la vérité. Quand nous avions contacté Giancarlo Fisichella le 3 mars dernier, avec pour objet "les vingt ans de la dernière victoire d'un pilote italien en F1", nous n'avions pas vraiment prévu que Kimi Antonelli vienne bouleverser nos plans en remettant les compteurs à jour en s'imposant en Chine dès la deuxième course de la saison. Bien fait pour nous.
Au vu de l'ultra-domination des Mercedes en Australie une semaine plus tôt, le risque était quand même présent, non ? Et dire que lorsque "Fisico" s'est imposé en Malaisie, le 19 mars 2006, Antonelli, lui, devait encore naître... Deux décennies plus tard, celui qui a désormais 53 ans avait d'ailleurs eu le nez fin au moment de notre entretien, puisqu’il imaginait bien le jeune pilote Mercedes lui succéder au palmarès, pour ainsi mettre fin à cette disette longue de deux décennies. Même s'il n'avait probablement pas tablé sur le fait qu'il le fasse aussi rapidement. Un peu comme nous, finalement...
Vous attendiez-vous à une disette aussi longue sans victoire en F1 d'un pilote italien ?
Giancarlo Fisichella : Disons que d'un côté, c'est toujours une satisfaction d'être dans l'histoire et d'avoir gagné des courses en F1. De l'autre, vingt ans quand même... Ce n'est pas très glorieux et ça fait beaucoup. J'espère que Kimi Antonelli, qui est actuellement dans une grande écurie, pourra me succéder le plus tôt possible (ce qu'il a fait en Chine, ndlr). Je pense qu'il a les capacités pour faire vraiment de belles choses. Une disette de deux décennies sans la victoire d'un pilote italien, c'est beaucoup trop.
Mais comment l'expliquez-vous ?
G.F : Ce n'est pas facile, vous savez... Les places sont chères en F1. Aujourd'hui, la grille compte 22 pilotes. Après moi, il y a eu Liuzzi, Giovinazzi, mais ces pilotes n'ont malheureusement pas eu la monoplace pour gagner et montrer toutes leurs capacités. Je le répète, les jeunes pilotes ont du mal à arriver en F1. Je mise beaucoup sur Antonelli et sur plusieurs jeunes qui commencent à émerger dans les différentes catégories mineures. Moi, je possède une académie de pilotes qui vont courir en F3 cette saison.
L'Italie peut donc être optimiste pour la suite ?
G.F : Oui, il y a pas mal d'espoir. Il faut toujours de l'optimisme.
Quels souvenirs avez-vous de cette victoire en Malaisie, au volant de votre Renault, il y a maintenant vingt ans ?
G.F : C'était un week-end parfait, avec une pole position et une course en tête du premier au dernier tour. Et puis la Malaisie a toujours été un circuit difficile, complet. En tout cas, le plus compliqué physiquement et au niveau de l'humidité. Je me souviens que tenir la tête du début à la fin fut terriblement compliqué d'un point de vue mental. C'était comme avoir enchaîné trois courses à la suite, chaque tour ressemblait à un Grand Prix entier. Mais j'étais en forme physiquement et mentalement, et je n'avais pas commis la moindre erreur. C'est ce qui m'a emmené vers la victoire. En plus, c'était une course importante pour moi et pour l'écurie. On avait signé un doublé avec la deuxième place de Fernando (Alonso).
Vingt ans plus tard, lui est toujours sur la grille... Vous vous y attendiez ?
G.F : Pas vraiment, je ne pensais pas qu'il resterait aussi longtemps et surtout à ce niveau. C'est l'un des meilleurs pilotes du monde, non seulement pour son expérience mais aussi ses capacités de pilote. Je ne suis pas surpris non plus. Espérons qu'il signe une belle saison avec Aston Martin, même si ça s'annonce difficile. On verra ensuite s'il décide d'arrêter ou non au terme de cette saison qui est celle des grands changements.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/03/17/image-54b681a5-4879-4ac2-bc00-9bfe2f42982d-85-2560-1440.jpeg)
"De championne du monde à challenger" : Qu’est-ce qui cloche chez McLaren ?
Video credit: Eurosport
À ce propos, que pensez-vous de cette nouvelle génération de F1 ?
G.F : C'est vrai qu'il y a beaucoup de nouveautés cette année, et certains pilotes ne sont pas vraiment contents. Nous verrons à quoi ressembleront les premières courses. C'est là que nous pourrons jauger les écuries, les pilotes, les monoplaces...
La disparition du moteur Renault ? Cela n'a pas de sens
Quels souvenirs avez-vous de Flavio Briatore, qui a fait son come-back dans le paddock avec Alpine ?
G.F : Il a été très important pour moi. C'est lui qui, en 1997, a voulu me faire signer un contrat avec Benetton. Avant de m'envoyer chez Jordan puis me faire revenir. De 2005 à 2007, il m'a de nouveau appelé, cette fois chez Renault. Il y a toujours une relation d'amitié et de collaboration. C'est une personne qui a beaucoup donné à la F1, et qu'on retrouve maintenant chez Alpine. C'est quelqu'un qui a laissé une trace dans ce sport.
Avez-vous été triste en apprenant la disparition du moteur Renault en F1 ?
G.F : Oui. Une équipe comme Renault, qui est désormais Alpine, doit courir avec son propre moteur. Cela n'a pas de sens, même si ce sont des décisions prises en interne et elles sont certainement motivées par diverses raisons. Mais Renault est une équipe historique de la F1, des années 70 pour arriver jusqu'à notre époque, la mienne aussi, où on a tout gagné. Ça aurait été beau de la voir exister encore.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/03/18/image-137e3c29-d5e9-4c54-b545-997a1669e28d.jpeg)
Giancarlo Fisichella sul le podium au Canada, en 2000.
Crédit: Getty Images
Peut-on comparer Max Verstappen à Michael Schumacher, que vous avez connu et côtoyé ?
G.F : Ce sont deux pilotes de deux générations différentes et des monoplaces différentes. On peut peut-être plus le comparer à Lewis Hamilton, qui a gagné le même nombre de championnats du monde (7). Mais Max, c'est un pilote extraordinaire, de ceux qui font vraiment la différence. Même avec une voiture moyenne, il peut obtenir des résultats inattendus. Il a parfois gagné en étant loin d'être favori. Il sera toujours là à se battre, même handicapé par sa monoplace.
La Scuderia Ferrari peut-elle rêver de ramener enfin un titre à Maranello qui manque depuis 2008 ?
G.F : Les tests hivernaux ont été encourageants. On verra bien ce qu'il se passe cette année, mais espérons !
Sur le même sujet
Publicité
Publicité
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/11/13/image-5cd09111-6363-41cb-85a6-74092166487e-68-310-310.jpeg)