Grosjean : "Un rêve"

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Sacré champion de GP2 en 2011, Romain Grosjean a justifié la confiance placée en lui par Eric Boullier, son mentor et directeur d'écurie chez Lotus. Loin des circonstances de 2009 chez Renault, il retrouve les GP avec beaucoup de détermination et d'enthousiasme.

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ROMAIN GROSJEAN, en 2009, votre promotion en Formule 1, en cours de saison, avait été improvisée. Vous n'étiez pas non plus bien préparé...
R.G. : C'est certain que lors de ma première arrivée en F1, en 2009, je n'ai pas fait que des choses bien ; j'ai fait des erreurs. J'ai appris de mes erreurs, ce qui a été très positif pour le reste de ma carrière. On va regarder sur 2012, se focaliser sur l'avenir, sur une belle aventure qui peut se créer avec Lotus. Une aventure humaine que j'ai envie de vivre.
En 2009, Flavio Briatore voulait surtout un pilote n°2, en appui de Fernando Alonso. Eric Boullier vous a remis le pied à l'étrier. Il vous offre un statut de co-n°1 et, par son discours, injecte sans arrêt beaucoup de confiance…
R.G. : Oui. La confiance est très importante dans ce métier : celle qu'on peut avoir dans sa voiture, son team manager, son équipe. Aujourd'hui, cette confiance est plutôt très bonne. J'ai passé beaucoup de temps, en janvier, à Enstone, pour être avec chacun. Cinq cents personnes travaillent pour nous, c'est assez monstrueux. Si on gagne, on est 500 sur la première marche du podium, si ça ne se passe pas bien, on est 500 à avoir un moment difficile. C'est un travail d'équipe, dans la voiture, on est loin d'être tout seul.
Flavio Briatore et Eric Boullier, deux personnalités aux antipodes…
R.G. : Ils ont deux personnalités très différentes. J'adore travailler avec Eric. Il a su venir me chercher quand j'étais dans une phase un petit peu plus difficile et me faire signer avec Gravity (ndlr : la structure de management de pilotes de Gérard Lopez). Il y a une belle histoire qui peut se créer.
Vous vous retrouvez avec un autre coéquipier champion du monde, Kimi Räikkönen. On l'avait défini comme quelqu'un de réservé, qui ne parle pas beaucoup.
R.G. : Le principal est que l'on travaille main dans la main pour amener l'équipe au plus haut niveau, qu'on développe cette voiture ensemble. Il a énormément d'expérience en F1, c'est une bonne chose pour l'équipe, pour moi. Si chacun y met du sien, on peut arriver à quelque chose d'extrêmement sympathique.
Avez-vous les mêmes sensibilités, les mêmes demandes en tant que pilotes ?
R.G. : Les premiers tests ont montré que les réglages de voitures sont assez similaires. C'est une bonne chose pour l'équipe : ça permet de travailler dans la même direction.
Lors de votre signature, l'hypothèse d'un retour de Robert Kubica, en cours de saison 2012, planait… Elle s'est dissipée depuis. Vous partez pour 20 Grands Prix…
R.G. : On part pour 20 Grands Prix et j'espère pour bien plus. J'ai vraiment envie de construire quelque chose avec cette écurie qui a l'objectif d'être champion du monde en 2015.
Avoir de grands objectifs, c'est consentir des sacrifices, se priver de certaines choses. Etre très disponible, dévoué à l'équipe. A-t-on encore du temps pour soi ?
R.G. : Il faut garder un peu de temps pour soi, c'est essentiel. Ça me permet d'être bien meilleur au volant. Une petite journée de repos, ça fait du bien. Maintenant, c'est vrai qu'on a des emplois du temps assez chargés. Il y a beaucoup de demandes, mais depuis que j'ai été titularisé le 9 décembre dernier, je vis un rêve. Chaque moment est assez spécial, que ce soit les interviews, les journées pour les sponsors, les moments dans le voiture, les journées de travail à l'usine. Tout est tourné au positif.
Combien met-on de temps pour se remettre, physiquement et mentalement, d'un Grand Prix ?
R.G. : A la fin d'un Grand Prix, c'est sûr qu'on est assez fatigué. Il a fallu de la concentration, un effort physique assez intense aussi. Mais des Grands Prix s'enchaînent d'une semaine sur l'autre, et il ne faut pas prendre trop de temps pour la récupération. Si on s'octroie le dimanche soir et un lundi un peu tranquille, on peut repartir le mardi à l'entraînement léger pour être de retour aux affaires le mercredi.
La E20 s'est montrée rapide, performante et constante aux essais…
R.G. : La E20 est bien née. Je repars dans une nouvelle ère chez Lotus. La voiture est saine, on peut lui faire confiance, c'est agréable. La relation avec mon ingénieur est là, la relation avec ma voiture aussi.
Avez-vous gardé une petite habitude avant de monter dans cette voiture, en essais ou en course ?
R.G. : J'avais beaucoup de superstitions étant jeune. Elles sont parties. J'ai juste des habitudes, comme m'habiller toujours de la même façon ou monter du côté droit.
La France de la F1 revit, avec vous, Jean-Eric Vergne (Toro Rosso) et Charles Pic (Marussia)…
R.G. : C'est génial pour la France qu'on soit trois. J'espère qu'on aura beaucoup de drapeaux français le dimanche midi pour la parade des pilotes.
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