1991 - Prost : viré


Dès son arrivée, en 1990, le Français rate de peu le titre mais la saison suivante est un cauchemar. L'explication est simple : si la 641 est l'œuvre de John Barnard, l'ingénieur préféré du "Professeur" lors des belles années McLaren, la 642 n'est qu'une malheureuse déclinaison signée Steve Nichols. Pour calmer le son pilote leader, la Scuderia précipite la sortie de la 643, mi-1991. Alain Prost n'est pas convaincu et le ton monte au fil des déceptions. Survient le Grand Prix du Japon, bouclé à une pénible quatrième place avec une machine en panne de direction assistée. Frustré mais aussi cinglant, il explique qu'un camionneur avec de gros aurait fait aussi bien que lui... Ferrari n'attendait que ça pour le virer. Avant la dernière course.

Prost avait-il l'envergure pour faire mieux ailleurs ? Oui.

L'année suivante (1992) : sabbatique pour Prost, désastreuse pour Ferrari.

Encore après : champion du monde en 1993 avec Williams.

Formule 1
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1992 - Capelli : viré

L'Italien se fait remarquer chez March / Leyton House en 1988 et 1990 grâce à une monoplace dessinée par un ingénieur qui gagne à être connu nommé Adrian Newey. Alain Prost limogé tardivement, Ivan Capelli devient le nouveau coéquipier de Jean Alesi. Malheureusement, c'est l'inconstance bien connue de l'Italien, d'un grand prix à l'autre, qui apparaît. En 1990, il n'avait pas été capable de se qualifier au Mexique et avait raté la victoire en France de justesse. L'hasardeux projet technique (un double fond-fond) de la F92A le dépasse aussi complètement. Avec une sixième place pour meilleur résultat en Hongrie et un nouvel abandon fautif au Portugal, il est remercié sans grands égards.

Est-ce que Ferrari a bien fait ? Non, car ça pouvait attendre deux Grands Prix. La décision a été guidée par l'orgueil d'une équipe en déliquescence politique, sans repères et sans courage d'assumer un choix sportif jusqu'au bout. Nicola Larini n'a d'ailleurs rien changé.

Capelli avait-il l'envergure pour faire mieux ailleurs ? Non. Bagage technique faible, mental d'outsider.

L'année suivante (1993) : broyé par le débutant Barrichello chez Jordan. Non-qualifié au Brésil, il met un terme à sa carrière après deux gp. Pour Ferrari, la victoire reste inaccessible mais le plus important se trame en coulisses : Jean Todt arrive.

1995 : Alesi remercié

Jean Alesi rêve sans succès en rouge depuis quatre ans déjà quand 1995 tourne à l'exaspération des consignes diffusées sur "radio-Todt". L'Avignonnais gagne au Canada, sans plus de respect de la part de son directeur sportif, qu'il dénonce à sa façon au Grand Prix du Portugal en déclarant : "Le problème de Ferrari, depuis le début de l'année, c'est Jean Todt. Il me casse les couilles." Licenciement sur le champ évité, il reçoit une amende d'un million de franc (150.000€).

Est-ce que Ferrari a bien fait ? Oui. Le divorce était inévitable et Jean Todt avait besoin d'un leader.

Alesi avait-il l'envergure pour faire mieux ailleurs ? Non. Bon pilote, mais jamais reconnu comme autorité technique.

L'année suivante (1996) : aucune victoire et quatre places de deuxième chez Benetton au volant de la descendante d'une machine quasi invincible dans les mains de Michael Schumacher.

Encore après : à peine mieux en 1997. Lente dégringolade chez Sauber, Prost puis Jordan.

1995 : Berger libéré

Gerhard Berger savait qu'il y avait une vie après Ferrari pour avoir piloté en rouge de 1987 à 1989 avant d'y revenir en 1993. Il a remis la rossa en haut d'un podium en 1994 mais il juge avoir fait le tour de la question en 1995. Michael Schumacher arrive et il ne veut pas être un n°2. Il a déjà donné chez McLaren.

Est-ce que Ferrari a bien fait ? La question ne s'est pas posée. L'écurie et le pilote ayant envie de faire autre chose.

Berger avait-il l'envergure pour faire mieux ailleurs ? Non.

L'année suivante (1996) : très décevant chez Benetton.

Encore après : une saison irrégulière en 1997, entre nouvelles déceptions et démotivation. Une victoire quand même en Allemagne.

1999 : Irvine usé

Eddie Irvine trouve ingrat son rôle de n°2 depuis 1996 mais c'est bien pour ça qu'il est venu et qu'il est grassement rémunéré ! C'est aussi assez étonnant, mais il l'exprime au moment de lutter pour le titre, suite à l'accident de Michael Schumacher à Silverstone.

Est-ce que Ferrari a bien fait ? Oui. Le Britannique ne voulait plus jouer le jeu.

Irvine avait-il l'envergure pour faire mieux ailleurs ? Non.

L'année suivante (2000) : l'aventure Jaguar.

Encore après : jusqu'au bout du désastre avec le "Big Cat".

2005 : Barrichello usé

Le Brésilien est utilisé pour les mêmes raisons qu'Eddie Irvine, à ceci près qu'il a plus encore l'occasion de gagner. Cependant, Michael Schumacher s'avère solide, infaillible, et la lassitude l'emporte face à un traitement stratégique qui lui est toujours défavorable.

Est-ce que Ferrari a bien fait ? Même réponse que pour Eddie Irvine.

Barrichello avait-il l'envergure pour faire mieux ailleurs ? Non.

L'année suivante (2006) : chez Honda, il rivalise avec Jenson Button mais la malédiction de la saison post-Ferrari frappe encore et ce n'est pas lui qui gagne. Le couple Ferrari/Schumacher encore battu par Renault/Alonso.

Encore après : une occasion unique d'être champion avec Brawn en 2009 mais il reste moins rapide que Jenson Button. Deux années moyennes chez Williams.

2006 : Schumacher fatigué

Michael Schumacher se couvre de gloire en remportant cinq titres (2000-2004) puis se heurte à Fernando Alonso (Renault). Sa retraite lui offre un repos mérité.

Est-ce que Ferrari a bien fait ? Non. Même émoussé, l'Allemand aurait probablement remporté le titre en 2007.

Schumacher avait-il l'envergure pour faire mieux ailleurs ? Impossible vu ce qu'il a accompli chez Ferrari.

L'année suivante (2007) : sabbatique. Mais difficile d'imaginer une vie en dehors de Ferrari, dont il devient le conseiller auprès de Jean Todt. Ferrari titrée avec Kimi Räikkönen.

Encore après : un retour manqué chez Mercedes malgré trois années d'acharnement.

2009 : Räikkönen viré

Kimi Räikkönen a un contrat en main mais Ferrari le dispense de sa troisième année pour faire de la place à Fernando Alonso.

Est-ce que Ferrari a bien fait ? Oui.

Räikkönen avait-il l'envergure pour faire mieux ailleurs ? Non. Il n'a jamais été fédérateur au niveau technique.

L'année suivante (2010) : Ferrari le paie pour rester en dehors des circuits de F1. Il se réfugie en WRC où il multiplie les accidents et résultats décevants, même sur asphalte. Ferrari passe à deux doigts du titre avec Fernando Alonso.

Encore après : un retour remarqué chez Lotus en 2012, même si, comme l'a suggéré Alain Prost, la Lotus valait mieux qu'une victoire par an. Retour manqué chez Ferrari en 2014.

2013 : Massa explosé

Heureux d'apprendre avec Michael Schumacher en 2006, Felipe Massa fait également bonne figure aux côtés de Kimi Räikkönen avant d'être laminé, démoralisé par Fernando Alonso à partir de 2010. En perte de compétitivité, il est libéré fin 2013.

Est-ce que Ferrari a bien fait ? Oui. La décision est même arrivée au moins un an trop tard.

Massa avait-il l'envergure pour faire mieux ailleurs ? Non.

L'année suivante (2014) : chez Williams et "jamais si heureux" selon son manager Nicolas Todt. Ferrari proche du ridicule.

Encore après : Williams en 2015. Une rivalité sans suspense avec Valtteri Bottas, qui a déjà pris le dessus.

2014 : Alonso fatigué

L'Espagnol tourne le problème dans tous les sens pendant cinq ans, voit la couronne de près en 2010 et 2012. Il fait la pluie et le beau temps à Maranello jusqu'au renvoi de son allié, le directeur de la Scuderia, Stefano Domenicali. Puis de son ultime soutien, le président Luca di Montezemolo. Un signal fort pour lui suggérer d'aller voir ailleurs.

Est-ce que Ferrari a bien fait ? Non.

Alonso avait-il l'envergure pour faire mieux ailleurs ? Oui.

L'année suivante (2015) : Il essuie les plâtres du Honda avec force pénalités techniques chez McLaren. Un "GP2 engine" lancé en course à Suzuka ; un summum de l'irrévérence.

Encore après : Deux années supplémentaires de calvaire et une retraite maquillée en année sabbatique.

2018 : Räikkönen vieilli

Kimi Räikkönen n'a depuis un moment que des contrats d'un an comme perspective mais ça ne l'inquiète pas car son pote Sebastian Vettel veille au grain. Sauf qu'à 37 ans, ses performances ne sont plus si tranchantes et qu'un jeune loup monégasque de 20 ans, Charles Leclerc, fait des étincelles dans l'équipe affiliée, Sauber. Sergio Marchione, le président de Ferrari, est persuadé qu'il tient là un authentique espoir maison capable de sortir enfin Sebastian Vettel de sa zone de confort. Le dirigeant meurt mais sa volonté sera respectée : Exit Iceman !

Est-ce que Ferrari a bien fait ? Oui. Surtout après l'année de trop en dépit d'une victoire.

Räikkönen avait-il l'envergure pour faire mieux ailleurs ? Non.

L'année suivante (2019) : Son objectif est de reproduire les performances de Charles Leclerc mais il n'y parvient pas. Pire, il se fait battre plus souvent qu'à son tour par Antonio Giovinazzi.

Encore après : une dernière année de contrat chez Alfa Romeo avant de laisser sa place, à 40 ans ?

2020 : Vettel rétrogradé

Sebastian Vettel a été habitué à être pilote n°1 chez Red Bull et c'est à cette seule condition inavouable qu'il est venu chez Ferrari en 2015. Sauf qu'après le ronronnant Kimi Räikkönen débarque en 2019 un certain Charles Leclerc, qu'il faut calmer à coups de consignes. Jusqu'à l'intenable. Acculé, l'Allemand finit par se rendre coupable d'un accrochage évitable au Brésil qui met en colère le président et scelle son sort. On lui propose un statut de n°2 et un salaire divisé par trois à partir de 2021. Ce qui ne passe pas.

Est-ce que Ferrari a bien fait ? Oui.

Vettel a-t-il l'envergure pour faire mieux ailleurs ? Non.

L'année suivante (2021) : McLaren, Renault - des écuries qui n'ont plus gagné depuis des lustres - ou la retraite.

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