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Une page de légende

Une page de légende

Le 14/04/2019 à 20:28Mis à jour Le 15/04/2019 à 00:08

MASTERS 2019 - Tiger Woods l'a fait. 11 ans après sa dernière victoire en Grand Chelem, la légende vivante du golf a ajouté, dimanche, un 15e Majeur à son palmarès en triomphant à Augusta. Au terme d'un dernier tour étouffant, qui a notamment vu Francesco Molinari craquer, le Tigre a fini à -13, un coup devant Dustin Johnson, Brooks Koepka et Xander Schauffele.

C'était inimaginable, alors Tiger Woods l'a fait. Qui aurait pu penser, il y a encore un an et demi, que l'Américain serait capable de gagner à nouveau un tournoi du Grand Chelem ? Après des années d'errements, de doutes, de blessures et près de deux saisons entières loin des greens en 2016 et 2017, le Tigre, revenu au premier plan l'an passé, a renoué le fil de sa légende dimanche en remportant le Masters. Sa 5e victoire à Augusta, où il n'avait plus endossé la veste verte depuis 14 ans. Avec ce 15e Majeur, sans doute le plus émouvant, il vient d'écrire une page inoubliable de l'Histoire du golf.

A l'issue du 3e tour samedi, Woods partageait la 2e place en compagnie de Tony Finau. Les deux Américains pointaient à deux longueurs de Francesco Molinari. Dès 9h30 heure locale, les trois hommes se sont élancés ensemble dans la dernière partie, mais la meute des prétendants s'étendait bien au-delà. Ce fut le cas jusque dans la toute dernière ligne droite. Longtemps, Molinari a pu rêver de remporter son premier Masters, lui qui avait déjà enlevé le British Open l'été dernier. Mais un double bogey, sur le par 5 du trou numéro 15, a condamné l'Italien (il en avait déjà commis un au 12...), finalement 5e ex aequo avec Finau et Webb Simpson.

L'estocade du Tigre

Ce fut le tournant de cette ultime journée. A cet instant, cinq joueurs occupaient conjointement le leadership. Mais sur ce même 15, Tiger Woods signait de son côté un birdie, suivi d'un autre sur le petit par 3 du 16. Le Tigre venait de porter l'estocade pour s'isoler seul en tête avec deux longueurs d'avance. Il n'avait plus qu'à "assurer", ce qu'il fit lors des derniers trous. Au tee du 18, Woods était toujours nanti d'une avance de deux coups sur Dustin Johnson, Brooks Koepka et Xander Schauffele, tous déjà au club-house. Un bogey suffisait à son bonheur et c'est exactement de cette manière qu'il a bouclé ce Masters.

Tiger Woods a alors pu exploser sa joie, qui n'avait d'égal que celle d'un public tout acquis à sa cause. A 43 ans, il signe un des plus fabuleux comebacks de l'histoire du sport. Tout simplement. L'an passé, il avait amorcé son retour vers les sommets. Au British Open, il avait mené à six trous de la fin, lors du dernier jour, avant de coincer pour terminer 6e. Puis il fut le dauphin de Brooks Koepka lors de l'USPGA. Cette fois, le voilà à nouveau roi.

14 ans entre deux Masters, un record

Sa dernière victoire dans un tournoi du Grand Chelem datait de 2008, à l'US Open. Il était alors au sommet de sa gloire et surtout de son art. Plus d'une décennie de sevrage n'avait pas écorné la première, mais au fil des ans, il était devenu de plus en plus improbable de le voir garnir davantage son palmarès. Il tient pourtant ce 15e Grand Chelem, qui le rapproche du recordman Jack Nicklaus et ses 18 couronnes.

Si l'on se cantonne au seul Masters, Woods efface au passage un record plus vieux que lui : celui du plus grand écart entre deux victoires. 13 ans séparaient les deux premiers succès de Gary Player en 1961 et 1974. Woods, lui, n'avait plus triomphé en Géorgie depuis 2005. L'homme qui a propulsé son sport dans une nouvelle forme de modernité n'appartenait donc pas tout à fait au passé. Il conjugue à nouveau sa carrière au présent et peut-être, qui sait, au futur.

Tiger Woods

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