Ryder Cup 2025 - "Make Europe great again", "Est-ce que tu regardes, Donald Trump ?" : La victoire et le chambrage

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Mémorable 45e édition de la Ryder Cup. Chahutés pendant trois jours par un public brûlant et parfois à la limite du tolérable, les Européens ont conservé le trophée au bout du suspense, dimanche soir. Après avoir beaucoup encaissé, ils se sont lâchés et se sont permis de chambrer les supporters adverses, notamment le plus célèbre d'entre eux, un certain Donald Trump…

L'Europe garde la Ryder up.

Crédit: Getty Images

Une ambiance électrique, un suspense ébouriffant, une dramaturgie au sommet et, au bout du compte, une victoire appelée à entrer dans la légende pour l'équipe européenne. Cette 45e édition de la Ryder Cup sera sans aucun doute de celles dont on reparle dans plusieurs années, voire plusieurs décennies. Vainqueur 15-13 après un rush dominical désespéré, mais fantastique des Américains, le Team Europe a explosé de joie à Farmingdale et n'a pas pu résister à une petite séance de chambrage. Sa cible ? Donald Trump.
Jamais un président des États-Unis en exercice n'était venu en personne pour assister à la Ryder Cup. Trump, grand amateur de golf, s'était particulièrement mis en avant vendredi lors de la première journée, débarquant en fin de matinée à Long Island pour soutenir l'équipe américaine. Air Force One dans le ciel et grabuge invraisemblable au sol pour sécuriser le parcours du Bethpage Black Course, avec des snipers tout autour du tee du trou numéro un.

Un passage à 15 millions

Donald Trump n'est resté qu'une poignée d'heures, n'assistant pas à l'intégralité de la session de Quatre Balles de l'après-midi, mais le coût de son petit séjour a été estimé à 15 millions de dollars. C'était "sa" Ryder Cup, qu'il assurait même avoir "sauvé" en évitant une grève des agents ferroviaires qui aurait provoqué un chaos pour rejoindre Farmingdale.
Joueurs et staff américains avaient accueilli le président à bras ouvert. Un soutien précieux à leurs yeux et une source de motivation. Le numéro 1 mondial, Scottie Scheffler, avait annoncé la couleur dès mercredi dernier, à 48 heures du début des hostilités : "Avoir notre président ici et pour représenter les États-Unis d'Amérique, même si c'est pour un tournoi de golf, c'est extrêmement important pour nous.  Il fait partie de ces gens, quand vous êtes avec lui, il est vraiment bon pour transmettre de la confiance à tout le monde autour."
Vendredi, le locataire de la Maison Blanche ne s'était pas contenté de s'installer discrètement en tribunes pour profiter du spectacle. Sa rencontre avec Bryson DeChambeau au début du parcours, puis avec le capitaine du Team USA, Keegan Bradley, a été largement filmée et commentée. La venue de Trump vendredi a mis le feu aux tribunes, mais n'a pas porté chance aux Américains pas plus qu'elle n'a perturbé les Européens largement devant à l'issue de cette première journée. "C'est juste un spectateur de plus", avait ironisé le joueur écossais Robert MacIntyre.
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Donald Trump en compagnie de Bryson DeChambeau et Ben Griffin.

Crédit: Getty Images

Le président beau joueur

Il n'est pas impossible de penser qu'in fine, le tonitruant passage de l'homme le plus puissant de la planète n'a pas seulement motivé les Américains, mais aussi leurs adversaires. Alors, dimanche soir, une fois le triomphe acté après l'énorme frousse de dimanche après-midi, les Européens s'en sont donné à cœur joie. Dans une vidéo de Rory McIlroy en personne, on a pu voir toute l'équipe européenne célébrer sa victoire dans le vestiaire de Bethpage en chantant : "Are you watching, are you watching Donald Trump ?" (Est-ce que tu regardes, est-ce que tu regardes Donald Trump ?")
Bien sûr qu'il regardait. Il n'a sans doute pas perdu une miette de cette troisième et dernière journée porteuse d'un fol espoir pour tous les supporters américains, tant Scheffler et Cie ont flirté avec le comeback du siècle. Mais ils partaient d'un peu trop loin. Néanmoins, le président des États-Unis a répondu au chambrage de la bande à Rory et, assez loin des envolées provocatrices, voire brutales dont il peut parfois être coutumier, sa réponse, via son réseau social Truth, a plutôt joué la carte du fair-play en se montrant beau joueur : "Oui, je regarde. Félicitations".
Un peu de taquinerie pour boucler ce week-end parfois tendu, au cours duquel les insultes envers les joueurs européens (ou leurs proches) ont fusé dans des proportions inédites, même à l'échelle de la Ryder Cup, compétition à part dans le monde policé du golf. C'était de bonne guerre. Les supporters européens présents à Farmingdale, eux aussi, ont chanté. Et ils ont également chambré, à leur manière. Les casquettes "Make Europe Great Again" ont fleuri chez les fans du Vieux Continent. Ce T-shirt, aussi, assez "priceless", à la gloire et à l'effigie du capitaine de l'Europe, Luke Donald, que l'on peut voir installé dans le bureau ovale avec ces mots : "Il y a un nouveau Donald en ville".

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