Mondial 2023 I Cadres présentes, jeunes qui poussent, pistes pour les JO de Paris 2024 : le carnet de bord des Bleues

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L’équipe de France a conclu de la plus belle des manières, face à la Norvège en finale (31-28), un tournoi magnifique avec 9 victoires en 9 matches. L’apothéose d’une année sans fausse-note (18 victoires en 18 rencontres), qui amène déjà à se projeter sur les Jeux Olympiques de Paris 2024 l’été prochain. C’est l’heure du bilan pour les Bleues d'Olivier Krumbholz.

Les joueuses de l'équipe de France de handball célèbrent leur victoire au Championnat du monde de handball 2023

Crédit: Getty Images

Des cadres qui répondent présentes

Quand la capitaine en montre autant, le navire ne peut pas couler. Si son Euro, en 2022, avait été légèrement en-deçà des attentes, Estelle Nze Minko a déroulé lors de ce Mondial, démontrant à chaque match ses incroyables qualités de percussion dans le un contre un, son explosivité en contre ou sa solidité en défense. Comme Orlane Kanor (32 buts, à 65% de réussite sur l’ensemble du tournoi), précieuse de loin, l’arrière Laura Flippes, malgré deux matches manqués sur blessure, a permis à l’équipe de France de multiplier les menaces offensives.
Précieuse des deux côtés du terrain, Pauletta Foppa, pour sa première compétition comme patronne de la défense, a moins brillé en attaque, tout en étant d’une importance capitale dans le succès tricolore. “On a un point de fixation extraordinaire à l’intérieur avec elle, elle nous a sorti de pas mal de situations difficiles”, a dit Olivier Krumbholz, le sélectionneur, au sujet de la Brestoise de 22 ans.
Deuxième pilier de la défense, Tamara Horacek semble avoir enfin trouvé sa place dans ce groupe. Précieuse dans les montées de balle et, en plus, souvent dans le coup au tir (27 buts à 60% de réussite), comme Chloé Valentini, l’ailière qui a terminé meilleure buteuse tricolore dans ce Mondial (38 buts), la joueuse des Neptunes de Nantes a franchi un cap en sélection lors de ce tournoi. Enfin, Laura Glauser, pour la première fois dans la peau de numéro 1 dans le but tricolore, a démarré timidement, avant d’étinceler lors des matches couperets.

Un plan de jeu carré

C’était la grande interrogation à l’orée de ce Mondial : les Françaises vont-elles enfin gommer leur faiblesse sur attaque placée. Après l’échec de l’Euro 2022, c’était le grand chantier lancé par le staff tricolore, fatigué de se reposer 'uniquement' sur la défense et les qualités de contre des Françaises, et désireux de varier les plans de jeu.
Après qu’elles sont passées à côté de leur sujet face au but en ouverture contre l’Angola (30-29), les Bleues sont montées en puissance tout au long de la compétition avec, en récompense, un match plein face à la Norvège pour dominer leur bête noire. Les rentrées d'ailières dans l’axe à six mètres, l’appui sur Foppa et une circulation de balle de plus en plus maîtrisée ont permis aux championnes olympiques en titre de faire exploser toutes les défenses qu’elles ont croisées dans ce Mondial.
“L’attaque continue à progresser. Quand on est disciplinées, quand les filles exploitent leur qualité…”, a ainsi pu savourer Krumbholz après la finale, quand Glauser, elle, résumait : “On est montées crescendo, et surtout, on a gagné en stabilité avec le temps”.
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Les Bleues lors de la finale victorieuse (31-28) face à la Norvège au Mondial - 17 décembre 2023

Crédit: Getty Images

Des jeunes qui poussent

Si l’on en doutait avant ce Mondial, on peut se rassurer : la France a encore de très nombreux talents prêts à éclore. Attendues par leur sélectionneur pour mettre les plus anciennes en concurrence, les nouvelles têtes de ce groupe bleu ont répondu présentes dans ce Mondial.
Il y a déjà Lena Grandveau, géniale en finale face à la Norvège, avec ce 5/6 au tir et une activité défensive de grande qualité. La demi-centre des Neptunes de Nantes, pourtant exilée sur la droite de la base arrière dans cette aventure, a reçu les félicitations de son coach après une campagne superbe (20 buts, 70% de réussite) et une insouciance à la limite de la désinvolture.
Sarah Bouktit, préférée à l’immense Béatrice Edwige (qui revenait à peine de blessure) au poste de pivot, a montré ce qu’on la voit réaliser chaque semaine du côté de Metz depuis le début de saison : performante devant son but, son bras n’a pas tremblé au moment de tourmenter les gardiennes adverse (22 réalisations à 73% de réussite). Elle offre en plus une alternative sur 7 mètres, après Toublanc et Horacek, comme elle l’a prouvé en finale.
Moins à l’aise au tir (56% de réussite), la mobylette Lucie Granier a été un relais précieux d’Alicia Toublanc sur l’aile droite, tandis que Déborah Lassource a croqué à pleine dents les quelques minutes qui lui ont été offertes tout au long de la compétition.

Quelques déceptions...

Parce qu’il faut bien faire la fine bouche, il y a tout de même eu quelques raisons d’être frustrés lors de ce Mondial. Cheffe d’orchestre habituelle du jeu tricolore, Grace Zaadi a bien moins rayonné lors de ce Mondial disputé en Norvège et au Danemark. La faute à une grosse blessure au pied droit survenue en septembre. Arrivée en manque de compétition, elle s’est régalée lors de la large victoire face à l’Autriche au tour principal (41-27), mais a sinon été beaucoup plus discrète le reste du temps.
Elle aussi demi-centre, Méline Nocandy a également eu moins d’impact que prévu sur cette équipe. Logique, pour la joueuse de Paris 92, qui a fait son retour en équipe de France en octobre, un peu plus d’un an après sa rupture des ligaments croisés du genou. Si sa prestation plus flamboyante en finale atténue légèrement le bilan, elle aura passé son Mondial dans l’ombre.

Et maintenant, quels défis en vue des JO ?

“Ce qui est important, c’est que chaque joueuse se dise qu’elle peut être meilleure dans six mois, et qu’on arrive à travailler avec elles, parce que même si c’est génial d’être champion du monde, l’objectif suprême ça reste la médaille d’or aux Jeux”, a posé Olivier Krumbholz, à peine le trophée soulevé. Pour le sélectionneur, le casse-tête va d’abord être de coucher seulement 15 noms, et non pas 18, aux JO.
Avec le vivier tricolore, les choix sont légion et difficiles. D’autant plus si on inclut Béatrice Edwige et Cléopâtre Darleux parmi les potentielles sélectionnables. La première doit prouver à son sélectionneur qu’elle revient bien de sa grave blessure du genou droit, tandis que la seconde, sur la touche depuis février et une commotion cérébrale, va devoir retrouver le chemin de la compétition.
Même si le duo Hatadou Sako-Laura Glauser a fait oublier son absence et que Sarah Bouktit s’est montrée sous un bon jour, le retour de ces deux cadres peut amener un surplus d’expérience qui serait bénéfique aux Bleues dans ce moment charnière. Pour le reste, les Françaises ont six mois pour perfectionner les nombreux systèmes offensifs imaginés par l’adjoint de Krumbholz, Sébastien Gardillou. Et ainsi réaliser un doublé olympique que seule la Norvège est parvenue à réaliser (2008, 2012).
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Les joueuses de l'équipe de France de hanbdall, sacrées championnes du monde 2023

Crédit: Getty Images

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