Montpellier dit adieu

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A l'issue d'une saison bien remplie, Montpellier a salué Damien Kabengele, Andrej Golic et Laurent Puigségur qui quitteront le club sereins. Si les deux premiers quittent la France, le troisième goûtera à une retraite méritée, après une dizaine d'année au

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C'était à Bougnol, samedi, et c'était déchirant. Montpellier fêtait son titre et saluait ses ouailles. Damien Kabengele, dans la maison depuis dix ans ; Andrej Golic, l’enfant prodige, si digne quatorze années durant. Et puis l'indémodable Laurent Puigségur, fidèle à ce maillot une bonne moitié de vie... Oui, les fiers représentants de l’esprit du crû tournent une page. Les deux premiers s’en vont à Zagreb. Le dernier met un terme à sa riche carrière. C’était à Bougnol et personne ne doit oublier.
Si Montpellier compte aujourd'hui parmi les clubs européens les plus vertueux, il le doit d’abord à des hommes, des hommes comme Jean-Paul Lacombe, Patrice Canayer, Robert Molines, les frères Anquetil et, bien sûr, ces trois-là, trois énergumènes géniaux. Avec le temps, on n'imaginait plus qu'ils puissent, un jour, remiser la prestigieuse tunique, l'accrocher au clou comme une vulgaire guenille. Mais l'arrière de Kinshasa ne voulait plus être considéré comme un simple défenseur ; le stratège de Banja Luka n'avait bizarrement plus la confiance de ses dirigeants.
Une page se tourne
Et le capitaine du navire, un peu las, usé par ses multiples abordages, éprouvait le besoin de passer plus de temps au port... Ils s'en vont le coeur gros, mais le sentiment du devoir accompli. Si Damien Kabengele n'était pas des premières épopées, les deux autres ont tout connu de l'aventure septimanienne. Le premier titre de 1995, les huit qui ont suivi, les sept coupes de France d'affilée, les deux coupes de la Ligue et, évidemment, l'ivresse de 2003, cette Ligue des Champions mémorable. Ils étaient même à Bercy, main dans la main, quand, en 2001, la France était devenue championne du monde pour l'éternité.
Golic, Puigségur, Anquetil(s). Une famille à part, unie, muée par des valeurs simples. Leur mode de fonctionnement ''à l'ancienne'' a dû en agacer -et en agace encore- plus d'un, mais comment ne pas témoigner le plus grand des respects à l'endroit de chacun de ses membres ? Comment ne pas apprécier la part essentielle prise dans chacun des triomphes ? Oui, ces gens-là, ces messieurs, méritent toutes les éloges. Et Bougnol ne pouvait sincèrement pas faire l'économie de la soirée de samedi, le type de moments qui font la culture et la beauté d'un sport.
Rigueur, travail, volonté
Se souvenir, donc. Se souvenir des premiers pas de Laurent Puigségur, demi-centre reconverti pivot. Avec Nîmes, il avait inauguré son palmarès en participant à l'oeuvre de 1990. Une seule apparition officielle, à Ivry, un ballon et un but ! Andrej Golic, jusqu'au bout de sa carrière, contestera la validité de ce titre… ''Peggy'' s'est donc pointé à l'été 1990, et s'est construit petit à petit. Surtout, il a identifié l'esprit du MHB, de la N1B à l'Europe. "Rigueur, travail, volonté. On n'a fait que relayer ce que souhaitaient l'entraîneur et les dirigeants. Maintenant, c'est vrai, on n'a rien laissé passer à quiconque, quel que soit son palmarès. Montpellier a très vite eu beaucoup d'ambition. Et moi avec..."
Comme son camarade, Andrej Golic est également passé par Nîmes avant d'atterrir sur les bords du Lez. Avec, dans ses bagages, une coupe de l'IHF offerte au Borac, le club de Banja Luka. Dès la saison 1992/93, il a accompagné les premiers pas du fleuron héraultais dans l'élite. Et, lui aussi, a très vite su se rendre indispensable. Fin tacticien, organisateur précieux, il n'a eu de cesse de donner du sens à l'ambition du club, de laisser parler son talent et son tempérament. Un bout de chacune des conquêtes lui appartient à tout jamais...
On avait, déjà, eu du mal à se faire à l'idée d'un handball montpelliérain sans Frédéric Anquetil, l'inimitable ''Belette'', retraité au soir du cinquième titre. On n'ose imaginer les sensations de demain, sans ces autres ''monuments''. Il reste heureusement un autre mohican, le dernier, Greg Anquetil. Et avant qu'il ne lui prenne l'envie de passer à autre chose, il serait bon de se presser à Bougnol, simplement l'admirer, l'écouter, le regarder.
Car aussi belles et poignantes soient-elles, les soirées comme celle de samedi dernier ne sont pas celles que l'on préfère...
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