"Une saveur particulière"

Après la Slovaquie, la France poursuit samedi la 1re phase de l'Euro suisse face à une première pointure: l'Espagne, récente championne du monde. En plus de Didier Dinart, qui joue à Ciudad Real, ce match aura une saveur particulière pour Jérôme Fernandez

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Crédit: Eurosport

Comment se passe votre expérience en Espagne ?
J.F. : Elle pourrait difficilement être meilleure. J'ai à peu près tout gagné depuis trois ans. J'ai vécu des moments extraordinaires, autant sportifs qu'humains. Je suis complètement intégré au club, à la mentalité catalane. C'est ma quatrième saison au Barça. Les dirigeants veulent me refaire signer pour quatre ans. Je suis bien à Barcelone mais je pourrais être bien aussi ailleurs. Un challenge en Allemagne pourrait également être sympa.
Les clubs espagnols sont-ils en train de prendre le dessus sur leurs homologues allemands ?
J.F. : Dans les années 1990, le Barça a monopolisé la Ligue des champions. Depuis un ou deux ans, Pampelune, Ciudad Real ou le Barça sont souvent dans les derniers carrés européens. Même si l'Allemagne a un championnat très dense, à l'arrivée on retrouve souvent l'Espagne. Avant, des joueurs comme les Croates se dirigeaient automatiquement vers la Bundesliga. Maintenant la plupart évoluent en Espagne. Le cadre de vie y est srement pour quelque chose. Ciudad Real est le club le plus riche du monde. Quand ce genre de club vous appelle, on sait qu'on ne sera pas lésé au niveau financier. Et même si on ne joue pas devant 15.000 personnes comme ça peut arriver en Bundesliga, c'est très tentant.
Le handball jouit-il d'une vraie renommée en Espagne ?
J.F. Les gens reconnaissent les joueurs, il y a un match par semaine à la télévision et les rencontres de la Ligue de champions passent sur une chaîne hertzienne. Je suis dans un club qui brasse énormément de supporteurs, quel que soit l'endroit où on joue. Les plus belles salles sont à Ciudad Real, Leon, Barcelone avec une capacité de 6000 à 8000 places. A Pampelune il y en a environ 3500, c'est toujours plein. Il n'y a pas autant d'engouement qu'en Allemagne au niveau des supporteurs mais les nôtres sont plus vivants. Je trouve parfois les supporteurs allemands trop gentils. Même s'ils sont moitié moins nombreux qu'en Allemagne, nos supporteurs jouent un rôle car ils mettent une véritable pression sur l'adversaire.
Le titre de champion du monde a-t-il fait progresser la discipline en Espagne ?
J.F. : Il a fait venir des investisseurs, cela a fait du bien aux clubs les moins riches. Il y a eu plus d'attrait au niveau local pour essayer de construire de grosses équipes. A Ciudad Real le président est multimillionnaire mais à Barcelone c'est le foot qui donne de l'argent. Il y a eu plus d'attrait pour le hand mais ce n'est pas comme en France où on est reconnu seulement après un titre. Là-bas, les joueurs étaient déjà des vedettes avant d'être champions du monde. En général il n'y a pas la même approche du sport en Espagne. Imaginez, le musée le plus visité de Barcelone est celui du club ! Il n'y a pas une journée sans que l'on trouve 2000 voitures de visiteurs sur le parking. Il y a un véritable engouement.
Jouez-vous le même rôle à Barcelone et en équipe de France ?
J.F. : A Barcelone je suis avec un demi-centre et un arrière droit buteurs, et malgré mon poste d'arrière gauche j'impulse souvent le jeu. Je joue parfois demi-centre pour faire souffler Iker Romero. En équipe de France je suis plus buteur, ce qui n'est pas forcément ma mentalité. Autant à Barcelone je joue très libéré, autant en sélection j'ai un rôle type et il ne faut pas que j'en sorte. Ca ne me gêne pas, même si j'ai parfois du mal à le développer. J'ai besoin de me faire un peu violence pour jouer comme ça.
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