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Nicolas: "Elle joue juste"
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Publié 11/12/2007 à 13:15 GMT+1
Avant d'affronter la Norvège, dernier match de poule du tour principal du Mondial des Tricolores, Valérie Nicolas revient sur cette équipe qu'elle connaît bien. La gardienne de l'équipe de France évolue depuis plusieurs saisons au Danemark, avec Gro Hamme
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Vous évoluez au club danois d'Ikast avec Gro Hammerseng, l'arrière vedette de la Norvège, quel est son rôle en sélection ?
V.N. : C'est vraiment le leader de l'équipe. Elle est brillante en défense -également en attaque même si ce n'est pas la joueuse la plus exceptionnelle que je connaisse au niveau mondial. Elle joue juste, elle voit bien le jeu. Quand elle tente un débordement, elle y va à 150%, elle s'investit dans tout ce qu'elle fait. C'est une joueuse complète. Et puis en dehors du terrain c'est une fille attachante, sympa, qui se donne pour son équipe parce que le maillot de la Norvège, pour toutes les Norvégiennes que je connais, c'est important de le porter. L'équipe norvégienne est quelque chose de très porteur et d'important dans leur pays. La notoriété de Gro va au-delà de celle d'une simple joueuse de handball. Elle a des sponsors privés et des contrats publicitaires importants.
Cette considération du handball féminin vous fait-elle rêver ?
V.N. : Je le vis au quotidien au Danemark, je trouve ça fantastique. Si ça vient un jour en France, je signe tout de suite, il n'y a pas de problème. Mais il manque pas mal de choses, notamment au niveau financier et de l'intérêt des médias également. Au Danemark, si je compare, actuellement il y a quatre à cinq matches de handball féminin par semaine à la télévision, sur les deux chaînes nationales, comparés à la France o il y a six chaînes nationales et pas du tout de match. A part si on fait une finale dans un Mondial ou un Euro, on passe une fois tous les quatre ou cinq ans, hormis pendant les JO bien sûr.
Quel est votre vrai visage, celui calme et studieux décortiquant sans relâche le jeu adverse sur vidéo ou celui exubérant affiché sur le terrain ?
V.N. : Je ne suis pas une actrice de cinéma, je suis vraiment les deux. J'ai besoin de vivre mon match, je suis à 150%, j'ai des émotions. Je parle beaucoup dans les buts mais c'est parce qu'il faut que ça sorte. J'ai besoin de cette énergie positive même si ça peut paraître négatif sur le coup où je suis enragée. Ca me booste plus qu'autre chose. Je ne crois pas m'être déjà perdue là-dedans.
Que pensez-vous d'Amandine Leynaud qui vous seconde dans les buts français ?
V.N. : Je n'étais pas aussi mature qu'elle à 21 ans. Je pense que je n'avais pas autant de connaissances au niveau du handball. Elle connaît les adversaires, elle sait qui elle joue, elle sait pourquoi elle est là. Avant, il n'y avait pas de vidéo, aucun des outils qu'on a aujourd'hui. Quand je suis arrivée en équipe de France, je n'avais jamais vu jouer l'équipe de France. Alors qu'Amandine, elle, me dit: "J'avais douze ans quand je t'ai vue à la finale de 1999". Elle a cet avantage sur moi. Elle n'a pas un vécu sur le terrain mais elle a des données que je n'avais pas. C'est une fille sérieuse, qui fait son taf'. Je l'aime beaucoup.
Vous n'avez pas encore quitté la sélection mais diriez-vous qu'elle est votre digne héritière ?
V.N. : Pas de souci. Je lui donne les clés de la maison tout de suite, pas de problème !
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