Panoramic

Une grande déception, une immense fierté

Une grande déception, une immense fierté

Le 21/08/2016 à 00:15Mis à jour Le 21/08/2016 à 01:18

JO RIO 2016 – Il n'y a pas eu de dénouement heureux pour l'équipe de France féminine, battue en finale par la Russie (22-19) samedi. Malgré la légitime déception, reste le sentiment de fierté d'un groupe qui a su se relever de beaucoup de choses. S'avance aussi la conviction d'avoir un véritable avenir.

Les Bleues n'ont pas réussi à aller au bout de leur rêve. Menées quasiment d'un bout à l'autre du match, trop limitées offensivement, notamment en attaque placée, elles ont fini par céder face à la Russie (22-19), de retour sur le toit du handball féminin. Samedi après-midi, à la Future Arena de Barra, il y a donc eu des larmes. Parce que perdre une finale olympique, c'est sans doute le pire moyen d'achever une telle aventure. Mais le mot qui est le plus revenu dans les bouches françaises, c'est "fierté". Après des mois de galère et de doutes, leur aventure commune les a amenées jusqu'à ce statut de vice-championnes olympiques.

Laurisa Landre lors de la finale des Jeux Olympiques 2016, France - Russie

Laurisa Landre lors de la finale des Jeux Olympiques 2016, France - RussieAFP

Sur cette finale, elles n'auront finalement pas trop de regrets. "Les Russes n'ont pas volé leur victoire, c'est une superbe équipe, qui a fait un beau match", a salué la capitaine Siraba Dembele. "Il y avait beaucoup de fatigue, nous étions un peu épuisées, a de son côté estimé Estelle Nze Minko. On avait laissé beaucoup d'énergie et d'influx aussi dans les deux derniers matches contre l'Espagne et les Pays-Bas. Pas mal de filles ont eu un gros temps de jeu, certaines jouent plus de 40 minutes à chaque fois, et il y avait de la fatigue."

Krumbholz : "Si on avait été au complet pour cette finale..."

Olivier Krumbholz, lui, déplore seulement de ne pas avoir pu compter sur toutes ses forces vives, à l'image d'Alexandre Lacrabère, énorme tout au long de ce tournoi, qu'elle a malheureusement achevé en larmes, sur le banc. Touchée à l'épaule gauche, elle a dû quitter ses partenaires à 20 minutes de la fin. "On a eu pas mal de blessures, et encore une importante aujourd'hui. Il a manqué ce petit soupçon de réussite à ce niveau-là. Si on avait été au complet pour cette finale, peut-être que le résultat aurait été différent. Nous étions trop diminuées." Face au jeu physique des filles du "sorcier" Ievgueni Trefilov, la marche s'est du coup avérée trop haute.

Camille Ayglon (France) face à la Russie - Finale handball dames JO Rio 2016

Camille Ayglon (France) face à la Russie - Finale handball dames JO Rio 2016AFP

Malgré tout, elles ont voulu croire jusqu'au bout en leur destin après les victoires arrachées en quart et en demie. Alors, oui, cet or, elles y ont pensé très fort. Siraba Dembelé avouera avoir eu du mal à trouver les mots après le match dans le vestiaire. "J'étais triste, il y avait beaucoup de déception, nous sommes des compétitrices", a-t-elle confié, en larmes. Puis il y a eu le podium. Dembelé, encore : "Là, il n'y avait pas besoin de parler. On a toutes vu la même fierté dans tous les regards." Même si Gnonsiane Niombla, résumant le sentiment ambivalent des Françaises, avouera avoir été "heureuse sur le podium, mais quand les Russes y sont montées c'est un peu redescendu..."

" Vous n'avez pas fini d'entendre parler de nous"

Ces six derniers mois, et plus encore ces quinze derniers jours, resteront néanmoins inoubliables pour ce groupe enfin uni et réuni autour de la figure d'Olivier Krumbholz. "Dès qu'il est revenu, j'ai senti qu'on repartait de l'avant, reprend Estelle Nzé-Minko. Et pendant la préparation, on en a bavé, on a tenu le coup et certains aspects m'ont fait penser qu'on irait loin. Je crois qu'on peut être fières de ce qu'on vient d'accomplir." "Je suis quand fier de notre parcours, de ce que nous sommes", confirme Marie Prouvensier.

En tournant le dos à trois saisons décevantes et à des problèmes en tous genres, en ramenant en France la première médaille olympique de leur histoire, les Françaises sont effectivement quelques raisons de se réjouir. "On s'est bien amusé, j'ai pris beaucoup de plaisir avec elles", dit un Olivier Krumbholz très apaisé, quand Siraba Dembelé, elle, regarde déjà devant. "Quand je vois ce qu'on a réussi, dit-elle avec une pointe de rage, et la marge de progression que l'on a, je me dis qu'on peut encore marquer le handball de notre empreinte." Avant de finir sur cette promesse : "vous n'avez pas fini d'entendre parler de nous". On l'espère bien.

0
0