Un grand défi. "Rookie" le mieux placé sur la grille de départ, en 9e position, Romain Grosjean va courir ses premiers 500 Miles d'Indianapolis, dimanche, une expérience dont l'ancien pilote de F1 mesure l'intensité.
Sur la 3e ligne du célèbre circuit ovale long de 2,5 miles (4 km), autour duquel se seront amassés quelque 300 000 fans, Grosjean sait qu'il s'élancera pour une course longue, exigeante physiquement avec des températures élevées et, pour ne rien arranger, des rafales de vent. Dans le baquet de son Andretti Autosport, le pilote pourtant chevronné, aux 179 départs en Formule 1, en a eu un avant-goût marquant samedi et dimanche derniers lors des séances de qualification.
"Beaucoup de gens m'ont demandé si c'était le pilotage le plus difficile que j'ai dû gérer dans ma carrière. Absolument pas, car vous vous fiez à ce que la voiture peut faire et ne pas faire. Est-ce le plus intense ? Probablement oui. Ma réaction après le 'Fast 12' (l'une des phases de qualification, ndlr) a été de dire 'je ne veux pas recommencer'. Parce que j'ai repoussé les limites pendant ces quatre tours", a-t-il expliqué jeudi.
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"A Singapour, Monaco, Suzuka ou dans des endroits comme ça, vous poussez aussi jusqu'à la limite, mais les vitesses sont un peu plus lentes. Ici, les vitesses sont tellement élevées, c'est un très haut niveau d'intensité", a-t-il ajouté.

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"Quand vous regardez ça de l'extérieur, vous vous dites 'En fait, c'est facile'", et pourtant...

Si la saison passée pour ses débuts en IndyCar, il a préféré éviter de courir sur circuits ovales, les plus dangereux, afin de ne prendre aucun risque après avoir survécu à un terrible accident au Grand Prix de F1 de Bahreïn en 2020, Grosjean, 36 ans, semble se prendre au jeu.
"J'adore ça. C'est beaucoup plus compliqué que je ne le pensais et que tout le monde en Europe le pense. Quand vous regardez ça de l'extérieur, vous vous dites 'En fait, c'est facile'. Puis vous y allez et là vous vous dites 'Euh, non... C'est sacrément rapide !'", a-t-il confié. Pour cette 106e édition, Andretti Autosport a passé un accord de partage de données avec l'équipe Meyer-Shank, qui a remporté la course l'année dernière avec le Brésilien Helio Castroneves au volant.
"Quand vous regardez tout ce que fait Helio, vous n'êtes pas surpris qu'il ait gagné l'épreuve quatre fois. A 230 miles par heure (370 km/h), tous les petits détails deviennent en fait assez importants", a expliqué Grosjean qui a ciblé un endroit clé du circuit. "S'il y a un endroit où il faut doubler, c'est dans le virage 1", a préconisé celui qui est à la recherche d'une première victoire en IndyCar.
Grosjean ne sera pas le seul Français en piste, puisque Simon Pagenaud, au volant de l'autre Meyer Shank et avec lequel l'échange de données et d'informations a aussi fonctionné, partira en 16e position.

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La prudente ambition de Pagenaud

Pagenaud, lui, a goûté à la joie d'une victoire dans la prestigieuse compétition en 2019 et aimerait bien revivre cette sensation, mais il a émis des réserves dans une interview à l'AFP. "C'est tellement tôt (...) Ce serait fou de penser qu'on puisse battre des équipes établies depuis des années, mais Helio (Castroneves) l'a fait l'année dernière donc pourquoi pas ?", a-t-il rappelé.
Dimanche, les deux Français ne compteront pas vraiment parmi les favoris, au contraire de Scott Dixon (Chip Ganassi), qui s'élancera en pole position pour la 5e fois de sa carrière. Déjà dans la légende de l'IndyCar avec six titres de champion, le Néo-Zélandais tentera de cimenter un peu plus son statut en briguant un deuxième sacre à Indianapolis.
"Une pole, c'est fantastique et c'est un privilège, mais tout le monde veut gagner", a-t-il rappelé cette semaine. "Au sein de l'équipe, tout le monde se sent très bien dans cette situation, mais pas aussi bien que lorsque j'ai gagné en 2008, donc je veux qu'on renoue avec ce sentiment."
Ses principaux rivaux seront son coéquipier Alex Palou, champion IndyCar en titre, qui partira juste derrière lui, en espérant cette fois faire mieux que sa deuxième place l'an passé, ainsi que le Néerlandais Rinus VeeKay (Ed Carpenter Racing) qui complète la première ligne.

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