L'athlète sud-africaine Caster Semenya a survolé mardi le 1.500 m des Jeux du Commonwealth, une domination sur la piste qui continue d'être accompagnée de controverses en raison de son hyper-androgénie, sécrétant naturellement trop de testostérone. Agée de 27 ans, Semenya a déposé sans être inquiétée ses adversaires dans le dernier tour pour l'emporter en 4'00"71 devant la Kényane Beatrice Chepkoech (à 2"38) et la Galloise Melissa Courtney (à 2"73).
Elle a amélioré le record d'Afrique du Sud de sa glorieuse devancière Zola Budd, la coureuse aux pieds nus, établi en 1984 de 1"10, et remporte ainsi sa première médaille aux Jeux du Commonwealth après ses titres mondiaux et olympiques sur le 800 m. "Je veux que tout le monde sache que les athlètes sud-africains sont là pour rester, je suis fière d'être Sud-Africaine. Nous sommes une grande nation et nous voulons le montrer au monde", a-elle déclaré.
Semenya sera la grande favorite du 800 m à Gold Coast dont les séries commencent jeudi.

Plus contrainte de réduire ses performances, Semenya est redevenue intouchable

La Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) estime que les athlètes "hyper-androgènes", qui sécrètent naturellement trop de testostérone, une hormone mâle aussi utilisée comme produit dopant, sont favorisées. L'IAAF, qui a fourni des preuves scientifiques à l'appui de sa demande, souhaite donc que ces femmes suivent des traitements pour avoir le droit de participer aux compétitions.
Un temps suspendue, Semenya a ensuite été obligée de prendre des médicaments pour réduire son taux de testostérone. Ce règlement a été suspendu il y a deux ans par le TAS, saisi par une autre athlète hyper-androgène, l'Indienne Dutee Chand. Début janvier, le TAS a suspendu pour 6 mois de plus ce règlement.

Caster Semenya

Crédit: Getty Images