Jeux Olympiques I Alpes 2030 I Edgar Grospiron président du Comité d'organisation, une évidence en 5 raisons
Par Vincent Bregevin
Mis à jour 14/02/2025 à 07:50 GMT+1
Il était devenu le favori, et il y avait des raisons pour cela. Edgar Grospiron a été choisi pour le poste de président du Cojop (Comité d’organisation de Jeux Olympiques et Paralympiques) des Alpes 2030. Son nom se détachait assez clairement depuis le retrait de Martin Fourcade. Surtout parce que l’ancien champion olympique du ski de bosses coche beaucoup de cases.
Edgar Grospiron sera le président du Comité d'organision des Jeux Olympiques d'Alpes 2030
Crédit: Getty Images
Une icône des sports d’hiver
Il fallait un champion pour incarner les Alpes 2030. Un grand champion. Comme Tony Estanguet sur les Jeux Olympiques de Paris 2024. L’expérience s’est avérée bien trop positive pour prendre une autre direction. Edgar Grospiron répond à ce critère. Il est entré dans la légende du sport français en devenant champion olympique de ski acrobatique le 13 février 1992 à Albertville. Symboliquement, 33 ans jour pour jour avant d’être nommé à la présidence du Cojop d’Alpes 2030, même si sa nomination ne sera effective que le 18 février.
La discipline faisait sa première apparition officielle dans ces Jeux d’Albertville, après avoir été en démonstration quatre ans plus tôt à Calgary. Elle a immédiatement marqué le public français pour son côté spectaculaire. Et pour son champion tricolore si enthousiasmant dans les bosses. Grospiron, également médaillé de bronze aux JO de Lillehammer (1994) et trois fois champion du monde (1989, 1991 et 1995), a été dominant dans son sport au début des années 90. Il a cette dimension iconique digne de l’événement qu’il va organiser.
Une expérience politique et organisationnelle
C’est un plus à ne pas négliger. Edgar Grospiron a été "des deux côtés de la barrière" et cela ne peut que lui servir face aux multiples obstacles inhérents à l’organisation d’un événement comme les Jeux Olympiques. Il va notamment pouvoir s’appuyer sur son expérience de directeur général de la candidature d’Annecy pour les Jeux Olympiques de 2018. Elle s’était cependant avérée assez courte, puisque le skieur de La Clusaz avait renoncé en décembre 2010, évoquant alors un manque de moyens.
Edgar Grospiron a aussi touché un peu à la politique en 2008. Il était en 33e et dernière position sur la liste "Encore mieux pour ALV" du président de l'Assemblée nationale de l'époque, Bernard Accoyer, lors des élections municipales à Annecy-le-Vieux. Une expérience éphémère mais précieuse tant les implications avec les pouvoirs politiques seront nombreuses, et cruciales, pour le défi qui l’attend.
Une personnalité consensuelle
C’est vraisemblablement l’un des arguments majeurs qui a fait pencher la balance en sa faveur. Parce que c’est un ancien sportif et qu’il est naturellement proche du monde du sports. Parce qu’il a déjà été amené à se frotter au milieu politique et qu’il en connaît les enjeux. Parce qu’il a une longue expérience de conférencier et que c’est un atout en termes de communication. Parce qu’il est proche du CIO, aussi. Edgar Grospiron est taillé pour tous les terrains. Notamment celui du consensus. C’est une qualité essentielle pour tenir le poste qui l’attend.
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Edgar Grospiron sera le président du comité d'organisation des JO 2030.
Crédit: Getty Images
Une qualité qui a probablement poussé David Lappartient, président du CNOSF et membre du CIO, à œuvrer pour sa candidature. Elle ne vient pas d’une initiative personnelle de Grospiron, mais l’ancien champion olympique a bien le profil de l’emploi. Notamment ce côté fédérateur, attentif à chaque élément d’un collectif, qui transpire dans sa lettre de motivation : "Ce projet ambitieux et collectif a besoin d'un leader qui sait motiver et fédérer", a-t-il écrit. Un message consensuel. Et reçu à l’unanimité.
Une volonté de s'adresser à la jeunesse
Il faut bien reconnaître qu’il n’a plus exactement la même allure que sur la fin des années 80 et le début des années 90. A l’époque, Edgar Grospiron passait difficilement inaperçu, avec ses pantalons et ses pulls colorés, et il n’était pas le dernier des fêtards. Il "avait pour devise 'ski, sexe et rock'n'Roll'", disait Perrine Laffont, championne olympique de ski acrobatique en 2018, dans un documentaire pour la chaîne olympique. Trois décennies plus tard, il est devenu plus sobre sur le plan vestimentaire, mais il a gardé une personnalité de "showman".
C’est un autre atout pour le poste qui lui a été confié. Les Jeux doivent impliquer la jeunesse et Grospiron a une faculté évidente pour cette étape cruciale de transmission. Il avait d’ailleurs créé une association, "En Piste", pour aider les jeunes athlètes en manque de moyens financiers avant les Jeux Olympiques de Pyeongchang en 2018. S’il incarne aussi bien l’organisation des Alpes 2030, c’est aussi pour l’image qu’il renvoie auprès de la nouvelle génération.
Une réponse évidente à une situation d’urgence
Cinq ans, c’est une échéance qui peut paraître lointaine pour beaucoup de monde. Mais pour un comité d’organisation des Jeux Olympiques, c’est très proche. L’idée directrice était de ne plus perdre de temps. Elle n’a été que renforcée par les tergiversations de ces derniers mois, dus à de multiples désaccords, avec en point d’orgue le retrait de Martin Fourcade le 3 février alors qu’il était le grand favori pour la présidence du Cojop.
Il fallait trouver rapidement une solution et le CIO poussait largement dans ce sens. Car les chantiers sont multiples et colossaux, que ce soit concernant le choix des sites, les accords de partenariats, les projets marketings ou même la préparation des athlètes. Et Edgar Grospiron cochait beaucoup trop de cases pour que son nom ne résonne pas comme une évidence dans cette situation d’urgence.
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