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La dernière ligne droite
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Publié 29/06/2005 à 08:10 GMT+2
Liesse ou désolation? Dans exactement une semaine, Paris saura. Il ne reste plus que sept jours avant que le CIO ne décide, à Singapour, qui héritera de l'organisation des Jeux Olympiques d'été 2012. D'ici là, le dossier français, comme ses concurrents, s
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Almeria, dernier arrêt avant Singapour. Rarement les Jeux Méditerranéens avaient bénéficié d'une telle attention et d'un tel déploiement diplomatico-sportif. Mais le rendez-vous quadriennal de l'amitié du bassin méditerranéen, qui s'achèvera dimanche, soit à trois jours du verdict olympique, a pris cette année un aspect incontournable, 2012 oblige. Madrid, qui joue à domicile, mais aussi Paris, ont donc sorti les grands moyens.
Plusieurs vedettes du sport hexagonal ont ainsi effectué le déplacement, à commencer par Laure Manaudou et Laura Flessel, ambassadrices de charme. Le Comité d'organisation s'est également déplacé au complet. De Bertrand Delanoé à Jean-François Lamour en passant par Henri Sérandour, ils sont tous là. "Je ne voulais pas qu'on vienne me reprocher de ne pas prendre ces Jeux Méditerranéens au sérieux", explique non sans raisons le président du CNOSF.
Eviter la peccadille
Le déploiement d'une telle force de frappe traduit surtout la nécessité de ne pas commettre la moindre petite faute, si près du dénouement. Entre Paris et Londres, et à un degré moindre Madrid et New York, tout pourrait se jouer dans un mouchoir de poche. Ce n'est donc pas le moment de ruiner plusieurs années de travail pour une peccadille.
Dans le clan de la capitale française comme dans celui de ses principales rivales, se mélange un curieux sentiment: la sensation que tout a été mis en oeuvre pour réussir, que les dés sont (presque) jetés et que, pourtant, la si solide structure mise en place avec tant d'acharnement reste susceptible de s'effondrer comme un château de cartes.
De Paris à Singapour en passant par Almeria, chacun marche donc sur des oeufs. Le moindre geste se veut précautionneux, la moindre parole savamment mesurée. Quitte à entrer dans un discours convenu de campagne électorale. "Paris a un très bon dossier. Un enthousiasme s'est manifesté le 5 juin sur les Champs Elysées, expliquait le maire de Pairs lundi sur les ondes de France Inter. On a des atouts mais les autres sont bons aussi. La compétition est ouverte jusqu'au verdict". Ou l'art délicat de se mettre en avant, mais sans jamais donner l'impression de pousser l'autre.
Union sacrée et souci du détail
Paris a payé trop cher sa prétendue suffisance face à Pékin il y a quatre ans. Pas question de renouveler la même erreur. La France laisserait volontiers ce rôle à son ennemi intime anglais, qui a parfois glissé sur cette pente savonneuse ces dernières semaines. La confiance inébranlable affichée du côté londonien, ajoutée aux propos blessants (sur le déclin culturel de Paris)de Cherry Blair, l'épouse du Premier ministre britannique, ou encore la célébration du bicentenaire de Trafalgar, pas plus tard que mardi, en sont des signes révélateurs.
En coulisses, le dossier parisien n'est pas loin de se réjouir de cette pointe d'arrogance, tout en se gardant bien de l'évoquer publiquement. Dans la course aux Jeux, il n'est pas plus payant de jouer les victimes que les fiers à bras. Engagée dans sa semaine la plus longue, sans doute la plus pénible aussi, Paris continue de tout miser sur deux aspects clés: l'union sacrée et le souci du détail. Le premier élément a entraîné l'annonce de la présence de Jacques Chirac à Singapour. Le second en a écarté Guy Drut, symbole du mouvement olympique français, mais sacrifié en raison de ses ennuis judiciaires.
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