JO Paris 2024 - Elodie Clouvel médaillée d'argent : "Il y a un an, je voulais tout arrêter"
Par SEBASTIEN PETIT
Mis à jour 11/08/2024 à 18:59 GMT+2
Extrêmement émue d’avoir décroché une nouvelle médaille d’argent, après celle de Rio en 2016, Elodie Clouvel n’en revenait pas de sa performance dimanche à Versailles, qui a apporté une 63e médaille à la délégation tricolore. Une récompense qui vaut toutes les victoires pour la Stéphanoise qui a failli ne pas être présente pour défendre ses chances dans ce sport aussi emblématique qu’exigeant.
Clouvel : "J'étais au fond du trou, je suis comme une reine dans le château de Versailles"
Video credit: Eurosport
"C’est la médaille de la résilience et du courage." Elodie Clouvel n’a pas gagné l’or en pentathlon moderne dimanche à Versailles. Mais sa médaille d’argent, la 63e de la délégation tricolore, a une autre saveur, d’une valeur inestimable. "Je suis comme une reine dans le Château de Versailles !" scandait-elle d’ailleurs à un public tout acquis à sa cause, alors qu’elle terminait sa procession le long des gradins avant la remise des médailles. Sur le podium, au milieu de la carrière où se sont terminés les Jeux Olympiques pour le domaine du Château de Versailles, la Stéphanoise n’en finissait pas de pleurer, se pinçant même pour être sûre de ce qu’elle était en train de vivre.
J'ai retrouvé la Elo guerrière
Et dire qu’elle a failli ne pas vivre cela. Elle qui était médaillée d’argent à Rio était loin de pouvoir réitérer cela à Paris il y a peu. "Vous savez, il y a un an, je voulais tout arrêter. J'étais au fond du trou ! Et puis, à force d’encouragements, je me suis remobilisée. A 10 mois des Jeux Olympiques, ma fédération m’a accompagnée pour que je puisse modifier ma préparation, pour en avoir une sur-mesure, pour que je puisse retrouver la flamme à l’intérieur de moi. Et l’envie… l’envie d’avoir envie. Aujourd’hui, j’ai retrouvé la Elo guerrière qui a envie de se battre jusqu’au bout, qui a les crocs."
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Un tir qui coûte cher et Clouvel doit se contenter de l'argent
Video credit: Eurosport
La domination affichée de la Française, en tête à l’issue des demi-finales, n’était pas si évidente que cela. Les nuages noires la guettaient de loin. Ses doutes, qui ont failli lui gâcher tout ce bonheur, venaient de l’épreuve d’équitation qui la tétanisait. Et surtout du laser-run, cette double épreuve qui ponctue le pentathlon moderne, où elle n’avait plus confiance en elle. "Sur cette discipline, c’était la panique. Après le championnat du monde à Sofia en mai dernier, je me suis fait aider pour reprendre les bases du tir avec un coach, Sébastien Blanchouin, que je tiens à remercier. J’ai tout repris à zéro, comme si j’étais débutante malgré les deux mois qui me séparaient des Jeux. Donc j’ai travaillé énormément pour retrouver ma confiance et des sensations dans cette épreuve."
Après la natation, j’avais les bras qui tremblaient
Lorsqu’elle s’est élancée sur son cheval Fly de Vesquerie dimanche matin, elle venait d’apprendre que sa compatriote Marie Oteiza a lourdement chuté de sa monture. Elle est arrivée malgré tout à ne pas céder à la panique pour ne finir qu’avec une barre au sol. Une première délivrance. Puis une fois l’escrime et la natation passées, de vieux démons sont réapparus en début de ce fameux laser-run. "J’ai eu du mal à me mettre dans ma course. Je suis encore dans l’émotion quand je tire la première ; après la natation, j’avais les bras qui tremblaient. Mon bras tremblait encore sur le premier pas de tir… mais j’ai tout fait pour tenir ma tête et mon bras pour ne rien lâcher."
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Catastrophe pour Oteiza, qui chute d'entrée au saut d'obstacles et perd tout espoir de médaille
Video credit: Eurosport
Ne rien lâcher pour se prouver à elle-même qu’elle était capable de remonter sur ce podium olympique, si vertigineux pour elle il y a encore un an, elle est là sa victoire. Et de prouver à toute son équipe qu’elle avait raison de croire en elle. "C’est ça qui est aussi magique dans le sport : quand j’ai vu ce que j’avais accompli depuis un an, je me suis mise à pleurer sur le podium car tout est revenu dans ma tête. C’étaient des larmes de joie, de soulagement et de fierté pour ce que j’ai accompli. Le chemin est tellement long et l’issue tellement belle que ça reste sur une histoire incroyable pour moi. C’est une victoire pour moi d’avoir été là aujourd’hui, d’avoir pu tout donner. Avoir cette deuxième médaille olympique est complètement fou."
Elle avait aussi un message à faire passer à ces jeunes qui vont prendre sa relève sur ce sport si emblématique des Jeux Olympiques, en perpétuelle évolution. "Je voulais aussi montrer à tous ces jeunes qui débutent le pentathlon ou le sport en général que même s’il y a des moments difficiles, on peut y arriver." Ce dimanche, elle a goûté sa chance de ponctuer l’épreuve d’équitation au programme du pentathlon moderne pour la dernière fois. Un énième hommage à Pierre de Coubertin pour elle. Dans quatre ans, c’est un parcours d’obstacles sans cheval qui attendent les pentathlètes aux JO de Los Angeles. "Pour le bien de ce sport, c'est le moment de tourner la page", a-t-elle lâché avec un grand sourire. Avec ou sans Elodie qui aura 39 ans dans 4 ans, c’est encore trop tôt pour le dire. Mais parfois, il est bon de repartir de zéro.
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Une arrivée main dans la main : Clouvel assure sa place en finale
Video credit: Eurosport
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