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JO Paris 2024 - La tapisserie imaginée par Marjane Satrapi dévoilée
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Publié 12/03/2024 à 19:27 GMT+1
Ce mardi, le Mobilier national a présenté à Paris la tapisserie réalisée pour les Jeux olympiques de Paris 2024 (du 26 juillet au 11 août) à partir d'une oeuvre de l'artiste franco-iranienne Marjane Satrapi. Il aura fallu trois ans et 60 kg de laine aux huit artisans des Manufactures nationales des Gobelins et de Beauvais pour concevoir cette oeuvre.
Marjane Satrapi devant sa tapisserie réalisée pour les JO de Paris 2024.
Crédit: Getty Images
Un triptyque au centre duquel figurent la tour Eiffel et deux athlètes homme et femme faisant jaillir la flamme olympique : le Mobilier national a présenté mardi à Paris la tapisserie réalisée pour les Jeux olympiques à partir d'une oeuvre de l'artiste franco-iranienne Marjane Satrapi. Il aura fallu trois ans et 60 kg de laine aux huit artisans des Manufactures nationales des Gobelins et de Beauvais pour tisser, à partir du carton réalisé par l'artiste, cette tapisserie aux couleurs vives, riche de dix-neuf teintes, mesurant plus de trois mètres de haut et neuf de large.
Eu égard au temps, au coût et à l'expertise rare que réclame la réalisation d'une tapisserie de ce format géant, il est rarissime qu'une artiste voie son travail transposé sur un tel support. "Le cahier des charges était énorme, a déclaré Marjane Satrapi à l'AFP. Il fallait que j'intègre la référence au passé, le futur, la parité, les nouveaux sports... alors on a imaginé ce triptyque. Les lissières avec qui j'ai collaboré pour la conception, à Paris et à Beauvais, m'ont bien demandé de ne pas surcharger le dessin, de ne pas aller trop loin dans le détail. Autrement, ce n'est pas trois ans qu'il aurait fallu pour la réaliser mais plutôt dix !"
Le panneau de gauche représente une lanceuse de javelot, allusion à l'affiche des Jeux olympiques de Paris en 1924 ; celui de droite fait référence au skateboard et au breaking, nouvellement intégrés au programme des JO. Le choix d'athlètes des deux sexes évoque la parité de l'événement : il devrait y avoir autant de sportives que de sportifs aux Jeux de Paris (26 juillet-11 août). Autrice de bandes dessinées, peintre et cinéaste, Marjane Satrapi, 54 ans, s'est fait connaître mondialement avec la bande dessinée et le film "Persepolis", témoignages poignants du basculement de son destin avant et après la Révolution islamique en Iran, en 1979.
"J'ai grandi avec le sport, raconte Marjane Satrapi, fan de skateboard et de football. Dans un stade de foot, on trouve un milliardaire et un ouvrier qui regardent le même match, avec la même passion. J'aime cet esprit fédérateur que l'on peut trouver dans la compétition sportive. En 1976, je me souviens que la gymnaste Nadia Comaneci avait remporté dix sur dix partout aux Jeux de Montréal. Mon père m'avait dit : 'Pour être excellente comme ça, il faut travailler des heures tous les jours.' Et quelque part, c'est cette adolescente qui m'a mis dans la tête l'idée qu'il faut travailler dur pour se réaliser."
Le directeur du Mobilier national, Hervé Lemoine, a expliqué qu'il fallait une artiste "qui possède un style d'expression très visuel". "Nous cherchions une artiste qui porte aussi dans sa réflexion, son discours, les valeurs de l'universalisme d'une part, les valeurs françaises d'autre part, qui sont des valeurs d'adoption pour Marjane Satrapi, ce qui porte un message plus fort encore", souligne-t-il.
Le dessin original de l'artiste installée de longue date à Paris avait été révélé en juillet 2021, première oeuvre artistique de l'Olympiade culturelle, une programmation artistique visant à lier art et sport à l'occasion des Jeux de Paris et qui compte à ce stade 2.112 projets. "A Olympie, à Delphes, il existait déjà des jeux artistiques, a rappelé Dominique Hervieu, directrice Culture des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. On renoue en quelque sorte avec un idéal olympique, une rencontre entre le corps et l'esprit, la sensibilité...", ajoute la chorégraphe et danseuse.
La tapisserie olympique sera exposée à partir du 21 juin à l'Hôtel de la Marine, surplombant le parc urbain, sur la place de la Concorde, où auront lieu les épreuves olympiques de skateboard et de breaking. L'oeuvre rejoindra la collection du Musée des sports de Nice à l'issue des Jeux.
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