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Kséniya Moustafaeva : "Mon poids passait devant la performance, devant l’entraînement et surtout devant ma santé"
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Publié 11/01/2023 à 15:40 GMT+1
CHAMPIONNES DU MONDE - Quintuple championne de France de gymnastique rythmique et finaliste aux Jeux Olympiques de Rio en 2016, Kséniya Moustafaeva a souhaité pousser un cri d’alerte au micro de Cléo Hénin pour dénoncer les pressions psychologiques systémiques qui existent dans sa discipline et le manque d’accompagnement auprès des gymnastes.
Kséniya Moustafaeva
Crédit: Eurosport
Le message est clair : "Je prends mon courage à deux mains parce que ce n’est pas facile d’en parler, mais je pense que c’est nécessaire parce qu’il y a des choses qui ne sont pas normales dans mon sport et je pense qu’il est temps de changer les choses." Ce fut la goutte d’eau. Quelques mois après les révélations d’humiliation subies par l’équipe italienne de gymnastique rythmique au sujet de leur poids, Kséniya Moustafaeva, retraitée des praticables depuis 2021, a souhaité elle aussi se livrer sur la réalité de son sport.
Ecoutez l'interview en intégralité dans le podcast Championnes du monde :
À l’instar des italiennes, elle raconte les violences psychologiques prisent de plein fouet lors de son tout premier stage en Russie à l’âge de quatorze ans. "Je fais mon entrainement et il y a une grande entraîneure de la fédération russe qui rentre […], elle me pince la jambe et elle me dit : tu perds 4-5 kilos sinon tu ne rentres plus dans la salle." S’en suit alors une descente aux enfers pour la gymnaste. "Je ne mangeais pas, je ne buvais pas et à côté de ça je m’entraînais six à huit heures par jour. Je suis tombée dans une spirale infernale, j’ai commencé à avoir des troubles du comportement alimentaire, j’ai fait de la boulimie à partir de ce moment-là et jusqu’à mes dix-huit ans", a-t-elle déclaré.
Au-delà des frontières russes, elle dénonce un système oppressif et contrôlant qui, selon elle, est "passé sous silence" par tous ses acteurs. "Il y a une omerta, personne ne dit rien et comme avec ce système on a des médailles, tout le monde est content. Sauf que ceux qui le payent, c’est les gymnastes et c’est nous, après, qui devons nous reconstruire", enchaine-t-elle.
Une parole pour faire évoluer les choses et espérer que "de bonnes pratiques" se mettent en place au sein des clubs et de la fédération. Elle souhaite que "ça parte d’en haut. Si personne n’en parle, si tout le monde continue de mettre tout ça dans des tiroirs, ça ne va jamais changer. Il y a plusieurs étapes : que les fédérations en prennent conscience, que les athlètes en prennent conscience, se dire que ce n’est pas normal. Et si les coaches se remettent un peu en question, on ne devrait pas tomber dans un monde merveilleux, mais ce sera un bon début".
À travers ce témoignage, son but est "d'aider, ouvrir les yeux aux autres, surtout aux petites filles […] que ce n’est pas normal si elles vivent des choses comme ça", conclut-elle.
L’entretien complet est à retrouver dans le podcast Championnes du monde et sur toutes les plateformes d'écoute : Le podcast
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