Tony Estanguet, comment s'est fait le choix du directeur artistique des cérémonies ?
Tony Estanguet. : "On s'est mis à travailler sur le sujet au sortir des JO de Tokyo, il y a un an environ. J'ai eu pas mal d'entretiens. J'ai rencontré une dizaine de profils sélectionnés par mes équipes."
Pourquoi avoir choisi Thomas Jolly ?
Paris 2024
Jolly nommé directeur artistique des cérémonies des JO de Paris
21/09/2022 À 13:44
T.E. : "J'ai été conquis par son profil, il est assez jeune. Ce qui m'a impressionné, c'est son envie débordante de relever ce genre de défi. Il a un profond respect pour les JO, pour le sport. Il a une polyvalence d'univers. Il a fait des mises en scène de théâtre très classiques mais de manière aussi très originale et décalée. Il a une approche avec de l'audace mais aussi beaucoup de respect, d'humilité. Il vient du théâtre public, il en est plutôt fier, il connait les contraintes budgétaires, ce n'est pas pour cela qu'il ne s'autorise pas à être dans la créativité. Je suis allé le présenter à la maire de Paris et au président de la République, qui ont été convaincus par son profil."
Quel va être son premier travail ?
T.E. : "Il va devoir constituer son équipe car il va être à la tête de la direction artistique des quatre cérémonies (ouverture et clôture des Jeux olympiques, et des Jeux paralympiques). L'objectif, c'est d'identifier avec qui il va vouloir travailler dans les principaux univers : la chorégraphie, la musique, la réalisation, etc."
Le succès de la cérémonie d'ouverture des JO d'hiver d'Albertville de Philippe Decouflé vous met-elle la pression ?
T.E. : "C'est plutôt encourageant de se dire qu'on a en France une expertise, un savoir-faire, un monde de la culture qui est hyper créatif. Philippe Decouflé a été associé aux réflexions. Ils ont des profils différents mais Philippe Decouflé n'était pas connu avant la cérémonie".
Comment se poursuivent les discussions sur la sécurité autour de la cérémonie d'ouverture ?
T.E. : "Thomas Jolly a une feuille de route. On sait d'où la cérémonie partira, et où elle arrivera. On connait le nombre de bateaux qui défileront (les délégations doivent défiler sur des barges sur la Seine). On va affiner jusqu'au bout. On connait les grandes lignes. Cela se passe très bien au niveau de la préfecture de police. J'ai eu plusieurs réunions de travail avec le préfet de police (le nouveau préfet Laurent Nunez). Il s'est déplacé ici, nous sommes allés chez lui, il est allé au CIO (comité international olympique). Il est mobilisé, il a envie que cela marche. C'est très important de pouvoir garder un peu de flexibilité, les dispositifs performants sont ceux qui peuvent s'adapter".
La réussite de la cérémonie d'ouverture est-elle le gage de la réussite des JO ?
T.E. : "Bien sûr. On sait que c'est très important dans la perception générale des Jeux. Cela ne fait pas la totalité de la réussite non plus, mais je me mets dans la tête que c'est très, très important pour la réussite des JO de Paris 2024 que les cérémonies soient réussies, et la première, elle donne le 'la' de ce qui va se passer derrière. Elle dit beaucoup de choses de ce qu'on veut faire depuis le début : spectaculaire, populaire, durable. C'est un peu notre ADN".
Ma cérémonie d'ouverture préférée ? Sydney car c'était ma première
Quel est le budget consacré aux cérémonies ?
T.E. : "Il y a un cadre connu : 137 millions d'euros pour les quatre cérémonies. Cela peut bouger en fin d'année (date d'une révision budgétaire générale), ou l'année prochaine. Malgré tout ce qui s'est passé jusqu'à présent, je suis très heureux de voir que le projet continue d'avancer. On a le cap du milliard d'euros de levée de fonds (sponsors), cela avance plutôt bien, c'est un défi certes, avec l'objectif de lever 80% d'ici la fin de l'année. Derrière, on a 20% à aller chercher".
Quelle est votre cérémonie d'ouverture préférée ?
T.E. : "Sydney car c'était ma première. Cette image de Cathy Freeman qui allume la flamme, j'avais la chair de poule, ça m'a 'boosté', et deux jours après, j'étais champion olympique!"
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