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JO 2024 - Gargaud-Chanut non sélectionné en équipe de France : "Tokyo, c’était de la colère, là de l’incompréhension"
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Publié 03/05/2023 à 13:59 GMT+2
La Fédération française de Canoë-Kayak a dévoilé mercredi les noms des athlètes qui représenteront la France lors des premières compétitions internationales de la saison. En canoë, Nicolas Gestin, Lucas Roisin et Jules Bernardet ont été choisis. Pas Denis Gargaud-Chanut. Le champion olympique 2016 ne pourra donc pas tenter de se qualifier pour les Jeux de Paris. Une incompréhension totale.
Denis Gargaud-Chanut
Crédit: Getty Images
Quel est votre sentiment après cette décision ?
DENIS GARGAUD-CHANUT : C’est l’incompréhension qui domine. J’étais très confiant sur le fait que le comité de sélection me prendrait pour faire la saison, pour tirer tout le monde vers le haut, pour essayer d’aller chercher des médailles à l’international et puis pour sélectionner le meilleur d’entre nous à la fin de l’année.
Est-ce que vous vous y attendiez ?
D. G.-C. : Non pas du tout, je ne m’y attendais pas du tout. Je suis conscient que la semaine dernière (lors des sélections nationales, NDLR), je n’étais pas performant même si j’étais rapide sur l’eau (il a pris la 7e place mardi, la 5e mercredi et seulement la 12e en qualifications vendredi, ndlr). Je vois lucidement que les règles ont été changées pour justement pallier un incident de ce style. Mais que finalement ils respectent les règles, les mêmes anciennes règles qu’avant. Ils ont changé les règles mais pas pour s’en servir.
Avez-vous eu des explications de la Fédération et les avez-vous comprises ?
D. G.-C. : J’ai eu une discussion avec le directeur de la performance (Rémi Gaspard, ndlr) et le directeur technique national (Ludovic Royé, ndlr) au cours de laquelle ils ne me donnent pas de raison. Ils n’expliquent pas leur choix et ils considèrent qu’après leur analyse d’autres athlètes ont été retenus plutôt que moi.
En plus des résultats des sélections, le directeur de la performance Rémi Gaspard avait expliqué que les résultats internationaux passés compteraient. Pas tant que ça finalement au regard de la sélection ?
D. G.-C. : Dans mon cas, pas du tout. Et surtout, objectivement, je reste convaincu que je suis dans le coup et que je suis capable d’aller chercher des médailles et des titres. C’est une surprise et une incompréhension. Sportivement, pour moi, ce n’est pas justifiable de m’écarter du système de sélection des Jeux de Paris. Pour la simple raison que je suis le meilleur français au classement mondial et que je suis ls plus titré de l’équipe de France. J’ai des choses à apporter sur l’eau. Après si sur la scène internationale, un Français avait été meilleur que moi je l’aurais accepté.
Acceptez-vous tout de même cette décision ?
D. G.-C. : J’accepte cette décision de la Fédération mais je ne la comprends pas. Quand je leur explique que je ne comprends pas sportivement ce choix, ils ne sont pas capables de me répondre et de m’expliquer.
Vous aviez évoqué une blessure à l’épaule qui vous a gêné plusieurs semaines avant les sélections. Cela a-t-il joué sur vos performances la semaine dernière ?
D. G.-C. : Je n’étais pas en forme pour faire ces courses de sélection. Me juger sur ça alors que je ne suis pas en forme et que j’ai 18 ans de carrière, tous les grands titres et plus de 13 ans dans le top 10 mondial, j’ai du mal à comprendre sportivement le raisonnement. Maintenant c’est leur responsabilité. Ils font un choix, qu’ils assument !
On vous sent vraiment touché par cette décision ?
D. G.-C. : Je suis touché parce que je ne comprends pas mais je respecte. C’est comme ça. A Tokyo (non sélectionné, ndlr), c’était de la colère, là c’est de l’incompréhension. J’ai du mal à rester objectif. Il y a des moments où je me dis que je leur ai fait un truc et j’essaye de me forcer à rester à lucide. Mais ce n’est pas vrai de dire qu’aujourd’hui je ne suis plus dans le coup.
Qu’est-ce que vous envisagez pour la suite ?
D. G.-C. : Je vais continuer à m’entrainer dans les prochaines semaines pour conserver mon niveau parce que j’aime ce que je fais. Ensuite, le ministère des Sports a investi de l’argent sur moi car ils pensaient que j’étais capable de faire des médailles aux Jeux. J’ai reçu une nouvelle forme de canoë construite avec mon entraineur Patrice Estanguet. J’ai envie de la tester et d’avancer et de leur donner au moins des infos pour savoir si c’est quelque chose de bien. Dans les faits, je n’ai pas de chance de rentrer en équipe de France. J’ai deux discours, le directeur de la performance me dit que je n’ai aucune chance de rentrer en équipe de France cette année. Et le DTN me dit que j’ai une chance si des athlètes ne sont pas performants sur la première partie de la saison.
Cela signifie-t-il la fin de votre carrière ?
D. G.-C. : Je n’ai pas de perspective. L’Agence Nationale du Sport m’a fait confiance pour un nouveau matériel en vue des Jeux de Paris. Je vais le tester, je suis professionnel. Et puis après, si le comité de sélection du deuxième bloc ne m’inclut pas, bah j’arrêterai.
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