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Rétro JO: Cortina d'Ampezzo 1956

Rétro JO: Cortina d'Ampezzo 1956
Par Eurosport

Le 30/01/2010 à 12:30Mis à jour

Avant l'ouverture des XXIe Jeux Olympiques d'hiver, le 12 février à Vancouver, nous vous proposons de revivre quotidiennement les 20 éditions précédentes. Suite de notre rétro JO avec Cortina D'Ampezzo en 1956.

AU COEUR DES JEUX

Les Jeux de Cortina sont marqués par les premières: l'URSS arrive, la télévision retransmet l'évènement, c'est une athlète qui prête serment et le drapeau olympique flotte enfin dans le ciel italien. Les organisateurs ont vu grand, la cérémonie d'ouverture est grandiose avec une centaine de colombes lâchées pour la paix des peuples. Par ailleurs, le site est prêt depuis longtemps. Il faut dire que la station des Dolomites avait gagné en 1939 le droit d'organiser les Jeux d'Hiver de 1944, annulés finalement pour cause de guerre.

En pleine guerre froide, l'URSS met un terme à l'hégémonie des pays scandinaves. En ski de fond d'abord, mais surtout en patinage de vitesse avec notamment les deux médailles d'or d'Evgeny Grishin et trois titres sur quatre. En hockey sur glace, les Russes s'adjugent l'or alors que le Canada et les Etats-Unis partaient favoris. Pour ses premiers Jeux, l'URSS termine en tête du tableau des médailles avec 16 breloques dont 7 en or.

Le paysage des Jeux d'Hiver s'en trouve modifié. Les pays nordiques sont les grands perdants de cette VII édition. Le grand gagnant lui est Autrichien. Toni Sailer devient une légende grâce à ses trois médailles d'or en ski alpin, une première. De son côté la délégation française, dépassée par des problèmes internes et des choix peu judicieux quittera Cortina d'Ampezzo sans jamais être montée sur un podium. Encore une première.

A SAVOIR

Nombre de nations : 32
Nombre de participants : 821 (134 femmes, 687 hommes)
Nombre d'épreuves : 24
Dates : 26 janvier au 05 février
Pays le plus médaillé : URSS (16)
Nombre de médaille française : 0
Ouverture officielle : Giovanni Gronchi (président italien)
Serment : Giuliana Chenal Minuzzo (ski alpin)

LA PETITE HISTOIRE

Seul bémol dans l'organisation, le dernier relayeur de la torche, le patineur de vitesse italien Guido Caroli se prend les pieds dans un câble et tombe. Heureusement, la torche ne s'éteint pas. La flamme est allumée dans l'ancien capitole de Rome.

Nouveau style pour le saut à ski. Les Finlandais inaugurent une position plus aérodynamique en plaquant les bras le long du corps plutôt qu'en avant devant la tête.

Hormis l'URSS, la Bolivie et l'Iran participent à leurs premiers Jeux. Faute d'athlètes suffisants, le Danemark, le Portugal, l'Argentine ou encore la Nouvelle-Zélande ne sont pas de la fête. La RFA et la RDA concourent ensemble sous le nom d'Allemagne unifiée.

Les compétitions de patinage artistique sont pour la dernière fois organisées en extérieur et pour la première fois depuis 1928, il n'y a aucun sport de démonstration.

LES HEROS

Anton " Toni " Sailer (ski alpin, Autriche)

C'est le roi de ces Jeux. Toni Sailer est le premier skieur alpin à obtenir trois médailles d'or. A 20 ans, le natif de Kitzbühl s'est toujours entraîné sur l'exigeante Streif et à Cortina il fait parler tout son talent et écrase ses adversaires. Sur le slalom géant, il s'impose avec plus de six secondes d'avance sur le second, ce qui reste encore à ce jour la plus grande marge dans l'histoire olympique du ski alpin. Pas de répit et deux jours plus tard, il signe le meilleur temps des deux manches du slalom et s'adjuge une seconde médaille d'or.

Et même le sort ne peut rien faire face au maestro autrichien. Moins de 15 minutes avant la descente, dont il est archi-favori, une lanière de sa chaussure de ski cède. L'entraîneur de l'équipe italienne lui en prête une. Sur une piste glacée qui voit une trentaine de concurrents tomber (huit se font même hospitaliser), Sailer remporte sa troisième médaille d'or avec trois secondes d'avance. Il rentre au pays en héros.

Tenley Albright (patinage artistique, Etats-Unis)

C'est l'une de ces histoires dont le monde de l'olympisme est friand. Médaillée d'argent lors des Jeux d'Oslo en 1952, Tenley Albright est à 21 ans la favorite des Jeux de Cortina. Mais deux semaines avant, l'Américaine s'entaille une veine à la cheville avec son patin lors d'un entraînement. Et l'os est touché. Son père chirurgien la soigne et malgré cette blessure, elle s'adjuge l'or en Italie. Dix juges sur onze lui accordent même la première place. Après sa carrière, elle devient chirurgienne... comme son père.

Sixten Jernberg (Ski de fond, Suède)

Malgré l'arrivée de l'URSS, les Scandinaves arrachent encore des médailles en ski de fond. A Cortina c'est Sixten Jernberg qui permet à la Suède de récolter près de la moitié de ses breloques: 4 sur 10. Il termine deuxième sur le 30 km, puis sur le 15 km avant de s'offrir le titre sur le 50 km.

Deux jours plus tard, il joue un rôle clé lors du relais 4x10km et permet à l'équipe suédoise de remporter la médaille de bronze. Sixten Jernberg brillera de nouveau lors des jeux de 1960 et 1964 pour terminer sa carrière avec neuf médailles olympiques, ce qui en fait toujours le plus médaillé de son pays, JO d'été et d'hiver confondus.

Pavel Kolchin (ski de fond, URSS)

Il a fallu attendre l'arrivée de l'URSS pour qu'un athlète non-scandinave remporte pour la première fois lors de Jeux Olympiques, une médaille en ski de fond. Cet athlète, c'est Pavel Kolchin qui en obtiendra trois au total à Cortina. Du bronze sur le 30 km, puis sur le 15 km et enfin l'or avec ses camarades sur le relais 4x10 km.

LES FRANÇAIS

Après une édition ratée à Oslo (1952) avec une médaille de bronze, la France repart bredouille de Cortina d'Ampezzo malgré ses 30 athlètes (23 hommes - 7 femmes). Installée dans un hôtel mondain, peu propice à une préparation sérieuse, la délégation tricolore est aussi minée par des querelles intestines.

Une polémique entre l'entraîneur des skieurs James Couttet et Jean Vuarnet, non sélectionné pour le géant, fait les choux gras de la presse en France et trouble l'ensemble de l'équipe. C'est la première fois depuis la création des Jeux en 1924 que la France repart sans médaille.

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