From Official Website

Rétro JO: St-Moritz 1928

Rétro JO: St-Moritz 1928
Par Eurosport

Le 30/01/2010 à 11:00Mis à jour

Avant l'ouverture des XXIe Jeux Olympiques d'hiver, le 12 février à Vancouver, nous vous proposons de revivre quotidiennement les 20 éditions précédentes. Suite de cette saga avec le premier des deux passages des JO à Saint-Moritz, en 1928.

AU COEUR DES JEUX

Initialement prévus aux Pays-Bas, organisateurs des Jeux d'été à Amsterdam quelques mois plus tôt, les Jeux Olympiques d'hiver de 1928 ont finalement lieu à Saint-Moritz en Suisse. Dans l'Engadine, la météo est capricieuse. Quatre ans après Chamonix, la France ne décroche qu'une médaille d'or.

Après avoir essuyé le retrait des Pays-Bas n'étant pas capables de les organiser, le Comité international olympique cherche une ville de remplacement. Les cités suisses de Davos, Engelberg et Saint-Moritz. La dernière est choisie. C'est donc le 11 février 1928 qu'Edmund Schulthess, alors président de la confédération helvétique, inaugure le deuxième épisode olympique des jeux d'hiver à Saint-Moritz, quatre après le rendez-vous de Chamonix, en Haute-Savoie.

Au départ de cette deuxième olympiade hivernale, vingt-cinq nations sont représentées, soit neuf de plus qu'à Chamonix. Les femmes sont encore beaucoup moins présentes que leurs homologues masculins puisqu'on en dénombre que 26 sur les 464 athlètes présents en Suisse (ils étaient 258 quatre ans plus tôt).

Dans l'Engadine, durant toute la semaine de compétition, la météo fait des siennes. Des épreuves sont annulées en raison des changements soudains de températures. D'autres ressemblent à d'incroyables parcours du combattant (le 50km ski de fond, voir plus bas). Ces Jeux de Saint-Moritz sont néanmoins un succès populaire puisque 40 000 spectateurs assistent aux 14 épreuves.

En raison des difficultés météorologiques et des problèmes de jury rencontrés lors des épreuves de patinage de vitesse, la presse internationale s'interroge sur l'avenir des JO d'hiver. Visionnaire, le quotidien français, le Miroir des Sports, déclare après la cérémonie de clôture : "Les incidents de la patinoire ont porté un coup très rude aux Jeux Olympiques d'hiver, qui peut-être, ne s'en relèveront pas". Vingt ans plus tard, le CIO confie de nouveau l'organisation des Jeux à Saint-Moritz.

A SAVOIR

Nombre de nations : 25
Nombre de participants : 464 (26 femmes et 438 hommes)
Nombre d'épreuves : 14
Dates : Du 11 au 18 février 1928
Pays le plus médaillé : La Norvège (16 médailles, 7 en or, 4 en argent et 5 en bronze)
Nombre de médaille française : 1
Ouverture officielle : Edmund Schulthess
Serment : Hans Eidenbenzn

LA PETITE HISTOIRE

Au départ du 50km, il fait 0 degré. Une heure plus tard, le thermomètre indique +25, en raison du Foehn. La neige fondue gène considérablement les fondeurs. Le Suédois Per Erik Hedlund s'impose, devant les favoris norvégiens, avec 13 minutes d'avance.

En raison de la mauvaise qualité de la glace, l'épreuve de 10 000 mètres en patinage de vitesse est annulée.

Première participation asiatique aux Jeux d'hiver avec la présence d'athlètes japonais.

LES HEROS

Sonja Henie (Patinage - Norvège)

Après avoir participé aux JO de Chamonix à l'âge de 11 ans (!), Sonja Henie a fait sensation en s'imposant dans l'épreuve féminine de patinage artistique à 15 ans, un record de précocité qui fait de la Norvégienne la plus jeune championne olympique dans une épreuve individuelle. A Saint-Moritz, elle fait l'unanimité... ou presque puisque sur les sept juges, six la placent en première position.

Quatre ans plus tard, elle rééditera cet exploit en s'adjugeant une nouvelle médaille d'or. Aux Jeux de 1936 à Garmisch-Partenkirchen, elle remporte une troisième récompense dorée à 23 ans. Mettant de côté sa carrière sportive, elle décide de se tourner avec le cinéma et devient une star à Hollywood (The Ice en 1937 et Sun Valley Serenade en 1941).

Ivar Ballangrud (Patinage de vitesse - Norvège)

Autre figure du patinage olympique à l'époque, le Norvégien Ivar Ballangrud, spécialiste de la vitesse. Le Norvégien a participé à trois Olympiades et remporté sept médailles. A Saint-Moritz, il s'impose sur 5 000m avec 8,6 secondes d'avance sur ses poursuivants. Un gouffre. Il décroche le bronze sur 1500 m. Quatre ans plus tard, à Lake Placid, il ne décroche "que" l'argent sur 10 000m. Mais c'est à Garmisch-Partenkirchen, en 1936, qu'il explose en remportant trois médailles d'or (500, 5 000 et 10 000m) et une médaille d'argent (1 500m).

William Fiske (Bobsleigh - Etats-Unis)

A quoi tient une participation olympique ? Parfois il suffit juste de répondre à une annonce parue dans un journal. C'est ce qu'on fait trois des quatre coéquipiers de l'Américain William Fiske présents dans le bob à 5 des Etats-Unis. Pour la petite anecdote, ces trois "bobeurs" n'avaient jamais vu à quoi ressembler un bobsleigh. Cela ne les empêcha pas de décrocher l'or à Saint-Moritz.

William Fiske, lui, n'avait que 16 ans lorsqu'il mené son équipe à la victoire. Il rééditera l'exploit quatre ans plus tard, après avoir remporté les trois manches. En 1939, il est le premier Américain à être admis dans la Royal Air Force britannique. Blessé lors de la Bataille d'Angleterre, il meurt le 17 août 1940, à 29 ans. Il est enterré à Boxgrove Priory. Sur sa tombe, une plaque commémorative : "Un citoyen américain qui mourut pour que vive l'Angleterre".

Gillis Grafström (patinage - Suède)

Un visionnaire. Un innovateur. Le Suédois Gillis Grafström a révolutionné le patinage à Saint-Moritz. Il peut se vanter d'être le créateur de l'axel, la pirouette assise avec changement et la pirouette au vol. Il détient le record de médailles d'or olympiques (1920, 1924 et 1928). En 1932, à Lake Placid, l'homme est âgé de 38 ans. Il est détrôné par Karl Schäfer mais décroche tout de même l'argent et devient ainsi le seul patineur artistique à avoir obtenu quatre médailles olympiques.

LES MEDAILLES FRANÇAIS

Or (1)

Pierre et Andrée Brunet (Patinage artistique - Couples mixte)

Pierre Brunet et Andrée Brunet, née Joly ont participé à trois olympiades et remporté trois médailles : une de bronze en 1924 et deux d'or en 1928 et 1932. A leur palmarès, le plus beau des patineurs français, il faut ajouter quatre titres mondiaux (1926, 1928, 1930, 1932). En 1936, ils refusent de participer aux Jeux de Garmisch-Partenkirchen en 1936 pour montrer leur hostilité au régime nazi.

Rendez-vous mardi pour la suite de notre rétro... avec les JO de 1932.

0
0