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Rétro JO: St-Moritz 1948

Rétro JO: St-Moritz 1948
Par Eurosport

Le 20/01/2010 à 05:00Mis à jour

Avant l'ouverture des XXIe Jeux Olympiques d'hiver, le 12 février à Vancouver, nous vous proposons de revivre quotidiennement les 20 éditions précédentes. En 1948, Saint-Moritz accueille pour la deuxième fois les Jeux, 20 ans après la première. Le Français Henri Oreiller s'illustre.

AU COEUR DES JEUX

Seconde Guerre Mondiale oblige, les Jeux Olympiques d'hiver ont connu une interruption forcée après 1936. Lake Placid se propose. Saint-Moritz est choisie. Douze ans après Garmish-Partenkirchen, les Jeux reviennent en Suisse, là où ils avaient déjà eu lieu, en 1928. L'Allemagne et le Japon (qui aurait dû organiser les Jeux de 1940 à Sapporo), ne sont pas admis à prendre part aux sixièmes Olympiades d'hiver de l'histoire en raison de leur rôle durant la guerre.

Vingt-huit nations sont présentes dans l'Engadine. Les femmes sont (toujours) en large minorité puisque sur les 669 athlètes autorisés à défendre leurs chances, on n'en dénombre que 77 du sexe dit "faible". Au tableau des médailles, la France en récolte cinq (2 d'or, 1 d'argent et 2 de bronze), et se classe cinquième nation, derrière les deux intouchables scandinaves, la Suède et la Norvège, ex-aequo avec 10 médailles (4 d'or, 3 d'argent et 3 de bronze chacun). Les skieurs tricolores, Henri Oreiller (trois médailles) et James Couttet (deux médailles) sont les deux seuls médaillés français. Oreiller sera d'ailleurs, avec le skieur nordique suédois, Martin Lundström, le seul à obtenir deux médailles d'or.

A SAVOIR

Nombre de nations : 28
Nombre de participants : 669 (77 femmes et 592 hommes)
Nombre d'épreuves : 22
Dates : Du 30 janvier au 8 février 1948
Pays le plus médaillé : Norvège et Suéde (10 dont 4 or chacun)
Nombre de médaille française : 5
Ouverture officielle : Enrico Celio
Serment : Riccardo Torriani

LA PETITE HISTOIRE

Outre l'Allemagne et le Japon, non autorisés à participer, trois autres pays ont dû se retirer de la compétition. Le Portugal et la Palestine se retirent au dernier moment tandis que le seul engagé australien, un skieur, se blesse lors d'un entraînement et doit déclarer forfait.

Après l'ère "Sonja Henie", c'est au tour de Barbara Ann Scott de dominer de la tête et des épaules le patinage mondial. A Saint-Moritz, la jeune Canadienne (19 ans) s'adjuge la médaille d'or sans trembler un instant. Sûre de son fait, gracieuse et appliquée techniquement, elle succède, sans sourciller, à la triple championne olympique, Sonia Henie. 1949 la verra passer professionnelle.

Après une première tentative à Saint-Moritz en 1928, le skeleton refait son apparition vingt ans plus tard. Après un hiatus de près de 50 ans, la discipline réapparaîtra à Salt Lake City en 2002.

LES HEROS

Henri Oreiller (ski alpin, France)

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Gretchen Fraser (ski alpin, Etats-Unis)

Lors du slalom dames, l'Américaine Gretchen Fraser réalise le meilleur temps de la première manche. Au moment de s'élancer pour la seconde, on lui indique qu'il y a un problème de communication entre le sommet et le bas de la piste et qu'elle doit patienter quelques instants.

Malgré 17 minutes d'attente, Fraser, âgée de 28 ans, s'impose et devient la première médaillée d'or américaine. Un peu plus tard, elle remporte la médaille d'argent au combiné faisant d'elle la première star du ski alpin américain. Pour la petite histoire, l'Américaine doubla la championne de patinage artistique, Sonja Henie, dans deux films : Thin Ice (1937) et Sun Valley Serenade (1941).

Ake Seyffarth (patinage de vitesse, Suède)

Annoncé favori du 5 000m, après avoir précédemment établi un nouveau record du monde de la distance sept ans plus tôt, le patineur de vitesse Ake Seyffarth frôla un photographe qui s'était délibérément placé sur la glace pour prendre sa photo. Après avoir perdu de nombreuses secondes, le Suédois termine septième. Deux jours après cet épisode malheureux, Seyffarth remporte le 10 000m en devançant son dauphin... de 9,7 secondes.

LES MEDAILLES FRANÇAIS : 5

OR : 2

Henry Oreiller (ski alpin, Descente et combiné)

Le "fou descendant" a marqué l'histoire de ces JO de 1948 en remportant le premier titre olympique hivernal français. Pourtant, tout avait mal commencé pour Henri Oreiller. Au matin du 2 février, jour de la descente, le skieur français ne parvient pas à retrouver ses skis fétiches, des « planches » rouges sans lesquelles il ne veut pas courir. Après de longues recherches, Oreiller retrouve ses skis sur le toit de la voiture d'un Américain qui les avait embarqués par mégarde.

Parti avec le dossard 9, le skieur de Val d'Isère aborde le "mur de la Sorcière" à toute vitesse. Il s'envole sur un saut de la piste Piz Nair. En complet déséquilibre, il atterrit sur le ski gauche, tandis que le droit aurait tendance à battre l'air. La chute est évitée de peu, à la surprise des spectateurs présents au bord de la piste. Sur la ligne d'arrivée, et malgré cette frayeur, le chrono est sans appel : 4,10 secondes d'avance sur son dauphin Franz Gabl. Un gouffre. Lors de la remise des médailles, Oreiller brille &hellip par son absence, après avoir oublié de se rendre à la cérémonie. Il se verra remettre sa médaille d'or sept jours plus tard, lors du combiné. Un combiné qu'il s'adjuge également, juste avant de décrocher le bronze en slalom.

ARGENT : 1

James Couttet (Ski alpin - Slalom)

Première médaille pour le Français. Déçu, l'homme visait l'or.

BRONZE : 2

Henry Oreiller (Ski alpin - Slalom)

Après ses titres en descente et en combiné, il remporte sa troisième médaille personnelle.

James Couttet (Ski alpin - Combiné)

Formidable doublé tricolore sur le combiné après l'or décroché par Oreiller.

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