Le coup de bambou

Vice-championne olympique 2004, Frédérique Jossinet s'est fait cueillir au 1er tour par la Kazakh Nurgazina, samedi. Dimitri Dragin a réalisé un beau parcours, achevé au 5e rang.

Eurosport

Crédit: Eurosport

25 secondes... C'est le temps qu'aura mis Frédérique Jossinet pour prendre le pouls des Jeux de Pékin. En se faisant contrer sur un mouvement de hanche par la Kazakh Nurgazina après 25 secondes de combat, la spécialiste des médailles d'argent (olympique, monde) a vu s'envoler ses rêves d'or. Elle ne pensait qu'à ça, ne vivait que pour ça et rentrera en France avec ses espoirs en berne. L'élimination précoce de son adversaire, la modeste Nurgazina ne lui a même pas permis d'être repêchée.
On pourra parler de réveil tardif, de mise en action complexe lors d'une première journée des Jeux où l'on attendait beaucoup d'elle. Toujours est-il que Frédérique Jossinet s'est totalement ratée sans que l'on puisse remettre en cause son adversaire. La modeste Nurgazina aura su se montrer maligne et réaliste alors que la Française tentait trop vite le coup dur pour abréger le combat.
Dragin si près si loin
Pour ses premiers Jeux, Dimitri Dragin aura parfaitement rempli sa mission. Le Français de 23 ans, tardivement préféré à Cyril Soyer, 29 ans, pour représenter la catégorie des -60 kg, a achevé son parcours à la 5e place, samedi à Pékin.
Avec pour seul bagage un titre mondial universitaire en 2007, le licencié de Maisons-Alfort a crânement pris sa chance d'entrée contre Nestor Khergiani, vice-champion olympique 2004 et du monde 2007. Avec un brin de réussite puisqu'un ramassé de jambe du Géorgien a fait croire à l'irrémédiable chute. Mais le Tricolore est parvenu à placer une attaque dans l'attaque, sous la forme d'une planchette japonaise. A une trentaine de secondes de la fin, il a placé un mouvement d'épaule (seoi nage) traduit par un waza-ari qui fût finalement décisif.
Lors du premier combat, on avait vu Dimitri Dragin prendre l'initiative avant de travailler en contre. Ce fût le thème contre l'expérimenté Israélien Gal Yekutiel. Sa méfiance lui couta même un avertissement (shido) qu'il compensa à 8 secondes du gong par un koka pour aller au golden score. En prolongation, il ne lui a fallu que quelques secondes pour s'imposer sur ippon, sur un contre parfait face à un adversaire diminué par une blessure au nez. Le 3e tour a été tout aussi tactique, contre le Russe Ruslan Kishmakhov, spécialiste de l'esquive. L'esprit offensif de Dimitri Dragin a été payant en toute fin de combat, avec deux koka.
Malheureusement, la suite fût moins heureuse contre le champion d'Europe en titre Lugwig Paischer, un rival qu'il connaissait bien. Sans solution, le Français a encaissé un avertissement (Chui) à moins de deux minutes de la fin qu'il n'a jamais pu surmonter. Battu sur le chemin de la finale, Dimitri Dragin a vécu la même frustration dans son ultime joute pour la médaille de bronze, écarté par le métier de l'Ouzbek Rishod Sobirov.
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