Cinq mois seulement après son accouchement, la double championne olympique Clarisse Agbegnenou retrouve les tatamis samedi en Géorgie, un retour à la compétition qu'elle aborde "tranquillement", sa fille Athéna à ses côtés et les JO 2024 dans le viseur. Lors de l'annonce de sa grossesse en février, la judokate de trente ans, porte-drapeau des Bleus et grande star des JO de Tokyo, avait tout de suite donné rendez-vous pour ceux de Paris en 2024.
La première étape sur la route de son objectif passe donc par la Géorgie, où elle défendra les couleurs de son club du Red Star de Champigny en Ligue des champions, une épreuve par équipes. Comme pour tous ses déplacements à venir, "Athéna sera de la partie, a expliqué Clarisse Agbegnenou à l'AFP avant son départ pour Gori. Je ne voulais pas rater ces moments où elle grandit. Je voulais profiter avec elle."
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Cette pause "m'a fait un grand bien, m'a donné un bon souffle", a-t-elle ajouté. Après une olympiade rallongée pour cause de pandémie, "j'avais besoin de couper, j'étais vraiment à l'agonie. Là je me sens tellement mieux qu'il y a un an et demi et je peux repartir pour Paris 2024 tranquillement."

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Pas de pression particulière pour sa reprise, assure-t-elle. "Je me suis juste dit : 'Ecoute, Clarisse. Il faut bien reprendre quelque part. Là c'est un bon moment, donc vas-y à fond !'" Au cours de sa grossesse, Clarisse Agbegnenou ne s'était pas ménagée pour s'entretenir physiquement. Deux semaines après son accouchement, elle reprenait déjà les exercices pour muscler ses abdominaux et son périnée puis le travail du cardio au cours de l'été. Les randoris, les combats d'entraînement, ne figurent à son programme que depuis septembre.
Mais devenir mère a semble-t-il enlevé à la quintuple championne du monde et d'Europe le stress de la compétition. "Je n'y pense même pas. Je suis au quotidien avec ma fille, à parler comme un bébé, à faire des bisous, des câlins... Pour moi, tout le stress que je peux avoir, c'est pour ma fille, ce n'est plus pour moi. Et c'est une bonne chose, ça fait relativiser." Quel l'objectif désormais ? "Me jauger, voir comment ça va se passer. Regarder les différents axes qu'il y aura à travailler au fur et à mesure que se rapproche la date ultime. En 2024, avoir une médaille d'or à la maison, c'est vraiment mon but extrême."
A Paris, elle se réjouit déjà de pouvoir compter sur une source de motivation supplémentaire avec la présence de sa fille. "C'est incroyable, je me suis jamais dit un jour que ça allait se passer et ça va se passer. Elle aura deux ans presque jour pour jour, elle pourra dire 'Allez maman!'. C'est la plus belle chose."

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Après la Ligue des champions, Clarisse Agbegnenou devrait renouer avec la compétition individuelle début 2023 lors du Grand Slam de Paris (4 et 5 février) ou lors de l'étape de Tel-Aviv (17-19 février). "Il me manque encore beaucoup d'endurance musculaire pour l'instant. Il faut que je reprenne la force physique que j'avais avant, l'endurance, la rapidité et après les techniques reviendront", reconnaît-elle toutefois.
En Géorgie, elle retrouvera l'autre chef de file du judo français, Teddy Riner, de retour de blessure. Le décuple champion du monde s'était imposé au Grand Slam de Budapest pour son retour après les JO de Tokyo. Il devait participer aux Mondiaux en octobre en Ouzbékistan mais avait dû renoncer en raison d'une blessure à une cheville. Interrogé sur d'éventuelles craintes liées à son physique, qui pourraient l'empêcher d'aller jusqu'aux JO de Paris, le Guadeloupéen avait affirmé : "S'il faut que je monte sur les tapis en 2024 avec une jambe cassée, je le ferai".
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