Guerre au Moyen-Orient : Meisam Amini, un lutteur lyonnais dans l'enfer de la guerre en Iran
Par Clément Lemaître
Publié 07/06/2026 à 23:58 GMT+2
Vice-champion du monde en 2003, Meisam Amini, arrivé en France en 2010, est aujourd'hui coach et une figure emblématique du club de lutte de Lyon Saint-Priest. Pour des raisons familiales, il a dû retourner dans la province du Mazandéran (au nord de Téhéran) en janvier. Actuellement bloqué en Iran, bombardé depuis le 28 février dernier, Meisam Amini raconte son quotidien dans un pays en guerre.
Meisam Amini.
Crédit: Other Agency
Quand la grande histoire vient percuter le quotidien du club de lutte de Lyon Saint-Priest. Depuis le mois de janvier, Meisam Amini (42 ans), coach et figure emblématique de ce club de Rhône-Alpes, vit des heures très compliquées en Iran, dans la province du Mazandéran (au nord de Téhéran), son pays natal qu'il a quitté en 2010 pour s'installer à Lyon.
"Quand j’ai vu la situation devenir instable et se dégrader en Iran, je suis retourné auprès de ma famille pour m'occuper de mon père, victime d'une grave crise cardiaque, et de mes proches. Je voulais être à leurs côtés, nous explique-t-il. À la suite des événements de janvier, le pays était plongé dans une immense tristesse et un grand deuil. Le sourire avait disparu des visages. Le pays était sous un dispositif de sécurité maximal et se trouvait déjà dans un climat proche d’une situation de guerre."
La lutte est mon unique équilibre
Meisam Amini est une personnalité reconnue et pas seulement dans la région lyonnaise. Outre son double titre de champion d'Asie, il a été vice-champion du monde de lutte en 2003. Même dans un contexte de guerre que vit l'Iran depuis le 28 février dernier, la lutte n'est jamais bien loin. "Une fois que mon père a eu besoin de moins de soins constants, j'ai repris le chemin de la salle il y a environ un mois. Je m'entraîne un peu et j'aide à former les jeunes lutteurs, souligne-t-il. Dans cette situation, j'étais moi-même devenu très déprimé, et le club de lutte reste le seul endroit où j'oublie tous mes problèmes et où je trouve enfin la paix. La lutte est mon unique équilibre."
Mais une fois dans les rues iraniennes, c'est un contexte très lourd au quotidien entre bombardements, coupure quotidienne des moyens de communication sans parler des importantes pertes humaines depuis plusieurs mois. "Le pays était déjà dans une atmosphère de guerre avant même le début des bombardements, faisant face à de multiples difficultés, rappelle-t-il. Après cela, la vie quotidienne est devenue encore plus pénible. Beaucoup de familles ont été contraintes de fuir et de quitter leurs maisons en raison de la proximité de leurs habitations avec des zones sensibles. À cause de la guerre, le prix des marchandises a bondi. Pour l'instant, nous essayons de survivre au jour le jour.
Meisam Amini ne le cache pas : "le moral est au plus bas et les gens sont extrêmement inquiets". Cinq mois après son arrivée, l'ancien champion de lutte ne sait pas encore quand il pourra retourner à Lyon. "Le pays a été placé sous des restrictions de sécurité majeures. Même circuler dans les rues était devenu difficile en raison des événements graves et tragiques survenus en janvier. Les restrictions de sécurité et de déplacement sont extrêmement strictes puisque le pays fonctionne en état de guerre. Après le cessez-le-feu, j’aurais peut-être pu trouver un moyen de partir, mais je ne peux pas abandonner ma famille, mes proches et mon entourage", a-t-il conclu.
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