UFC 325 | Benoît Saint Denis contre Hooker, ou l'art de résister à la tentation de transformer le combat "bain de sang"

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Benoît Saint Denis est déjà de retour dans la cage deux mois et demi après sa victoire express contre Beneil Dariush. Dans la nuit de samedi à dimanche, il fera face à Dan Hooker lors de l'UFC 325 à Sydney. Le Français, favori pour la victoire, devra éviter le piège d'un combat violent et débridé, que lui tendra sûrement Hooker, un grand habitué des joutes sanglantes.

Benoît Saint-Denis et Dan Hooker (à gauche), face à face avant leur combat à l'UFC 325 à Sydney.

Crédit: Getty Images

Dans deux styles différents, Benoît Saint Denis et Dan Hooker ont tous les deux la gueule de l’emploi. D’un côté, le Néo-Zélandais, vêtu d’un simple débardeur en conférence de presse laissant apparaître son corps recouvert de tatouages, visage usé par presque 12 années de baston à l’UFC. De l’autre, le Français, barbe fournie, traits durcis par les guerres livrées au sein des forces spéciales et dans l’octogone, oreilles en forme de "canots de sauvetage", selon les moqueries de son adversaire. Et "BSD" a beau avoir adopté le costume deux pièces pour la conférence de presse ouverte au public avant l’UFC 325, lui comme Hooker ont des vrais faciès de brutes. A mi-chemin entre le bûcheron viril et le bagarreur de bar. 
Si la remarque peut amuser, soyez certain que c’est ce sujet qui occupe depuis des semaines l’esprit du staff de Saint Denis. Car tout l’enjeu sera de trouver le bon dosage pour ne pas faire de cette soirée à Sydney un pugilat sanglant, façon 'on jette une pièce en l’air et on verra bien qui tombe K.-O'. Ceci est un combat dans le top 10 de l’UFC, avec un potentiel accès au top 5 à la clé, le hasard n’a plus lieu d’être. Surtout qu’au jeu de celui qui saura le mieux débrancher le cerveau pour combattre, le Français, connu pour son style de tête brûlée, trouvera samedi soir quelqu’un à sa mesure. Dan Hooker compte à son actif quelques-uns des combats les plus sanglants de l’histoire de l’UFC, voire les plus difficiles à regarder. 
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La grosse décénnie de Dan Hooker à l'UFC, passée à livrer des combats très durs, a laissé des traces sur son visage.

Crédit: Getty Images

En témoigne sa joute perdue contre Dustin Poirier en juin 2020, qu’aucun fan de MMA n’a oublié. Ce jour-là, Hooker avait quitté la salle de l’UFC Apex allongé sur un brancard direction l’hôpital, les yeux fermés par les hématomes, le visage tuméfié et la bouche entrouverte. De quoi le vacciner ? Pas vraiment. En conférence de presse, il n’a pas hésité à couper la parole à Benoît Saint Denis, qui évoquait la potentielle violence de ce combat, pour lui demander de ne pas le "tenter avec du bon temps". Cogner très fort ou se faire cogner très fort, "The Hangman" ne connaît que ça. Et puisqu’il sera presque à domicile à Sydney, il aura à cœur respecter sa réputation devant son public qui l’aime pour cette raison.

"BSD" souffle le chaud et le froid

Voilà la dilemme auquel Saint Denis fait face : faut-il renouer avec son style à la prise de risque maximale et, en cas de victoire, accroître encore son aura de combattant spectaculaire ? Ou alors continuer dans la veine de son travail avec son entraîneur Nicolas Ott, tempérer cette fougue, mieux construire ses combats et lâcher les chiens de manière plus calculée ? Évidemment, la bonne réponse ne sera connue qu’une fois que l’un des deux hommes aura eu la main levée par l’arbitre. Mais connaissant Ott et son approche scientifique du combat, il serait très surprenant de le voir envoyer son protégé à l’abattoir et voir ce que cela donne.
Pourtant, cela n’empêche pas le binôme de donner quelques fausses pistes. Benoît Saint Denis a soufflé le chaud et le froid, en promettant un véritable "bain de sang", après avoir glissé à un journaliste que ceux qui ont essayé avant Hooker de le mener dans le piège de la bagarre pure et dure, "ça leur a joué des tours". Le Français a esquivé toutes les questions habituelles concernant la stratégie décidée pour le combat, ou la manière dont il se voit le gagner.
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Benoît Saint-Denis après sa victoire face à Beneil Dariush lors de l'UFC 322, le 15 novembre 2025

Crédit: Getty Images

Face à un Hooker plus grand, à l’allonge supérieure, amener le combat contre la cage et au sol avec une grosse pression semble la solution appropriée pour "BSD". L’évidence est là, d’autant que dans ce domaine, il évolue comme un poisson dans l’eau. Reste à éviter que le goût de l'hémoglobine, la sienne comme celle de l’adversaire, ne lui fasse perdre le fil. Ce qui n’est pas impossible pour un homme qui vise, selon ses confidences, "les deux ceintures les plus violentes de l'UFC, qui sont le titre incontesté des poids légers et le BMF (baddest motherfucker, le pire enfoiré en français, une ceinture qui se dispute entre les plus gros bagarreurs de l’UFC, sans distinction de poids)". Car dans le fond, Saint Denis a évolué, mais n'a pas profondément modifié son ADN.
Des confidences de ceux qui ont pu partager ponctuellement certains de ses entraînements, il reste ce qu'on appelle un dur au mal. Toujours rugueux dans son travail, même lorsqu'il s'agit de révision technique. Toujours extrêmement concentré, voire fermé, lorsqu'il travaille à la salle, tant il se dédie au travail. Contre Hooker, il ne faudra ni brider, ni céder à cette nature. Le Français, favori des bookmakers pour ce combat, s'est vu offrir un joli tremplin vers les hauteurs des -70kgs, il ne faudrait pas tout gâcher.
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