UFC Londres | Axel Sola, le combattant français aux allures d'intello et amoureux de "baston", évoque son rapport au MMA

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Axel Sola a débarqué à l'UFC avec une victoire éclatante à Paris en septembre 2025. Samedi soir, il affrontera le Gallois Mason Jones à Londres pour son retour dans la cage, l'occasion de découvrir un profil atypique dans le monde du combat. Un savant mélange entre une approche presque scientifique du MMA et amour de la bagarre pure et dure, qu'Axel Sola a décrit pour Eurosport.

Axel Sola lors de sa victoire contre Rhys McKee à l'UFC Paris en septembre 2025.

Crédit: Getty Images

Et si on commençait cette interview avec une anecdote. Aux championnats du monde de MMA, en 2017, au deuxième tour, vous aviez essayé de faire croire à votre adversaire, qui ne vous connaissait pas, que vous étiez un pur lutteur ?
Axel Sola : À l'époque, pour les échauffements, on était tous dans la même salle, même avec les adversaires. J'ai voulu feinter mon adversaire, pour l’échauffement, je m'étais mis en droitier, alors que je combats en gaucher (sourire). Je faisais beaucoup de défenses et d'attaques de lutte, avec plein d'exercices d'échauffement articulaire propres à la lutte pour lui mettre le doute. Et effectivement, au début du match, il était sur ses gardes, il s'attendait à ce que je plonge dans ses jambes, mais au bout de deux minutes où je commençais à le bombarder de coups de pied, il a compris que non.
C’est le genre de chose qui n’est plus possible, maintenant qu’il y a des vidéos de tes combats facilement accessibles. Mais est-ce que vous diriez que dès le départ vous étiez dans la stratégie, dans l’analyse ?
A.S : C'est plutôt mon rapport à la pédagogie de manière générale. Là, ça s'exprime à travers le MMA, mais je suis le type de personnes qui a vraiment besoin de comprendre pour faire quelque chose. C'est très difficile si mon coach me dit : "Ok, il faut que tu fasses ça comme ça", si je ne comprends pas pourquoi. J'ai besoin de rationaliser les choses dans ma tête, comprendre pourquoi je le fais, c'est nécessaire pour moi. 
Tous les combattants ne sont pas comme ça. Je ne pense même pas que ce soit une qualité nécessaire pour devenir un bon combattant. Mais le fait est que je sais que je fonctionne comme ça, c'est plus cet aspect-là qui ressort, je pense. Même si en combat, il ne faut plus rationaliser, il faut déconnecter et aller vite.
Le corps humain me passionne
En même temps que le MMA se professionnalise, il y a de plus en plus l’aspect tactique qui ressort. C’est une chose dans laquelle vous vous retrouvez ?
A.S : Il y a une partie du combat qui est intimement liée à l'instinct et qui est par définition imprévisible. C'est ce qui rend aussi le combat intéressant. Mais il y a quand même une partie qu'on peut structurer et préparer. C'est le cas dans tous les sports. Je me retrouve dans cette partie-là. C'est quelque chose que j'ai pu étudier quand j'étais à l'université en fac de sport. Par rapport à la préparation physique par exemple, penser comment on intègre l'entraînement physique au service de la logique de l'activité. Oui, ça me parle.
Ce que vous avez appris pendant votre master de STAPS, vous essayez de l’appliquer au MMA ?
A.S : Le corps humain me passionne. La physiologie, l'anatomie, la biomécanique... sont des choses qui m'intéressent beaucoup. Ça fait partie de moi, c'est quelque chose qui me passionne. J’ai fait ces études parce que ça m'intéresse, pas par défaut.
Malgré votre profil un peu combattant "intello", vous avez quand même ce côté bagarreur. On a vu passer des vidéos de vous avec Virgil Augen, un autre combattant de MMA, vous tenant la main au milieu d’une table, un gant de boxe sur la main libre, à vous balancer des parpaings.
A.S : (Sourire) Ah bah si tu n'aimes pas ça, la bagarre, c'est un sport qui va être compliqué quoi. Ce n’est pas un jeu, ça reste de la baston. Mais il faut réussir à trouver du plaisir et de l'aboutissement dans cette chose. Et effectivement, je pense avoir cette petite flamme, sinon je ne ferai pas ce sport-là. Je pense que les deux vont bien ensemble.
Vous êtes conscient de présenter un profil assez singulier ?
A.S : Je pense que la plupart des gens ont un profil singulier, ça se voit plus ou moins. Mais oui, je pense que j'ai un profil singulier. Après, le travail c'est aussi de le rendre accessible et de le mettre en scène. 
Comme faire des vidéos en blouse de scientifique sur Instagram pour présenter vos partenariats pour des compléments alimentaires ?
A.S : Ce n'est pas forcément quelque chose que je fais bien, mais c'est quelque chose qu'il va falloir que je fasse mieux. En tant que combattant, les gens ont besoin de te connaître, de vivre aussi ce que tu vis un peu à travers toi. Et pour ça, il faut partager. C'est tout un art de le partager, et ce n’est pas un art que je maîtrise. 
Créer un écosystème autour de moi qui me permet d'avancer sur ma communication
Vous y travaillez ? C’est quelque chose que vous vous forcez à faire ou qui vous plaît ?
A.S : On tend à se professionnaliser à ce niveau-là aussi. J'ai envie d’essayer d'avancer sur cet aspect-là, mais c'est un savoir-faire. Ça prend du temps et ça demande de l'énergie, de la réflexion. Je suis avant tout combattant et l'essentiel de mon énergie, je dois le consacrer à ma progression. Même sur les aspects nutrition et préparation physique, pour lesquels je suis formé, déléguer à des gens qui le font mieux que moi, ça me libère de l'espace pour me concentrer sur ce qui est vraiment important. 
Donc l'aspect médiatique aussi, j'ai envie de progresser, mais je ne peux pas le gérer totalement. Je me suis un petit peu amusé à le faire après mon dernier combat parce que j'étais blessé (ndlr : à la main lors de sa victoire à l’UFC Paris en septembre dernier). Maintenant, il faut que j'arrive à créer un écosystème autour de moi qui me permet d'avancer sur cet aspect-là aussi sans que ça me bouffe trop mon énergie.
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Axel Sola (à droite), s'était blessé à une main en envoyant un coup à Rhys McKee à l'UFC Paris.

Crédit: Getty Images

Avez-vous des regrets sur certaines séquences médiatiques, comme au micro de l’UFC après votre victoire à Paris, où vous aviez paru plus déçu qu’autre chose ?
A.S : J'étais content de ma perf, j'avais surtout très mal à la main. Après, on peut toujours mieux faire. J'aurais pu mieux parler, mieux faire le show. Mais sur le moment, ce n'est pas ce qui est ressorti et ce n'est pas grave. Mon parcours ne dépend pas de ça, il dépend de ce que je vais proposer dans la cage au prochain combat. Donc je suis avant tout concentré là-dessus. Et je fais des erreurs, c'est normal. L’essentiel, c'est de tirer la leçon de ses erreurs et de faire mieux.
Justement, votre prochain combat est contre Mason Jones, un combattant qui avance constamment dans la cage, avec beaucoup de volume de frappes, quelles sont vos pistes pour gérer son agressivité ?
A.S : Il va falloir l'empêcher de trouver ses moments pour appliquer son jeu. Donc créer des situations qui sont inconfortables pour lui, pour l’empêcher de trouver ses entrées, lui rendre difficile ses timings d’attaque. Et malgré tout s'il arrive à les trouver, il faudra exploiter ses réactions, son comportement dans la cage pour imposer mon jeu.
À quel point l'analyse vidéo, l'analyse statistique peut-être aussi, a eu de l'importance dans cette préparation pour ce combat ?
A.S : Ca ne prend pas tant de place que ça au final. Ce qui est important, c'est de comprendre qui tu as en face, sa manière de combattre. Ça se comprend assez vite. Combat après combat, la plupart des combattants proposent la même chose et une fois que tu l'as compris, ça donne une direction pour l'entraînement et ce qu'on va appliquer.
Au début de ma carrière, je cherchais juste à gagner
Vous avez conscience que pour avancer vite et aller haut à l’UFC, il faut faire le spectacle, gagner avant la limite, mais de manière intrinsèque, c’est quoi pour vous un beau combat dont vous êtes satisfait ?
A.S : C’est quand j’ai proposé quelque chose d'unique. J'ai proposé une manière de bouger, une manière d'appliquer mon jeu qui se démarque des autres combattants et qui, du coup, me permet de capter l'attention des matchmakers, du public. C'est ça qui fait la différence.
C’est une recherche constante chez vous ?
A.S : D'autant plus maintenant que je suis à l'UFC. Au début de ma carrière, je cherchais juste à gagner. Après, au fur et à mesure que j'avançais, je commençais à mettre plus d'engagement dans mes combats. Au fur et à mesure que je combats, je me rends mieux compte de l'espace que j'ai pour attaquer, pour proposer des choses, ou pas, tout en gardant une vue sur la victoire. Maintenant que je suis à l'UFC, c'est vraiment un boost pour aller encore plus loin dans le développement de mon jeu et grimper dans la hiérarchie après la victoire.
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