DEUXIEME PARTIE : CHANGER, GAGNER ET RESTER SOI-MÊME
> Première partie : "Monfils progresse à son rythme"
Difficile à déborder sur le court, difficile à cerner dans la vie, c'était le cliché de "La Monf'". Il faut certainement revoir l'homme à la lumière de sa saison 2008 et sous l'éclairage de Richard Warmoes : "C'est en suivant ses propres sensations, en restant lui-même qu'il progresse". L'épanouissement de Monfils, c'est cette générosité permanente. Celle qui lui a valu d'être catalogué "acteur spectaculaire et inconstant" par certains, et qui font de lui un des joueurs les plus électriques du circuit. Loin des sorties un peu potaches en 2006, il s'est exprimé pleinement en 2008. "Gaël est capable d'écourter ses vacances pour venir aider son club sans contrepartie financière" , raconte Warmoes. Il est aussi capable d'atteindre les demi-finales d'un Grand Chelem et de prendre une nouvelle direction en quittant Lagardère pour rejoindre l'Australien Roger Rasheed.
Après un Roland-Garros réussi, tout le monde est surpris par ce contre-pied. Le joueur blessé pendant l'hiver, flottait un peu avant d'être récupéré par le tandem Thierry Champion/Rémi Barbarin, et ils avaient fait du bon boulot ensemble. Le problème ? La présence de Philippe Manicom qui court-circuitait visiblement le suivi médical du Team* et l'envie de changement encore. Warmoes tente de lui opposer ses arguments pour rester dans un cadre qui lui a été profitable mais il sait aussi que c'est ainsi qu'il fonctionne. "La priorité, c'est son bonheur", convient-il. Comme les dirigeants du Team, qui ont dû se faire une raison.
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A la recherche d'un encadrement fort mais où il se sent en liberté
Entre son père Rufin, qui lui a présenté Philippe Manicom juste avant Roland-Garros et qui le conseille sportivement, et sa mère Sylvette, qui lui "remet les pieds sur terre" si besoin est, Gaël Monfils a choisi sa propre voie : un cadre fort, ses proches et désormais une agence de management (celle de Ion Tiriac comme Marat Safin), un entraîneur sévère (qui a eu affaire à Lleyton Hewitt) et une liberté de décision totale. Ce joueur-là n'est plus la caricature que l'on a pu en faire.
Tous ses entretiens à la presse cette année confirment cette tendance. Monfils a justifié ses changements d'entraîneurs et a toujours affiché ses ambitions. A Roland-Garros par exemple, il a répété patiemment à chaque tour qu'il voulait aller au bout, et c'est bien la déception qui a été de mise après sa défaite devant Roger Federer. Il y a démontré qu'il sait bien faire circuler l'énergie du public lors des grands matches. Alors pourquoi cette image de dilettante qui lui a longtemps collé aux baskets ? Parce que la communication des joueurs passe souvent mieux par les résultats.
Monfils vit un moment décisif dans sa carrière. Il dispose de toutes les cartes entre ses mains : il a stabilisé sa situation et choisi son encadrement, il bénéficie d'une image positive suite à son parcours à Roland-Garros et possède suffisamment d'expérience pour supporter la pression l'année prochaine. Lui qui n'a plus gagné de titre depuis 2005, lui qui n'a jamais joué en Coupe Davis, qui n'est jamais entré dans le top 10 et qui a suivi avec attention les exploits de ses "potes" Gasquet, Tsonga et Simon ces deux dernières années, il peut changer de dimension, tout en restant lui-même...
*Gaël Monfils a depuis cette semaine cessé sa collaboration avec Philippe Manicom.
LE PALMARES DE GAEL MONFILS
Titre : 1. Sopot en 2005.
Finales : 5. Metz, Lyon (2005), Doha (2006), Poertschach (2007), Vienne (2008)
. Grand Chelem, meilleures performances : Open d'Australie (3e tour en 2007), Roland-Garros (demi-finale en 2008), Wimbledon (3e tour en 2007), US Open (4e tour en 2008).
. Masters Series, meilleure perf' : MS Rome (demi-finaliste en 2006).
SON PARCOURS A ROLAND-GARROS (2008)
1er tour, bat Arnaud Clement (FRA) 7-5, 6-3, 6-1
2e tour : Luis Horna (PER) 7-6(5), 6-4, 7-5
3e tour : bat Jurgen Melzer (AUT) 4-6, 7-5, 4-6, 6-0, 6-2
4e tour : bat Ivan Ljubicic (CRO/N.30) 7-6(1), 4-6, 6-3, 6-2
1/4 : bat David Ferrer (ESP/N.5) 6-3, 3-6, 6-3, 6-1
1/2 : battu par Roger Federer (SUI/N.1) 2-6, 7-5, 3-6, 5-7
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