Eurosport
Biaggi persona non grata
Par
Publié 16/11/2005 à 16:00 GMT+1
Coutumier des divorces houleux, Max Biaggi trouve portes closes chez Honda et Yamaha alors que les meilleurs guidons de MotoGP 2006 sont déjà distribués. De l'ancien membre du HRC, même Ducati, Suzuki et Kawasaki ne veulent pas. Ne reste que l'équipe arti
Eurosport
Crédit: Eurosport
Voilà "l'Empereur" sans couronne maintenant sans moto, à force de déclarations égoïstes et tapageuses, de séparations consommées dans le dégoût. Huit saisons parmi l'élite ont pratiquement fâché Max Biaggi avec tout le paddock. Jusqu'au boutiste, le fier Romain s'est au fil du temps retranché dans des certitudes de diva qu'il n'est jamais parvenu à traduire en lauriers. Il ne sera probablement jamais champion du monde de la catégorie reine. A 34 ans, il pense à présent à assurer son avenir, trouver quelqu'un qui veut encore bien de lui.
L'ultime tort de Biaggi est d'avoir crié au "sabotage" en parlant de sa première -et dernière- saison, sans victoire, au Honda Racing Corporation. L'usine japonaise, qui fait courir ses deux machines officielles de MotoGP chez Repsol Honda, aurait arrangé la faillite de l'Italien ! Un excès de langage typique du quadruple champion du monde 250cc, aujourd'hui au comble de l'isolement après une nouvelle saison remplie d'acrimonie partagée. Le Japon a renoncé à le désarçonner avant le dernier grand prix, donné à Valence, face au refus de la Dorna, l'organisateur du MotoGP. Mais la sentence, prononcée en haut lieu, est restée en l'état : "Biaggi ne courra plus jamais sur une Honda".
Honda et Yamaha, même combat
Pour Biaggi, l'affaire tombe bien mal. Soutenu personnellement par Camel depuis 2003, année lors de laquelle il avait porté la combinaison jaune chez Pons, l'Italien était convenu avec Sito Pons de son retour dans l'équipe de Barcelone, en 2006. Sur une Honda du team satellite. L'association Biaggi / Camel / Honda impossible, Daniel Torras, directeur général du sponsoring de Japanese Tobacco International, la maison mère de Camel, a acté à Valence le veto de Honda, devant un parterre de journalistes, en retirant ses 10 à 12 millions d'euros de sponsoring du team Pons.
Banni de Honda, Max Biaggi n'a pas trouvé plus d'écho au coeur du Diapason. "Yamaha ne veut absolument plus entendre parler de Biaggi. Pas plus que Honda", nous a confirmé Hervé Poncharal, P-DG de Tech 3. Le patron de l'équipe de Bormes-les-mimosas cherche pourtant un sponsor et un pilote de premier plan pour 2006. "Nous avons le support de l'usine Yamaha pour faire rouler une M1 l'an prochain, peut-être deux. Vous vous doutez bien que si Yamaha était d'accord pour que nous engagions Biaggi, nous l'aurions fait depuis un moment", nous a ajouté l'ancien patron de Fortuna Yamaha.
Seul Kenny Roberts...
Biaggi chez Suzuki ? Il en était question avant que l'Australien Chris Vermeulen, étincelant lors de ses deux piges chez... Camel Honda Pons, ne participe au rajeunissement du MotoGP chez Suzuki. L'Italien ne roulera pas sur une troisième GSV-R. "Pas question", a répondu Paul Denning, le team manager de l'équipe, refroidi par la réputation exclusive du Transalpin.
Ducati ? L'équipe officielle, Marlboro Ducati, affiche complet avec Loris Capirossi et Sete Gibernau. D'Antin ? L'équipe satellite de Ducati révélera vendredi ses deux pilotes 2006, et Biaggi n'en fera pas partie...
Une Camel Kawasaki, alors ? "Notre moto n'est pas assez competitive et notre équipe n'a pas les moyens d'aligner une troisième Ninja", s'est excusé Harald Eckl, le directeur du team, qui va réunir Randy de Puniet aux côtés de Shinya Nakano.
Reste donc le Team Roberts, simple strapontin pour ce pilote de l'envergure qu'est Max Biaggi. Pourtant ! L'Italien, qui a pris conscience du rejet qu'il suscite, a ouvert les discussions avec Kenny Roberts, le champion du monde 1980, père de Kenny Roberts Jr, le champion du monde 2000 (Suzuki), qui s'apprête à réintégrer la structure familiale. "Je peux te faire un châssis sur mesures" , lui a lancé Roberts Sr, qui a signé un contrat de motorisation (un V5) pour 2006 et 2007 avec... Honda.
"Roberts et Biaggi sont deux personnalités extrêmes, mais peut-être peuvent-ils s'entendre pour que ça marche" , nous a expliqué Randy Mamola, observateur averti du MotoGP. On ne voit quand même pas bien ce que Biaggi irait faire dans cette galère, à espérer que Honda joue le jeu pour lui dans ce programme parallèle.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité