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"On est à 100%"
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Publié 18/11/2005 à 12:15 GMT+1
Après cinq titres avec Mick Doohan (1994-98) chez Repsol Honda, Jeremy Burgess a été l'artisan des cinq couronnes élite de Valentino Rossi depuis 2001, chez Repsol Honda puis Yamaha. Le chef mécanicien australien nous décrit sa relation de travail avec la
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Valentino Rossi a gardé en 2005 son titre acquis dès son arrivée chez Yamaha, en 2004. Comment a évolué la moto d'une année sur l'autre ?
Jeremy Burgess : L'année dernière, nous avions hérité de la moto de 2003 et fait des modifications dans la direction qui nous paraissait nécessaire. Tout ce travail acharné a ensuite été mis dans la machine de 2005, qui a corrigé beaucoup de ces problèmes. Nous avons substantiellement amélioré la moto, et la prochaine étape est d'avancer encore un peu plus en 2006.
Quel a été le sommet de la saison 2005 ?
J.B. : Il y en a eu plein ! Mais s'il faut en choisir un, je dirais la Chine, que j'attendais depuis longtemps. Il y avait une croyance depuis notre course à Jerez, en 2004, selon laquelle nous n'allions pas être compétitifs sur le mouillé. Nous avons amélioré la moto de façon significative pendant toute l'année 2004, sans avoir d'autre course sous la pluie. En Chine, nous avons enfin eu une course dans ces conditions. Nous avons dominé et l'avons prouvé encore à Donington, où était abusif de penser que nous avions un package et un pilote absolument décisifs sous la pluie.
Michelin vous a livré un nouveau pneu arrière en début de saison. Avez-vous connu quelques difficultés d'adaptation ?
J.B. : Michelin nous a toujours permis de progresser. Nous n'avons pas été les seuls : nos rivaux ont développé leurs pneus et nous avons du rester au top par rapport à eux, mais en aucune sorte je pense que nous avons été incommodés par ce pneu arrière. Nous avons pu faire les réglages et ajustement nécessaires sur la moto pour en tirer le maximum.
Est-ce que c'est l'équipe qui rend Valentino rapide ou Valentino qui va vite de lui-même ?
J.B. : Ce qui rend Valentino rapide est probablement Valentino lui-même, à 99%. Je pense que l'équipe a une bonne compréhension de ce que Valentino exige pour aller vite et nous avons des gens d'expérience et une gros passé de victoires en grand prix. Nous savons donc quand il est nécessaire d'aller vite et quand ça ne l'est pas.
Qu'est ce qui fait que votre relation fonctionne avec Valentino ?
J.B. : Agir simplement en professionnel en n'importe quoi fait que ça marche avec Valentino. Je fais mon travail professionnellement et il fait son travail professionnellement et nous travaillons tout deux à 100%. Je ne veux pas perdre, il ne veut pas perdre, je suis un compétiteur par nature, il l'est aussi et quand je travaillais avec Mick Doohan, il n'était pas questions d'être autre chose. Une fois que vous avez travaillé avec Doohan, le reste de votre vie est assez facile, mais nous avons pu apporter cette expertise à Valentino, et il nous a poussés à faire cela. Valentino a quitté une équipe italienne en 1999 et est venu dans une équipe japonaise dirigée par des Australiens. C'est donc lui qui a fait un pari et il dépendait de nous de lui donner un environnement pour qu'il soit heureux et démontrer son talent. Nous sommes ensuite passés à une autre marque japonaise et nous avons obtenu les mêmes résultats.
Est-ce que c'est un plaisir de travailler avec lui ?
J.B. : Oui, assurément. Il y a une grande différence d'âge entre nous, il a à peu près la moitié de mon âge. Quand il est arrivé il y a six ou sept ans, il était plus ou moins un adolescent et je l'ai vu grandir. C'est génial car il adore son métier.
Nous avons vu une grosse bagarre entre lui et Melandri au Qatar. Normalement, la Honda a une meilleure vitesse de pointe, mais ce n'était pas le cas là-bas. Avez-vous trouvé quelque chose de spéciale sur la Yamaha ?
J.B. : La vitesse de la M1 dans les dernières années n'a jamais rivalisé avec la Honda. Nous n'étions pas loin cette année. L'année dernière, la différence était plus grande, et nous avons trouvé qu'il fallait travailler là-dessus. Cependant, au Qatar, ce n'était pas aussi clair que les gens l'on vu. Il y avait 25 km/h de vent contraire. Nous avons changé les rapports de boîte de vitesses juste avant la course et nous avons beaucoup gagné en pointe. Peut-être que tout le monde n'a pas fait ça...
Quelles améliorations seront apportées sur la M1 de 2006 ?
J.B. : Ce ne sera pas la même quantité de travail qu'entre 2004 et 2005. Il nous faudra travailler la suspension, le moteur et sa souplesse, mais ce sera une petite amélioration de beaucoup de petites choses plutôt que de grosses améliorations comme l'an dernier. Il n'y aura pas de gros changements sur une partie précise. La moto sera essentiellement la même, en mieux.
Valentino Rossi arrêtera un jour le MotoGP. Avec qui voudrez-vous travailler ensuite ?
J.B. : J'espère bien que lorsqu'il s'arrêtera, j'aurais 60 ans et que je pourrais faire valoir à une bonne retraite. Il y a pas mal de talents en 250cc. Casey Stoner est un pilote très excitant et le MotoGP devrait avoir un oeil sur lui&hellip
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