Marc Marquez (Honda HRC) est le pilote d'une génération, génie de l'espace-temps et maître des chronos. Il l'est devenu par ses performances, bien sûr, son palmarès, évidemment, son omnipotence, aussi. Prodige des courses, l'Espagnol est peut-être le poleman du siècle.
Samedi, à Buriram, Il a empilé une 50e pole en 103 Grands Prix, entretenant l'idée qu'il sera en tête de grille une fois sur deux, inlassablement. La collection est fournie en quantité et en qualité : en six saisons en catégorie reine, le pilote de Cervera a cumulé six merveilles. Ou plutôt, cinq et demie. On rembobine.
Grand Prix de Thaïlande
Marquez, thaï patron
06/10/2018 À 07:56

21 avril 2013, Grand Prix des Amériques : la révélation

Lorsqu'il avait enfourché un prototype MotoGP pour la première fois de sa vie, lors d'essais effectués à Cheste, fin 2012, il n'avait cédé qu'une petite seconde à Dani Pedrosa.
Quelques mois plus tard, lors de la qualification de la deuxième manche de sa première saison, le Catalan colle un quart de seconde à son expérimenté coéquipier. Sa première pole parmi l'élite. La première d'une longue série. Auteur d'un podium lors de la manche inaugurale, Marquez confirme : il n'a pas besoin de leçons. Parce qu'il apprend à toute vitesse.

Marc Marquez (Honda HRC) au Grand Prix de Malaisie 2013

Crédit: Getty Images

25 octobre 2014, Grand Prix de Malaisie : le record

Prodige devenu champion, Marquez se mue en rouleau-compresseur. Après avoir aligné dix succès en première partie de saison, l'Espagnol chasse d'autres records. En 1997, Mick Doohan, illustre pilote Honda, avait cumulé 12 pole positions. Son jeune héritier veut faire mieux.
Sacré au Japon deux semaines plus tôt, le Catalan bat encore son coéquipier, Pedrosa, sur l'un de ses circuits fétiches, à Sepang. Et réussit, avec un 13e chrono de référence, ce que personne n'a jamais fait avant lui.

11 avril 2015, Grand Prix des Amériques : la grandiose

Marquez a noué des liens avec Austin. Parce que c'est l'Amérique. Parce qu'il tourne dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Parce qu'il aime les virages à gauche. Sauf qu'il ne contrôle pas tout.
A 2'30 de la fin de séance, et alors qu'il s'apprête à entamer un nouveau tour lancé, sa machine se transforme en sapin de Noël. Le pilote aperçoit "des voyants s'allumer partout". Dans la ligne droite des stands, il laisse sa monture en appui sur le muret. Et le grimpe. Le casque vissé sur la tête, il se lance dans un sprint pour récupérer sa deuxième moto, déjà sortie du box par ses mécaniciens. Le souffle court, la buée sur la visière, l'Espagnol file.

Marc Marquez (Honda HRC) au Grand Prix des Amériques 2015

Crédit: Getty Images

Son tour de sortie sera presque un tour de qualif', puisqu'il n'a pas le temps de mettre ses pneus en température, et qu'il risque de voir le drapeau à damier lui tomber sur le nez. Repoussé au 7e rang, il passe la ligne à sept secondes du terme de la séance. Et se lance dans un tour invraisemblable, dépourvu de calculs ou de réflexions. Tout près d'être projeté en l'air avant la descente, en travers ou en stoppie aux entrées de virages, Marquez réussit la boucle la plus folle de sa carrière et reprend 339 millièmes sur la référence.
Sur place, ébouriffés par ce qu'ils viennent de voir, certains journalistes parlent de "la pole du siècle". D'autres, encore plus justes, la qualifient de "pole des poles".

22 octobre 2016, Grand Prix d'Australie : la couillue

Le circuit de Phillip Island s'appréhende par le pilotage bien plus que par la performance d'une machine. Surtout lorsqu'il est enveloppé d'une météo capricieuse, comme c'est si souvent le cas sur l'île.
Sur une piste séchante mais encore trop humide, tous les pilotes hésitent sur le choix des bonnes gommes : "pluie" ou "intermédiaire" ? Marquez, lui, ne tergiverse pas. Il opte pour… les slicks ! Suicidaire au premier abord, la prise de risque est finalement payante.

Sur une autre planète, Marquez a écrasé la concurrence pour la pole

En sortant, le champion du monde effectue un tour pour jauger la trajectoire. Quatre autres pour abaisser le chrono, à chaque passage de la ligne, et repousser la concurrence sur le continent. Il gratte 0"792 sur Crutchlow, son premier poursuivant, et 0"918 sur Pol Espargaro. Les autres ? A plus d'une seconde. Avant ce jour, jamais il n'avait creusé de tels écarts en qualification. Après non plus.

Marquez : "J'ai vu la pluie arriver mais j'ai voulu prendre le risque"

21 avril 2018, Grand Prix des Amériques : la paradoxale

Austin est le jardin de Marquez. A la régulière, personne ne peut le battre. Même avec un impondérable, la tâche est complexe. Il en faut plus. Une chute ? Insuffisant.

Marquez tout feu tout flamme en qualif et... par terre

MM93 perd effectivement le contrôle au virage n°3 mais il a le temps d'enfourcher sa deuxième RCV pour enfoncer le clou, en 2'03"658 et envoyer Maverick Viñales à 0"406. Mais dans son tour de décélération, le Catalan reste sur la trajectoire et gêne son compatriote. Il est logiquement sanctionné de trois places de pénalité sur la grille de départ. Paradoxalement, la pole n'est pas ôtée de son palmarès, le règlement de la FIM stipulant qu'elle doit toujours revenir au pilote ayant effectué le temps de référence.

11 août 2018, Grand Prix d'Autriche : la serrée

Spielberg est un territoire Ducati. Surtout en 2018, puisque les Desmosedici et leur polyvalence nouvelle n'a quasiment rien changé à leur puissance canonesque. Marquez ne s'y est jamais imposé mais battre la firme italienne sur ce tracé conforterait son hégémonie.
A quatre reprises, l'Espagnol abaisse sa meilleure marque et bloquera le chrono à 1'23"241. Jorge Lorenzo met la pression, Andrea Dovizioso aussi. Aucun des deux ne parvient à faire mieux. Mais l'Italien se rapproche à seulement deux petits millièmes, comme McWilliams l'avait fait avec Max Biaggi au Grand Prix d'Allemagne 2003.
Grand Prix de Valence
Morbidelli prend la main, Quartararo en Q1 !
14/11/2020 À 11:48