La note : 4/5

Le circuit Chang n'est pas le plus passionnant des tracés. Qu'importe. Les pilotes ont démontré, à Buriram, qu'ils n'avaient besoin que d'eux-mêmes pour créer un spectacle riche et attrayant. On aurait pu se plaindre que les conditions de piste et l'étouffante chaleur thaïlandaise aient réduit leurs possibilités stratégiques et influencé l'approche de Marc Marquez (Honda HRC) ou Andrea Dovizioso (Ducati Team). On s'en est finalement réjoui. Surtout qu'elles ont aussi remis Yamaha dans le jeu.
Grand Prix de Thaïlande
Courte victoire, grande avancée pour Marquez
07/10/2018 À 07:44

La note (du public) : 5/5

La Thaïlande méritait son Grand Prix. Peut-être plus que tout autre pays. Les 222 535 fans - affluence record cette saison, loin devant l'Autriche et la France et ses 206 000 supporters - l'ont démontré tout au long du week-end. Des passionnés de moto, de course et de pilotes. Des vrais.

Un fan de Valentino Rossi demande un autographe à Marc Marquez (Honda HRC)

Crédit: Getty Images

Dovizioso n'a pas oublié de le souligner : "Ici, il y a des fans qui portent différentes couleurs, du rouge ou du jaune. Mais ils soutiennent tous les pilotes, sans discussion. C'est la chose la plus importante, parfois un peu oubliée en Europe". Bravo à ce public merveilleux.

Le vainqueur : Marc Marquez (Honda HRC)

Il y a bien longtemps que la stratégie n'est plus une limite pour Marquez. Personne n'a cru à une éventuelle défaillance lorsque Valentino Rossi (Yamaha Factory) l'a débordé dans le cinquième tour, et tout le monde a compris qu'il s'agissait d'une mise en retrait volontaire lorsque Dovizioso s'est aussi engouffré.
Même s'il n'a pas la même notion du risque que les autres, son cerveau fonctionne bien : l'Espagnol devait avoir l'esprit clair pour comprendre que la manœuvre décisive ne pouvait s'effectuer que dans l'un des virages à gauche, ceux où il est le plus à l'aise.
Il lui fallait, aussi, une sacrée dose de confiance en soi pour accepter de laisser une telle chance à l'Italien, alors que les derniers duels du pilote Honda face aux officiels Ducati avaient été traumatisants. Son insolente technique a fait le reste. Ce succès lui offre une première chance d'être titré dès le prochain Grand Prix. Une victoire à Motegi lui offrirait une cinquième couronne en catégorie reine.

La résurrection : Yamaha

Avant l'épreuve, tous les membres du constructeur japonais répétaient à l'envi qu'ils n'attendaient rien de ce Grand Prix ni d'un circuit qui promettait l'enfer à sa machine et ses problèmes de moteur, d'électronique et de traction. A la surprise générale, la première journée d'essais a contredit toutes les prévisions. La course aussi. Les modifications effectuées par la firme aux diapasons ces dernières semaines ont-elles tout changé ? La prochaine manche livrera quelques éclaircissements.
"Peut-être qu'il s'agit juste d'un ensemble, que la M1 fonctionne bien avec ces pneus et sur cette piste", a précisé Rossi. L'Italien doit se réjouir du rebond mais il peut, aussi, s'inquiéter que la tendance s'inverse : son coéquipier Maverick Viñales, en nets progrès, l'a battu à deux reprises lors des trois derniers Grands Prix. Et pour un podium.

Le joli coup : Johann Zarco (Yamaha Tech3)

Preuve que plusieurs paramètres extérieurs sont probablement à l'origine du regain de performance de la M1, Johann Zarco (Yamaha Tech3) a lui aussi retrouvé le Top 5, pour la première fois depuis le Grand Prix d'Espagne, au mois de mai dernier. Une position bonne pour la tête… et les comptes. Cal Crutchlow (Honda LCR) septième et Danilo Petrucci (Ducati Pramac) neuvième, le Français a repris quelques précieux points à ses deux rivaux pour le statut de meilleur pilote satellite.

Zarco : "J'ai vu Rins décroché par le premier groupe, j'ai pu lui mettre la pression"

Il n'a plus que cinq unités de retard sur l'Anglais, et trois sur l'Italien. Et puisque les conditions météorologiques du Grand Prix de Malaisie pourraient être assez similaires, le double champion du monde Moto2 a toutes les raisons d'y croire encore.

La vidéo immanquable : un grand moment de fair-play

La rivalité entre Marquez et Dovizioso est toujours très intense. Elle est aussi très pure. Après la course, les deux pilotes et les deux équipes se sont chaudement et sincèrement félicités, dans un moment aussi rafraîchissant que le public.

La stat' : 68

Avec ce succès, Marquez a rejoint Jorge Lorenzo (Ducati Team) au nombre de victoires en Grands Prix, toutes catégories confondues. L'Espagnol en compte 68 et se classe cinquième dans la hiérarchie des plus grands vainqueurs, derrière Giacomo Agostini (122), Valentino Rossi (115), Angel Nieto (90) et Mike Hailwood (76). Le tout à seulement 25 ans.

Le tweet : Jorge Lorenzo (Ducati Team)

Touché au radius après avoir subi un lourd highside, vendredi, Jorge Lorenzo (Ducati Team) a assisté à la course comme un spectateur lambda : devant sa télévision. Et il a apprécié le spectacle. "Incroyable de voir deux machines complètement différentes et deux styles de pilotage opposés avoir un niveau similaire de bout en bout", a tweeté le triple champion du monde.

Le point au Mondial Pilotes

1- Marc Marquez (Honda HRC) ; 271 points, 2- Andrea Dovizioso (Ducati Team) ; 194 pts, 3- Valentino Rossi (Yamaha Factory) ; 172 pts, 4- Maverick Viñales (Yamaha Factory) ; 146 pts, 5- Jorge Lorenzo (Ducati Team) ; 130 pts.

Le point au Mondial Equipes

1- Honda HRC ; 358 points, 2- Ducati Team ; 324 pts, 3- Yamaha Factory ; 318 pts, 4- Suzuki Team ; 215 pts, 5- Ducati Pramac ; 200 pts.

Le point au Mondial Constructeurs

1- Honda ; 306 points, 2- Ducati ; 273 pts, 3- Yamaha ; 218 pts, 4- Suzuki ; 157 pts, 5- KTM ; 45 pts.

Le prochain rendez-vous : Grand Prix du Japon

Il aura lieu les 19, 20 et 21 octobre prochains sur le circuit de Motegi.

Marc Marquez (Honda HRC), Andrea Dovizioso (Ducati Team) et Maverick Viñales (Yamaha Factory) lors du Grand Prix de Thaïlande 2018

Crédit: Getty Images

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