Getty Images

Entre patience et résilience, Quartararo s’est offert une belle récompense

Entre patience et résilience, Quartararo s’est offert une belle récompense

Le 16/06/2019 à 19:46Mis à jour Le 16/06/2019 à 19:50

GRAND PRIX DE CATALOGNE – Patient et audacieux, Fabio Quartararo (Yamaha Petronas SRT) a savouré un premier podium en catégorie reine. Ses efforts, qui n’avaient pas toujours été payants depuis le début de saison, ont enfin été récompensés.

Lorsque Fabio Quartararo a enlevé son premier succès en championnat du monde vitesse, l’envisager décrocher un premier podium en catégorie reine relevait encore du fantasme. 364 jours plus tard, sur son circuit fétiche, le prodige français a réussi ce petit exploit au cœur d’une progression qu’il a choisi d’accélérer. Deuxième du Grand Prix de Catalogne, El Diablo est monté sur la boîte à un âge où tous les autres, hormis Mamola, Salatino, Abe et Marquez, se sont contentés d’en rêver.

Pour y parvenir, le Niçois s’est débarrassé d’une malchance qui avait brisé son sélecteur et provoqué son abandon, à Jérez, alors qu’il était solidement installé derrière le quintuple champion du monde. Cette fois, elle a touché les cadors devant lui, quelques virages après qu’il a évité la chute de peu, au moment où son carénage a frotté celui de l’Espagnol. "Je pensais que ça passait… et en fait non ! Je l’ai touché assez fort et j’ai perdu trois ou quatre positions", a-t-il expliqué à Canal+.

Quartararo s’est réglé au départ

L’incident a gaspillé ses efforts à l’extinction des feux. Samedi, après avoir établi la pole, il avait pris conscience qu’une performance marquante passerait par un comportement parfait au départ, son point faible depuis le début d’exercice.

"Je me suis mieux élancé que jamais cette saison, s’est-il satisfait au micro du MotoGP. Je n’ai perdu que deux places, au bout d’une longue ligne droite où l’on arrive au premier virage en cinquième vitesse". Et où les autres machines, plus puissantes que la sienne, avaient la possibilité de le déborder.

En position de chasseur, le prodige tricolore a trouvé en quelques virages une ouverture qu’Alex Rins (Suzuki Team) n’a pas été capable d’exploiter en plusieurs tours. Lorsque l’Espagnol a péché par précipitation, au 17eme passage, Quartararo a vite fait sauter le bouchon Danilo Petrucci (Ducati Team).

Quartararo, chasseur mais pas chassé

"Ce n’était pas facile d’être derrière eux, car j’avais vraiment du mal à les suivre, a-t-il précisé à Canal+. J’ai vu qu’il y avait un petit trou de souris pour passer Danilo, j’ai jeté la moto pour m’y engouffrer. Je me suis dit : ‘C’est maintenant ou jamais’. Je savais qu’il pouvait me repasser dans la ligne droite, il fallait que je donne tout pour creuser un écart."

Il y est parvenu. Deux secteurs plus tard, il avait construit une marge d’une demi-seconde sur son poursuivant pour sécuriser sa position. Souvent performant le samedi, le pilote de 20 ans a vécu sa première "grande émotion" du dimanche.

Fabio Quartararo (Yamaha Petronas SRT) sur le podium du Grand Prix de Catalogne 2019

Fabio Quartararo (Yamaha Petronas SRT) sur le podium du Grand Prix de Catalogne 2019Getty Images

Ses larmes de joie, dans les bras de sa mère, ont contrasté avec les chagrins de tristesse qui l’avaient envahi à Losail et à Jérez. Elles ont même effacé la douleur, liée la cicatrice qu’il a gardée de son opération du syndrome des loges, et qui le "tirait beaucoup" en fin de course : "Il y a dix jours, j’étais à l’hôpital et là, je suis sur le podium !" Un drôle d’ascenseur émotionnel. Mais dans le bon sens, cette fois-ci.

0
0