MotoGP | Grand Prix de Catalogne | "Quand j'ai vu la jambe de Johann, je me suis dit 'putain'..." : hécatombe et émotion après les graves chutes

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Il y a des après-midis à oublier, celui de dimanche sur le circuit de Montmelo en fait partie. Alex Marquez et Johann Zarco sont tous deux partis violemment au tapis, provoquant l'émotion dans le paddock. Leurs collègues leur ont tous apporté leur soutien, ont pu s'identifier à leurs mésaventures, tout en mettant le doigt sur le sens de relancer la course après de si graves accidents.

Johann Zarco lors de sa chute au Grand Prix de Catalogne

Crédit: Getty Images

Après-midi cauchemardesque en Catalogne. Le Grand Prix de MotoGP a été marqué par deux chutes très violentes dimanche, mais dont les conséquences sont moins sérieuses que ce qui était craint. Le premier, Alex Marquez (Ducati-Gresini) a été éjecté de la piste après un contact avec Pedro Acosta (KTM) et a violemment rebondi plusieurs fois sur le sol. Lors du départ suivant, le Français Johann Zarco (LCR Honda) a lui aussi goûté au bitume et aux graviers, en coinçant sa jambe dans la moto de Bagnaia (Ducati). Resté au sol un long moment, il était heureusement conscient.
Ces images qui font froid dans le dos et ont touché énormément de pilotes qui se sont émus de la situation de leurs collègues. "Quand j'ai vu Alex au sol, mon coeur s'est brisé, j'étais très affecté", a réagi le pilote Yamaha Alex Rins, après la course remportée par Fabio Di Giannantonio, dont la victoire est quelque peu passée au second plan, selon les mots du principal intéressé. "Je suis heureux d'avoir gagné, mais la plus grande victoire, c'est que tout le monde aille bien", a-t-il voulu souligner au micro de Canal+.
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Alex Marquez (Dacti-Gresini) lors de sa chute impressionnante au Grand Prix de Catalogne

Crédit: Getty Images

Autre pilote accidenté, Jorge Martin (Aprilia) a eu beaucoup plus de chance. Il suffit de l'écouter en après-course pour se rendre compte de l'impact qu'ont eu ces deux chutes graves sur le paddock. "Ce qui m'est arrivé est totalement secondaire. (...) Pour moi, savoir qu'ils sont en vie et qu'ils vont pouvoir se remettre, c'est le plus important à mes yeux", a-t-il réagi en zone mixte. Car oui, tout le monde se porte à peu près bien, et tant mieux. Pour Alex Marquez, son équipe Ducati-Gresini a communiqué quelques heures après la course pour apporter plus de précisions sur l'état de santé de son pilote. Une vertèbre cassée et une clavicule pour le pilote espagnol, qui va être opéré dès ce dimanche : cela ressemble à un petit miracle eu égard à la violence de sa chute.
Sa douleur m'a bEaucoup marqué
Pour Johann Zarco, le pire était à craindre alors que sa jambe s'est coincée dans la moto de Francesco Bagnaia. "Plus de peur que de mal" a estimé le vétéran français sur ses réseaux sociaux, dans une vidéo aux airs de bilan médical pourtant lourd. "J'ai la minerve, mais elle me dérange plus qu'autre chose. C'est surtout le genou, ce sont les ligaments qui ont lâché, mais le fémur n'est pas cassé. Petite fracture en bas du péroné, à l'extérieur de la cheville gauche. Simplement pour vous rassurer quand même : plus de peur que de mal, on va dire. Dodo à l'hôpital ce soir parce qu'ils veulent me tenir sous contrôle, puis on verra."
Son compagnon d'infortune Francesco Bagnaia était très secoué après l'après-midi intense qu'il a vécu. "On est chanceux aujourd'hui, très chanceux. Concernant la chute et ce qui est arrivé à Álex, je pense que quelqu'un nous a sauvés aujourd'hui, parce que c'était intense", a-t-il pointé en conférence de presse, avant de revenir sur les circonstances de l'accident de Zarco qui l'a également impliqué. "Zarco n'a rien fait de mal. Il y a eu quelque chose de bizarre sur sa moto. Il a commencé à freiné avant mais ça n'a pas arrêté la moto, donc il s'est passé quelque chose", a-t-il expliqué. "C'était dur à voir. Dès que j'ai vu ma moto, et lui coincé avec ma moto, j'ai vu sa jambe... Sa douleur m'a beaucoup marqué. J'étais impliqué sur celui de Zarco, ce n'était pas très agréable", a réagi le pilote italien.
La chute du Tricolore a rappelé de bien mauvais souvenirs à Luca Marini, victime d'une chute similaire l'an passé à Suzuka. "Quand j'ai vu Johann avec la jambe comme ça, je me suis dit 'Putain...' Ça m'a rappelé ma chute de Suzuka et c'était une très, très mauvaise sensation", est revenu le pilote italien, soulagé que le piloteLCR Honda ait pu être pris rapidement en charge par l'ambulance. "J'espère que l'équipe médicale a fait un bon travail, au moins pour qu'il ne souffre pas, parce que je connais la douleur dans ces moments. Il a eu la chance que l'ambulance soit là assez vite. Il peut souffler un peu à l'hôpital et j'espère qu'il sera vite de retour, surtout en étant à 100%", lui a-t-il souhaité.

Fallait-il relancer la course ?

En filigrane, un débat : fallait-il ou non relancer la course après les différents incidents ? Pour Jorge Martin, ça n'a pas de sens. "Bien sûr, le spectacle doit continuer, comme toujours. Mais après trois fois, peut-être qu'il est temps d'arrêter. Trois nouveaux départs, c'est dangereux. Tu es déconcentré et pour se remettre dedans… On a eu les ambulances sur la piste, il faudrait aussi penser un peu à l'aspect humain."
Tombé lors d'un nouveau départ, Johann Zarco ne dira sûrement pas le contraire. Mais pour l'heure, le paddock a perdu deux pilotes pour un bout de temps, avec le sentiment que quelque chose de plus grave encore a été évité.
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