La note : 3/5

Les deux dernières manches avaient proposé un spectacle de tous les instants. Le Grand Prix de Malaisie n'a pas atteint les mêmes sommets, même si Andrea Dovizioso (Ducati Team) et Marc Marquez (Honda HRC) ont livré une nouvelle bataille en piste. L'Espagnol a aussi animé le départ et Johann Zarco (Yamaha Tech3) a dominé le premier tiers de course. Lorsqu'il a été débordé par les Ducati, on a vite compris que "Dovi" allait finir par s'emparer, d'une manière ou d'une autre, de la tête.
Grand Prix de Malaisie
Dovizioso entretient le suspense, Zarco aussi
29/10/2017 À 07:52

Comment Andrea Dovizioso (Ducati Team) a gagné

Avant la course, Dovizioso se disait compétitif à Sepang, sur le sec comme sur le mouillé. Il ne s'agissait pas de paroles en l'air, ni d'un quelconque moyen de pression sur son rival. Dans les faits comme sur la fiche des temps, l'Italien n'avait pas d'égal. Il s'est facilement défait de Marquez, a gobé Zarco en quelques virages, et a profité d'une grosse chaleur de Jorge Lorenzo pour le passer. Il existera toujours un doute sur la possible -et probable- retenue de son coéquipier, compte-tenu du contexte. Mais le Forlimpopoleso a aussi et surtout démontré, de nouveau, qu'il avait un mental hors normes. Sur une piste délicate où la moindre erreur lui aurait été fatale, il a été remarquable.

Le mot du vainqueur : Andrea Dovizioso (Ducati Team)

Dovizioso sait qu'il lui sera difficile d'être champion, à Valence, puisqu'il doit combler un retard de 21 points sur Marquez. Mais il promet d'y aller avec le même état d'esprit qu'à Sepang.

Dovizioso : "Mon retard sur Marquez est très important..."

La question : Ducati avait-elle passé des consignes ?

Il y a eu ce panneau, adressé à Lorenzo, lui ordonnant d'opter pour le "mapping 8". Comme en Formule 1, les "maps" sont les différentes cartographies du moteur. Elles agissent électroniquement sur le comportement du bloc, son agressivité, sa consommation, et le pilote a la possibilité de modifier ces réglages en course. Théoriquement, il ne s'agissait donc que d'un pur ajustement technique.
Mais à l'origine, le "mapping 8" est probablement la cartographie utilisée par les pilotes lorsque leur consommation de carburant est trop élevée. Pour éviter la panne, ils optent pour cette cartographie et la puissance de leur moteur est sensiblement réduite, le besoin en essence avec. La GP17 risquait-elle de ne pas boucler les 20 tours de course ? Dans ce contexte, probablement pas. Mais au moins, Ducati a tenté de faire passer le message avec subtilité.
A vrai dire, la grosse chaleur de Lorenzo au virage n°15 a rendu un fier service à la marque. Le Majorquin n'a bien évidemment pas pu simuler une telle perte de l'avant mais elle a permis à Dovizioso de passer. Le triple champion du monde n'a pas eu à le laisser passer grossièrement. Et de toute façon, la manoeuvre aurait-elle été choquante ?

Le tweet explicatif

Beaucoup de twittos ont ironisé sur ce fameux "mapping 8". L'un d'eux a même trouvé une explication simple et précise.

Le tweet que l'on aime voir

La perf' : Johann Zarco (Yamaha Tech3)

Il est débutant. Et n'a pas une moto d'usine. Mais, souvent cette saison, il n'en a pas donné l'impression. A Sepang, Zarco a encore démontré, s'il le fallait, qu'il n'avait besoin ni de l'expérience de Valentino Rossi, ni de sa machine pour rivaliser avec les meilleurs. Une semaine après avoir joué des coudes avec les cadors à Phillip Island et sécurisé le titre de "rookie de l'année" qu'il évoquait depuis le début de saison, le Français a visé plus haut. En décrochant un deuxième podium, il est assuré d'être le meilleur pilote d'une structure indépendante et a fait un pas de géant pour conserver sa sixième place au championnat, devant Lorenzo, qui, lui, dispose d'une moto officielle. Et de trois titres de champion du monde. Rien que ça.

Zarco : "C'est en faisant des courses comme celle-là que j'aurai la victoire"

La stat' : 2

Avec deux podiums en catégorie reine, Zarco a égalé Randy De Puniet, Régis Laconi et Christian Bourgeois. Éric Offenstadt (3), Pierre Monneret (5), Raymond Roche (9) et Christian Sarron (18) le devancent.

Les grands battus : Valentino Rossi et Maverick Viñales (Yamaha Factory)

La performance du Français a encore fait tâche. Pour la cinquième fois de la saison, les deux officiels de la marque aux diapasons ont été battus par le pilote satellite. La pluie a mis en exergue les graves déboires de l'équipe de Lin Jarvis puisque Rossi et Viñales ont cravaché pour des anonymes septième et neuvième rangs respectifs. Plus humiliant encore, le jeune Espagnol a avoué à demi-mot que ses ingénieurs jetteront un coup d'oeil sur les données du Cannois pour le développement de la version 2018 de la M1.

Valentino Rossi (Yamaha Factory) devant Loris Baz (Ducati Avintia), Maverick Viñales et Danilo Petrucci (Ducati Pramac) au Grand Prix de Malaisie 2017

Crédit: Getty Images

La vidéo immanquable : Zarco, le débutant qui a secoué les puissants

L'équation simple

Avant la finale à Valence, la conjoncture est très claire. S'il veut être titré, Dovizioso devra absolument l'emporter, et espérer que Marquez n'accroche pas le Top 11. Dans le cas contraire, l'Espagnol sera sacré.

Le point au Mondial Pilotes

Viñales est assuré de finir troisième du Mondial. Pedrosa peut encore chiper le cinquième rang à Rossi.
1- Marc Marquez (Honda HRC) ; 282 points, 2- Andrea Dovizioso (Ducati Team) ; 261 pts, 3- Maverick Viñales (Yamaha Factory) ; 226 pts, 4- Valentino Rossi (Yamaha Factory) ; 197 pts, 5- Dani Pedrosa (Honda HRC) ; 185 pts.

Jorge Lorenzo et Andrea Dovizioso (Ducati Team) au Grand Prix de Malaisie 2017

Crédit: Getty Images

Le point au Mondial Equipes

Honda n'aura besoin que de deux points pour s'assurer ce titre.
1- Honda HRC ; 467 points, 2- Yamaha Factory ; 423 pts, 3- Ducati Team ; 398 pts, 4- Yamaha Tech3 ; 238 pts, 5- Ducati Pramac ; 185 pts.

Le point au Mondial Constructeur

Honda est sacré.
1- Honda ; 332 points, 2- Ducati ; 303 pts, 3- Yamaha ; 301 pts, 4- Suzuki ; 87 pts, 5- Aprilia ; 64 pts.

Andrea Dovizioso (Ducati Team), Jorge Lorenzo (Ducati Team) et Johann Zarco (Yamaha Tech3) au Grand Prix de Malaisie 2017

Crédit: Getty Images

Grand Prix de Valence
Morbidelli prend la main, Quartararo en Q1 !
14/11/2020 À 11:48