La dernière fois qu'il s'était retrouvé là, il ne s'agissait pas d'un concours de circonstances, encore moins d'un miracle. C'était au Mans : Johann Zarco (Yamaha Tech3) s'était offert la pole et en avait assumé la responsabilité, boosté par un soutien massif, au point d'envisager, tout haut, son premier succès en MotoGP.
Cinq mois et demi plus tard, le revoici au même endroit, héritier d'une position de pointe qu'il a manquée pour plus d'une demi-seconde -un gouffre- au bout d'une qualification où il s'est tout de même donné la peine d'être le "meilleur des autres", et de loin. Preuve qu'il ne doit pas, non plus, cette pole au hasard. Et que les choses ont changé.
Grand Prix de Malaisie
Marquez sanctionné, Zarco hérite de la pole
03/11/2018 À 11:12
Ces dernières semaines, Zarco s'est constamment confronté aux limites imposées par une M1 de deux ans d'âge, dont le développement est gelé par Yamaha depuis le début de la saison. Il l'a payé, du printemps à la fin de l'été, par des résultats qui, lorsqu'ils se sont mêlés à la profonde mésentente l'opposant à Laurent Fellon, l'ont plongé dans un désarroi psychologique.

Le bon ou le mauvais mood

La tournée du Pacifique, si régénératrice pour lui, l'a remis là où il doit être : plus proche du Top 5 en course, jamais loin de la première ligne en qualification. "Il s'est mis dans un mode de pensées où il est beaucoup plus positif qu'il y a quelques semaines", nous confiait son patron, Hervé Poncharal, lors du Grand Prix du Japon.
Mais l'équilibre est fragile. Vendredi, après deux séances infructueuses, Zarco se disait "inquiet", se plaignait de multiples "glisses de l'arrière" et du "manque de contrôle" de sa machine. Il répétait que "la solution serait difficile à trouver" jusqu'à utiliser un langage fleuri, comme il l'a rarement fait face aux médias.
Il a retrouvé le bon état d'esprit, après une qualification sur piste séchante qui lui a offert de bonnes sensations. Pour Zarco plus que pour les autres, la plus belle chance de victoire sera d'y croire. C'est ainsi qu'il s'est construit, au fil de l'expérience conférée par ses deux titres en Moto2 et ses deux saisons en catégorie reine.

Le plan de Zarco n'a jamais eu autant de sens

A Sepang, il lui faudra aussi faire les bons choix, pneumatiques et stratégiques. En qualification, le Français a vite compris que sa monte fétiche, "tendre" avant et arrière, ne lui apporterait rien. Pour la course, d'autres paramètres devront se mêler à la réflexion. Les conditions météorologiques, évidemment. L'approche de la course, aussi.
Le léger retrait sur la grille des deux favoris pour la victoire, avec Andrea Dovizioso (Ducati Team) quatrième et Marc Marquez (Honda HRC) septième, pourrait accroître sa volonté de s'échapper très tôt, afin de ne pas subir le rythme bien plus soutenu du champion du monde et de son actuel dauphin.
Cette approche l'a animé à chaque fois qu'il s'est élancé depuis la première ligne. Jusqu'à présent, elle n'a jamais été fructueuse. Elle avait été annihilée trop vite la semaine dernière, à Phillip Island, par un mauvais départ. Elle avait causé une surchauffe de ses gommes à Losail et une chute au Mans. Jusqu'à présent, Zarco a, à chaque fois, payé ses défaillances. En Malaisie, il devra les effacer. Et ne surtout pas compter sur celles des autres.
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